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> 6. Analyses Recommander Imprimer 18 pages màj : 22 fév. 2017

Confédération mondiale des États-nations Recommander màj :

PLAN

  1. Introduction
  2. Mondialisation vs mondialisme
  3. Langues et cultures
  4. Langue internationale
  5. Devise internationale
  1. Du libre-échange
  2. Principes de l'État-nation
  3. Principes de la Confédération des États-nations
  4. Synthèse

i.Introduction Haut

Démocratie mondiale

En matière d'"évolutionnisme sociétal" il existe une thèse selon laquelle la société humaine serait en voie d'uniformisation culturelle et que ce processus serait naturel et irréversible, plutôt que le fruit d'une volonté impérialiste. On ne s'étonnera pas que cette idée soit particulièrement à la mode au sein de la classe dirigeante états-unienne, qui voit le monde de demain totalement converti à l'anglais et au mode de vie "made in US".

Se pose cependant la question de savoir ce qu'en pensent les populations chinoises, russes, sud américaines, africaines, basques, corses, et toutes les autres cultures de la planète ...

N'ont-elles pas de légitimes raisons de s'inquiéter de la mise en place d'une "Zone de libre-échange transatlantique" ("Transatlantic Free Trade Agreement", TAFTA), à laquelle succéderait une Union transatlantique ? Celle-ci est présentée comme une "fusion politique entre l'Union européenne et les USA", mais le rapport de force - notamment militaire - implique nécessairement qu'il s'agit en réalité d'une tentative de conversion totale (économique, politique et culturelle) des pays européens à la nation US. On ne s'étonnera donc pas de constater que cette Union transatlantique se conçoit dans une vision manichéenne et confrontationnelle de la société mondiale, dans laquelle "l'occident" (sic) s'octroie évidemment le rôle du bon [source].

Contradictions dialectiques

Il est frappant de constater que le discours des politiciens européistes est l'exacte contraire de la réalité :

Mais ce n'est pas tout. La politique d'uniformisation culturelle par dissolution des différentes nations en une seule nation état-unienne est complétée par une stratégie de démantèlement des principales structures :

Quant au reste de l'État ... Dans la mesure où il n'est démocratique qu'en apparence l'État constitue une source d'enrichissement considérable pour la classe dirigeante (corruption de politiciens par des industriels en échange de contrats publics surévalués et à l'utilité douteuse, chantage systémique des banques, etc). En réalité c'est donc la démocratie et non l'État qui indispose la classe dirigeante. Comme tout instrument l'État n'est pas nuisible ou bénéfique par nature, tout dépend de qui le contrôle et dans quel but ...

Ces faits conduisent à nous poser deux questions essentielles :

  1. Est-ce un progrès ou bien une régression que d' "évoluer" vers une société mono-culturelle (qui plus est sur le "modèle" capitaliste et consumériste des USA) et sans services publics ?
  2. S'agit-il là d'une "évolution irréversible" ou bien d'une stratégie servant l'intérêt des classes dirigeantes ?

L'alternative proactive proposée ici - visant à construire une société durablement multiculturelle et démocratique - est fondée sur une Confédération des État-nations.

Quelle est la différence entre fédération et confédération ?

Conclusion. La fédération étant plus centralisée la complexité de son fonctionnement augmente considérablement avec le nombre et la diversité de ses membres. L'idéal est donc d'associer fédération au niveau local (national) et confédération au niveau global (international).

On pourrait aussi imaginer une Confédération en tant qu'État spécial, se situant au côté des Nations plutôt qu'au-dessus ...

État et nation

Pourquoi parle-t-on d' "État-nation" ? En effet, "État" et "nation" n'est-ce pas la même chose ? Réponse : oui ... et non. Mais commençons pas définir ce que nous entendons ici par "État" et "nation" :

L'État-nation est donc une notion composite, à la fois géographique (territoire, pays, frontières), politique (pouvoir, gouvernement) et culturelle (peuple, ethnie).

Une ethnie ne devient véritablement nation qu'en se créant son propre État. Par contre un État n'a pas nécessairement de nation spontanée. C'est notamment le cas des États constitués par un ou plusieurs pays tiers en imposant le regroupement d'ethnies différentes (exemples : Royaume-Uni des Pays-Bas par le Congrès de Vienne en 1815 ; l'Inde par l'Angleterre ; le Congo par la Belgique ; l'Union européenne par les USA, etc). Il convient donc de distinguer d'une part nation construite, phénomène oligarchique (et généralement colonialiste ou impérialiste), et d'autre part nation spontanée, phénomène démocratique (et beaucoup plus rare ...).

Les États
et Internet

Internet va-t-il progressivement conduire au démantellement des États et à leur remplacement par un oligopole de méga-entreprises privées (les géants du Web), constituant "de facto" un gouvernement mondial hors de tout contrôle démocratique ? Le risque est réel alors que, pourtant, les technologies de réseau pair à pair, chaîne de bloc et cryptographe quantique pourraient au contraire faire évoluer la société humaine vers une Confédération mondiale d'États-nations fonctionnant en régimes de démocraties directes. Malheureusement la classe politique est facilement corruptible et, à l'instar de la communauté scientifique, a quasiment perdu toute capacité critique et propositionnelle par rapport à l'idéologie des marchés, cette nouvelle religion qui ne dit pas son nom.

Déterritorialisation. La déterritorialisation est pour les entreprises privées une stratégie d'échappement fiscal (qu'elles dénomment pudiquement "optimisation fiscale"). La propagande de l'idéologie des marchés consiste à nous convaincre que la déterritorialisation serait - non pas une stratégie pouvant être neutralisée voire inversée (frontières numériques, libre-échange conditionnel, ...) - mais au contraire une évolution "naturelle" et irréversible.

Je vous recommande vivement de visionner ces quelques extraits d'une conférence ("Droit et numérique") donnée en 2016 à l'Académie royale des sciences de Belgique par Yves Poullet, recteur de l'université de Namur et qui fut de 1979 à 2010 le directeur du Centre de recherches informatique et droit :

Les États face à Internet (34m40s - 2016)

On notera dans cette conférence :

ii.Mondialisation vs mondialisme Haut

Dans l'introduction nous avons ébauché la nature à la fois politique et culturelle du concept d'État-nation. Deux phénomènes qui influencent grandement les États-nations sont la mondialisation et l'impérialisme.

Pour analyser correctement la relation entre ces deux phénomènes il importe de distinguer mondialisation et mondialisme :

États-nations
et mondialisation

La mondialisation enrichit-elle la diversité culturelle (effet de diversification), ou bien au contraire l'appauvrit-elle (effet d'uniformisation) ? Cette question est fondamentale pour comprendre la problématique des États-nations, qui personnifient chacun une identité culturelle sociétale, c-à-d une expérience particulière de société humaine.

Selon nous (i) ces deux effets opposés de diversification/uniformisation co-existent, et (ii) les États-nations peuvent, par l'organisation de leur fonctionnement interne et collectif, influer sur l'ampleur relative de ces deux effets, qui ont chacun des aspects positifs et négatifs.

Mais il y a l'impérialisme ...

États-nations
contre Impérialisme

Pourquoi l'anti-nationalisme ? Avez-vous remarqué que les politiciens et les journalistes européistes ne ratent pas une occasion de dénigrer le nationalisme, mais sont nettement moins critiques concernant l'impérialisme US, alors que l'impérialisme est pourtant la forme abjecte du nationalisme.

La problématique de l'État-nation est nettement plus nuancée que ce que nous inculque la propagande manichéenne et calomnieuse des classes dirigeantes européennes, selon laquelle « le nationalisme c'est la guerre ! » . En réalité c'est beaucoup moins le nationalisme qui est à la source des guerres que les stratégies dominatrices des classes dirigeantes. Ce sont donc les classes dirigeantes qu'il faut éradiquer (PS : pas les personnes évidemment mais leur statut) et non la diversité des façons de concevoir la vie en société. Si le nationalisme peut certes constituer un terrain de conflits potentiels entre nations il est aussi l'expression de la diversité culturelle. Réduire le risque de conflits en éradiquant cette diversité c'est une "victoire à la Pyrrhus". Il faut apprendre à respecter la différence et non la gommer. Il ne faut pas éradiquer les conflits mais développer l'art de les gérer.

En fait la raison de la propagande anti-nationaliste (phénomène typiquement européen) c'est que les États-nations sont incompatibles avec le projet de Washington de convertir l'Europe en clone économique, culturel et politique de la ... nation US. Retour donc à la case départ, avec cependant cette différence importante qu'en chemin on perdrait la diversité culturelle, source majeure de progrès scientifique et politique.

Impérialisme culturel. Par essence l'impérialisme vise à éradiquer la diversité culturelle linguistique car celle-ci constitue un obstacle psychique et administratif au pouvoir impérial. Il est donc logique que la classe politique européenne, qui est le vecteur indigène de l'impérialisme US, tente de remplacer les langues européennes par l'anglais. Ce n'est pas un hasard si le déclin des cultures régionales européennes commença dès les années 1930 lorsque, les USA s'affirmèrent comme la nouvelle Rome impériale.

Le phénomène Halloween

Un exemple flagrant d'américanisation culturelle planifiée fut la propagation de la fête d'Halloween - archétype de l'imagerie culturelle US - via les écoles maternelles et primaires, et cela avec le soutien massif des médias "d'information" des pays européens. En l'espace d'une seule année (1992, soit un an avant la création de l'Union européenne ...) la fête d'Halloween fut propagée en même temps dans l'ensemble des pays qui quelques années plus tard allaient se voir imposer l'intégration au sein d'une union monétaire européenne. L'extrême rapidité du phénomène Halloween et l'implication des appareils d'État dans sa propagation suggèrent qu'il y a bien eu planification. Le fait de conditionnement culturel américaniste est confirmé par la disparité entre d'une part la surmédiatisation de cette fête en Europe (écoles primaires, Journal télévisé, ...) et d'autre part les résultats de ce sondage suggérant que plus de 90% des belges ne fêtent pas Halloween [source].

Ces considérations nous conduisent logiquement à analyser maintenant la relation entre langues et cultures. Pour ce faire il importe de situer cette relation dans le contexte géopolitique international.

iii.Langues et cultures Haut

Drapeau de la Francophonie et de l'espéranto

Drapeaux de la francophonie (blanc)
et de l'espéranto (vert)

La culture ne se réduit certes pas à la langue, mais celle-ci en constitue un élément important car le vocabulaire, la grammaire et la syntaxe propres à chaque langue influencent notre façon de penser et de nous exprimer [1]. Or la diversité culturelle est un facteur déterminant du progrès scientifique, par la confrontation d'approches différentes qu'elle induit. La langue internationale favorise la comparaison de ces diversités et l'enrichissement mutuel des cultures [2]. C'est pourquoi la neutralité politique et culturelle de la langue internationale est un principe fondamental de l'écologie sociale.

Il importe donc de garantir la coexistence durable d'une double culturalité - nationale et internationale - sans phagocytation de la première par la seconde (principe de complémentarité durable). Il est urgent de contrecarrer la volonté hégémonique d'États pratiquant le colonialisme culturel, comme c'est le cas, en autres, de l'appareil d'État US. L'utilisation de l'anglais comme langue internationale favorise considérablement les anglophones de souche que ce soit en politique, en affaires ou dans les sciences. Il s'agit donc de développer un véritable cosmopolisme et de ne pas régresser vers l'américanisme. Une solution consiste à instaurer officiellement une langue internationale construite à cet effet.

iv.Langue internationale Haut

L'utilisation exclusive d'une langue nationale comme langue internationale conduirait nécessairement, in fine, à l'éradication des cultures nationales par la nation dont la langue est utilisée comme langue internationale, ce qui constituerait une très grave régression en matière de diversité culturelle. Il est donc urgent de développer l'usage d'une langue internationale construite à cet effet (LIC).

S'il n'existe pas encore une LIC dont la conception et l'apprentissage ne privilégient aucune des principales familles linguistiques on pourrait instaurer deux LIC, une pour chacune des deux principales familles linguistiques : l'indo-européenne et la sino-tinétaine, qui représentent 73% de la population mondiale [source].

Comment implémenter une LIC

Il suffirait que quelques État mènent de concert une politique de promotion d'une LIC pour qu'après seulement une seule génération celle-ci commence à s'imposer comme langue internationale. Une telle politique de LIC pourrait être fondée sur les quatre axes suivants :

  1. Pilier enseignement : faire de cette LIC la seule langue "étrangère" de l'enseignement public primaire et secondaire de ces pays ;
  2. Pilier culture : favoriser la création et la distribution de productions réalisées dans cette LIC : cinéma, littérature, chanson, théâtre, production scientifique, médias d'information, ...
  3. Pilier institutions internationales : la « Confédération des nations » évoquée plus loin devrait travailler et communiquer exclusivement dans une LIC.
  4. Pilier technologies : mettre sur pied un programme international de développement d'une nouvelle génération de langages de programmation et de protocoles réseau, basés non plus sur l'anglais mais sur une LIC.
Problématiques linguistiques

Nous abordons ici trois problématiques clés de la linguistique : les technologies de traduction, la différence entre langue naturelle et construite, et enfin le piège du multilinguisme.

Technologies de traduction. Il y a peu de doutes que vont se généraliser les technologies de traduction automatique en temps réel [exemple], de sorte que l'utilité d'une langue internationale diminuera considérablement. Cependant elle ne disparaîtra pas car aucune traduction - automatique ou humaine - ne peut résoudre complètement les différences sémantiques entre mots considérés comme équivalents entre deux langues. Il en résulte qu'aucune traduction n'exprime exactement la signification originelle d'un texte. C'est pourquoi il demeure indispensable - notamment en droit international - de disposer d'une langue internationale, que ce soit pour la rédaction originelle ou pour des traductions de textes conçus en langues nationales. Pour les mêmes raisons il importe que la langue internationale soit culturellement neutre, c-à-d qu'elle ne soit pas une langue nationale mais une LIC.

Langue naturelle ou construite ? De nombreuses langues (la plupart ?) ont perdu leur caractère "naturel". Il s'agit des langues nationales qui furent normalisées et officialisées par un État, de sortes qu'elles ont acquis un statut mixte. Mais la distinction entre langues "naturelles" et "construites" est une vue de l'esprit, inventée pour les besoins de la taxinomie linguistique. En effet toute langue ne "tombe pas du ciel" mais est le fruit de conventions sociales c-à-d d'une forme de ... construction. Et corrélativement toute construction sociale peut être vue aussi bien comme un phénomène naturel. Par conséquent l'argument de l'impérialisme culturel US selon lequel rien ne pourrait résister à l'hégémonie mondiale de l'anglais n'a aucun fondement scientifique et relève bien de la propagande visant à conditionner les esprits à la soumission : il est tout à fait possible de concevoir et instaurer une langue internationale qui supplanterait l'anglais.

Le piège du multilinguisme. La politique de diversité culturelle de l'UNESCO est fondée sur le concept de multilinguisme plutôt que sur le bilinguisme "langue nationale + LIC". La différence de terminologie n'est pas idéologiquement neutre. Ainsi dans la sphère économique le terme "multilinguisme" signifie la connaissance d'un maximum de langues étrangères, ce qui dans un monde de plus en plus globalisé où sont pratiquées des centaines de langues est de moins en moins réaliste mais présente l'avantage - pour l'employeur - que le salarié, ne connaissant jamais suffisamment de langues étrangères, est par conséquent incité à modérer d'autant ses revendications salariales.

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En introduction à la section suivante notons que la monnaie est à la matière ce que le langage est aux idées (ou, pour parler scientifiquement, à l'information) : monnaie et langage sont des signes (des représentations) facilitant l'échange, le stockage et la mesure de leur objet (la matière pour la monnaie, l'information pour le langage).

La monnaie ne facilite pas directement l'échange/stockage/mesure d'information mais bien de la matière contenant l'information.

v.Devise internationale Haut

Commençons par préciser le vocabulaire : on parle de devise dans le cadre de transactions internationales, et de monnaie dans le cadre de transactions au sein d'un même pays.

Une devise internationale peut avoir deux fonctions :

  1. monnaie facilitant les échanges, l'épargne et la comptabilité au niveau international ;
  2. étalon par rapport auquel les gouvernements implémentent des mesures économiques visant à limiter la fluctuation de leur devise (principalement le contrôle de l'inflation et de la dette publique).

On peut distinguer trois types de devises internationales :

Devise nationale

Depuis que les États existent certaines monnaies font ou ont fait office de devise internationale. Il s'agit généralement de la monnaie de pays colonialistes et/ou impérialistes. Aujourd'hui la principale monnaie nationale faisant office de devise internationale est le dollar US.

L'avantage pour un pays d'avoir une monnaie faisant office de devise internationale est double :

Une monnaie nationale faisant office d'étalon constitue cependant une contrainte pour le pays, dans la mesure ou cette fonction d'étalon requiert de maintenir la stabilité de la devise. C'est pour cette raison que le gouvernement US a décidé en 1971 de mettre fin unilatéralement aux accords de Bretton Woods qui depuis 1944 garantissait la convertibilité du dollar en or.

Union monétaire

Les monnaies nationales sont supprimées et remplacées par une monnaie unique dans le cadre d'un État supranational se substituant progressivement aux États nationaux. C'est le cas de l'euro et de l'Union européenne.

Théoriquement l'union monétaire peut se justifier pour des pays partageant la même langue ou ayant atteint le même niveau de développement économique. Mais rares sont les unions monétaires qui ne sont pas soldées par un échec. En tout état de cause les populations des pays concernés par un projet d'union monétaire doivent bien être conscientes que la gestion d'une union monétaire ne peut fonctionner efficacement que si elle est accompagnée d'une union politique, ce qui revient "in fine" à la fusion des États concernés en un seul État, et partant à l'éradication de la diversité culturelle.

Un concept plus politique qu'économique. En raison du progrès technologique le principe d'union monétaire n'a plus vraiment de justification économique. D'une part l'argument de la diminution des coûts de transactions liés à l'usage de plusieurs monnaies tend à perdre tout fondement suite à la dématérialisation de la monnaie et l'utilisation généralisée de systèmes de paiements électroniques. D'autre part l'argument de la stabilité des taux de change doit être considérablement relativisé car (i) cette problématique est en fait simplement déplacée du niveau national à celui de l'UE, (ii) la politique monétaire et budgétaire de l'union étant nécessairement centralisée, elle provoque des tensions économiques liées à l'hétérogénéité culturelle et économique des États membres, et (iii) l'histoire économique montre que dans certaines conditions la dévaluation d'une monnaie nationale peut s'avérer être un mesure économique efficace voire même nécessaire. Constatons enfin qu'il n'existe pas d'exemple historique d'unions monétaires ayant persisté durablement ... [approfondir].

Devise construite

La devise internationale construite est une monnaie commune. Il ne s'agit ni d'une monnaie unique, ni d'une monnaie nationale faisant office de devise internationale. Elle ne supprime donc pas les monnaies nationales (sans quoi il ne s'agirait plus d'une devise internationale mais d'une monnaie mondiale). Enfin elle peut éventuellement être fondée sur un panier de devises, à l'instar des DTS.

Droits de tirage spéciaux. Créé en 1969 par le FMI le "DTS" est constitué d'un panier de devises réévalué tous les cinq ans. En 2016 le renminbi a été ajouté au panier constitué du dollar américain, de l'euro, de la livre sterling et du yen. Les DTS sont des crédits que les nations disposant d'excédents dans leur balance des échanges peuvent « tirer » des nations ayant des déficits commerciaux. Les DTS sont alloués aux pays membres proportionnellement à leur quote-part au FMI. Cependant le DTS n’est pas une devise à proprement parler : (i) Le FMI n’est pas un émetteur et ne garantit pas les valeurs en DTS par ses propres réserves ; (ii) les fonds de réserves déposés au FMI par les États ne sont pas libellés en DTS mais dans chacune des devises composant le panier ; (iii) Le DTS n’est pas coté. Enfin le DTS n'est pas utilisé comme étalon monétaire [approfondir].

Le Bancor. Lors de la conférence de Bretton Woods (USA) en 1944 l'économiste britannique John Meynard Keynes avait proposé la création d'un étalon monétaire international appelé "Bancor". Ce projet fut cependant rejeté en raison de l'opposition de Washington qui préférait que ce soit le dollar qui soit consacré comme devise internationale [approfondir].

Conclusion

L'utilisation d'une monnaie nationale comme devise internationale profite surtout au pays dont cette devise est la monnaie nationale. Quant à l'Union monétaire elle constitue une régression économique et culturelle. Une des premières créations de la future Confédération des États-nations devrait être une devise internationale :

Après avoir présenté la problématique du système monétaire international nous allons maintenant aborder celle du commerce international.

viii.Du libre-échange Haut

Définition

Fondement majeur de l'idéologie "libérale" le principe d' "ouverture des marchés" prône l'interdiction de toutes barrières à la circulation internationale des capitaux (investissements et spéculation), des biens & services (le commerce) et des personnes (entendez : le facteur de production "travail" ...).

Promoteurs

Trois organisations "internationales" ont pour mission d'imposer ce principe aux États : le FMI (capitaux), l'OMC (biens & services) et l'ONU (Droits de l'homme). Celles-ci furent créées après la seconde guerre mondiale à l'initiative du gouvernement US, qui y exerce une influence dominante [approfondir]. Les universités jouent également un rôle considérable car dans les cours d'économie enseignés aux étudiants seule l'idéologie "libérale" est considérée, étant présentée implicitement comme un ensemble de lois économiques naturelles.

Théorie des avantages comparatifs

L'idéologie du libre-échange est fondée sur la théorie des avantages comparatifs, selon laquelle les pays ont mutuellement intérêt à s'ouvrir au commerce international plutôt qu'à rechercher l'autarcie économique. Il suffirait pour cela que chaque pays se spécialise dans la production pour laquelle il dispose de la productivité la plus forte ou la moins faible, relativement à ses partenaires.

Il résulte de la spécialisation économique des pays une augmentation de la taille moyenne des entreprises, une diminution de leur nombre, et une industrialisation des méthodes de production. L'idéologie "libérale" affirme que les économies d'échelle positives qui en résultent (l'efficacité augmente avec la taille) l'emporteraient sur les économies d'échelle négatives (l'efficacité diminue avec la taille).

Économies d'échelle globalement positives ? L'idéologie "libérale" tend à surévaluer les économies d'échelle positives et à sous-évaluer les économies d'échelle négatives. Ces dernières peuvent avoir de multiples causes : nombre trop élevé de niveaux hiérarchiques, problèmes de communication interne, etc. D'autres sont carrément ignorées : le moindre goût de la nourriture industrielle relativement à la nourriture artisanale, l'impact écologique et visuel d'une uniformisation du paysage agricole, l'impact sociologique, culturel et psychologique de la disparition de l'artisanat local, etc ... (P.S. : c'est là une énorme faiblesse de l'économie officielle : son incapacité à prendre en compte tout ce qui ne rentre pas dans le moule prix-coûts).

Dans la pratique tous les pays sont à la fois importateurs et exportateurs de biens & services, ainsi que de capitaux. C'est le solde net de ces flux qui détermine si un pays s'enrichit ou s'appauvrit quantitativement suite aux échanges avec le reste du monde.

AVANTAGES

L'ouverture des marchés nationaux aux biens & services en provenance de l'étranger peut s'avérer bénéfique pour la collectivité (ménages, entreprises, État) dans la mesure où cette ouverture a notamment pour effets :

Cependant nous allons voir qu'en ce qui concerne l'importation/exportation de capitaux (investissements étrangers) et de travailleurs (migration planifiée), le libre échange peut s'avérer nuisible s'il est appliqué sans discernement. En effet c'est le solde net de ces flux qui détermine si un pays s'enrichit ou s'appauvrit quantitativement suite aux échanges avec le reste du monde. Or il ne faut pas croire que les "échanges commerciaux" sont nécessairement créateurs de valeur : dans certains cas il peut s'agit d'un simple transfert de richesses (ou de prédation) voire même de destruction de richesses.

INCONVÉNIENTS

Le principe d'ouverture des marchés de capitaux et du travail peut s'avérer nuisible pour les individus, les entreprises et l'État dans les trois cas suivants :

  1. lorsque la délocalisation d'entreprises (généralement de pays développés vers des pays à plus bas salaires) et de travailleurs (généralement de pays en développement vers des pays à plus hauts salaires) n'est pas compensée par une entrée équivalente de moyens et/ou facteurs de production en provenance de l'étranger, de sorte que la quantité de ces moyens et facteurs disponibles diminue, entraînant ainsi un phénomène de désindustrialisation (pays développés) ou/et de dépopulation (pays à bas salaires).

    Double exploitation. Les pays riches envoient donc du capital (financier et non-financier) dans les pays pauvres, qui eux envoient des travailleurs aux pays riches, phénomène que la dialectique libérale décrit comme un "échange de facteurs de production". Or dans notre article "De la croissance économique au développement durable" nous avons vu que le capital financier n'est pas facteur de production mais titre de propriété, de sorte que « exporter du capital financier » signifie en réalité « prendre possession de ». Par conséquent lorsque l' "échange" évoqué ici est constitué principalement d'exportation de capital financier il n'y a pas "échange" mais double exploitation : les pays riches prennent possession des ressources naturelles des pays pauvres, qui eux perdent leurs facteurs de production (les humains) au profit des pays riches, ou du moins de leur classe dirigeante car la masse des salariés subit quant à elle la concurrence de cette main d'œuvre étrangère bon marché et toujours plus nombreuse.

  2. (pays importateurs) lorsqu'il permet à de puissants conglomérats étrangers exportateurs de capitaux de prendre/conserver le contrôle de ressources naturelles et d'éléments clés de la structure productive/financière de néocolonies, et d'ainsi :
    • accaparer la majeure partie des bénéfices issus de l'exploitation des ressources naturelles ;
    • évincer les PME indigènes ;

      En Russie depuis 2016 les pouvoirs publics ne peuvent utiliser des logiciels étrangers que s'il n'existe pas d'analogues nationaux sur le marché russe [source].

    • spolier le Trésor public grâce à des privilèges fiscaux obtenus par la corruption du gouvernement indigène.

    Le capital financier comme instrument de prédation

    Le piège des emprunts à l'étranger. Pour acheter des produits que l'économie nationale ne produit pas ou pas assez (haute technologie, matières premières, ...) un État doit payer soit dans la devise du pays où il achète ces biens, soit dans la devise d'un pays dont la monnaie est acceptée par des entreprises partout dans le monde (généralement le dollar US). Pour se procurer des devises étrangères un pays doit de préférence être exportateur net de biens/services, et dans le cas contraire (importateur net) il doit alors se résigner à emprunter des devises ... et donc à payer des intérêts. Mais comment va-t-il payer ces intérêts s'il demeure importateur net ? Réponse : par de nouveaux emprunts !

    FMI et privatisations. C'est là qu'intervient Le FMI, créé à la fin de la seconde guerre mondiale à l'initiative du gouvernement US. Le FMI accorde des prêts en dollars aux États qui en font la demande, mais en échange il impose aux gouvernements emprunteurs d'appliquer à leur économie un programme dit « plan d'ajustements structurels ». Ce programme fondé sur l'idéologie "libérale" consiste notamment dans la privatisation des biens nationaux et des services publics, et qui plus est, à des prix systématiquement (très) sous-évalués, au bénéfice des grandes sociétés privées (souvent sous contrôle US) qui achètent ces entreprises publiques étrangères pour les exploiter à leur profit.

    "Cadeaux" intéressé. Lorsque les prêts se transforment éventuellement en dons (annulation de dette), c'est généralement en échange d'une accentuation des plans d'ajustement évoqués ci-dessus. En outre il demeure que les devises octroyées (en l'occurrence du dollar) ne peuvent de toute façon être utilisées que pour acheter soit des produits US, soit sur le marché international, ce qui permet d'asseoir le dollar comme devise internationale. Le fait que la devise internationale soit une devise nationale (le dollar US) plutôt qu'une devise spécifiquement créée à cet effet introduit un biais favorisant grandement l'État et les entreprises US qui n'ont jamais besoin de se procurer de devise étrangère pour acheter à l'étranger : il leur suffit de payer en dollars !

  3. lorsque l'absence de barrières aux échanges provoque l'éradication des diverses cultures nationales et leur substitution par une culture globale (cf. l'américanisation des pays européens).
Libre-échange
conditionnel

Comment éviter que les effets négatifs du libre échange l'emportent sur ses effets positifs, et cela pour l'ensemble des pays et de leurs habitants ? La réponse à cette question doit impérativement prendre en compte l'ensemble des différents paradoxes caractérisant la problématique :

Selon le prix Nobel d'économie 1988, le français Maurice Allais, la mise en concurrence d'économies trop hétérogènes peu s'avérer très nuisible. Dans ce cas des mesures protectionnistes sont justifiées [source]. Un autre prix Nobel d'économie (2011), l'états-unien Joseph Stiglitz, rappelle souvent que lorsque les intérêts des grandes sociétés US sont menacés le gouvernement US ne se prive pas d'appliquer en faveur de l'économie US ces mêmes mesures protectionnistes qu'il veut interdire au reste du monde. Ainsi en 2008 la société US SpaceX, créée par Elon Musk, connus de nombreuses difficultés financières mais fut sauvée grâce à un contrat de 1,6 milliard de dollars octroyé par la NASA pour le ravitaillement de la station spatiale internationale [source1, source2], et cela malgré que les lanceurs russes sont d'un rapport qualité/prix défiant toute concurrence ...

La résolution de cette problématique complexe requiert d'opérer un arbitrage optimal entre ouverture des marchés et protectionnisme. Pour ce faire notre analyse analyse conclut à la nécessité de deux catégories de mesures complémentaires - économiques et politiques :

Frontières
numériques

L'idée selon laquelle il ne serait pas possible d'imposer des lois nationales aux entreprises "globales" sous prétexte qu'il ne serait pas possible d'installer des frontières numériques sur Internet est une légende urbaine savamment entretenue. Il est tout à fait possible d'installer des frontières numériques, et en outre à des coûts nettement inférieurs aux frontières physiques [exemple]. Il est donc tout à fait possible pour tout État d'imposer des règles nationales aux "entreprises globales", et à leur interdire l'accès aux marché national si elles refusent ou sont incapables d'en respecter les règles. Le problème est moins technologique que politique. La classe politique invoque des raisons fallacieuses pour justifier sa non-action. La véritable raison est selon nous sa corruption.

Comprendre les chaînes de valeur mondiales (2015, 4m54s)

vi.Principes de l'État-nation Haut

Sans véritable démocratie il n'y a pas de véritable État-nation, et inversement car le second est - par le service public - l'expression physique de la première. Quant aux États-nations dans leur ensemble ils garantissent - par leur langue nationale - la diversité culturelle internationale.

Nous définissons l'État-nation idéal sur base de six principes, la démocratie directe constituant le principe de base sur lequel les cinq autres peuvent être construits. On peut les regrouper selon leur fonction de cohésion et de souveraineté nationale :

Cohésion nationale :

  • langue nationale
  • limitation des écarts de richesse

Souveraineté nationale :

  • monnaie nationale et entreprises nationales
  • libre-échange souverain et conditionnel
  • internationalisme confédéral
démocratie directe

L'internationalisme confédéral est traité dans la section IX. Les autres principes sont développés ci-dessous.

Langue nationale

Afin de rationaliser leur fonctionnement les États devraient évoluer en se recomposant - par sécessions ou regroupements - en régions monolingues : la Wallonie avec la France, la Flandre avec la Hollande, le sud-ouest des USA avec le Mexique, etc. La langue constitue le premier facteur de cohésion/différenciation culturelle. Ainsi si les Écossais ont voté contre la sécession lors du référendum de septembre 2014 c'est essentiellement parce que l'anglais est la langue maternelle de 98% des écossais. Par contre en Catalogne le pourcentage d'habitants dont le castillan - langue officielle de l'Espagne - est la langue maternelle tombe à 55% (c'est du moins le chiffre officiel, mais peut-être est-il encore plus bas ...), ce qui peut expliquer la victoire des indépendantistes catalans aux élections régionales de septembre 2015.

Notons enfin que dans le nationalisme linguistique, l'identité nationale n'est pas fondée sur la race ou la religion mais sur la langue nationale, laquelle est :

Limitation des
écarts de richesse

La limitation des écarts de richesse est indispensable pour garantir un minimum de cohésion sociale. D'autre part sans limitation des écarts de richesse l'exercice de la démocratie n'est pas possible, par contre sa simulation - notamment via le contrôle des médias privés par des super-riches - est d'autant plus facile. Enfin les écarts de richesses provoquant la concentration du capital ils sont source d'allocation sous-optimale de la monnaie et conduisent au développement de zones de concentration (industrielle et citadine) nuisibles à l'environnement [approfondir].

Monnaie nationale

L'union monétaire européenne ne peut fonctionner efficacement que s'il y a homogénéité des économies des pays membres, ce qui est difficilement réalisable sans homogénéité culturelle. C'est la raison pour laquelle les politiques économique et culturelle de l'UE - tout en prétendant défendre le "multiculturalisme" - font en réalité exactement le contraire en éradiquant progressivement les cultures régionales pour les remplacer par le mode de vie « made in US » (dont l'anglais) [3]. Par conséquent, afin de préserver la diversité culturelle et supprimer la cause des tensions économiques entre les pays européens, il importe de saborder l'Union européenne et de revenir rapidement aux monnaies nationales.

On notera qu'un retour à la souveraineté monétaire n'empêche en rien une coordination politique et économique internationale (et pourquoi donc la limiter à l'Europe ? [4] ), mais pour autant qu'elle soit (i) fondée sur l'utilisation d'une langue et d'une devise internationales construites à cet effet, et (ii) limitée au stricte minimum afin de préserver la souveraineté des États-nations. Ce thème est traité dans la section "IX. Principes de la Confédération des États-nations".

Entreprises nationales

Outre la Banque centrale, l'État devrait posséder des entreprises publiques dans chaque secteur économique, notamment afin d'éviter la désindustrialisation causée par la délocalisation d'entreprises privées. Dans notre article " Service public par des entreprises publiques " nous montrons que ces dernières présentent bien d'autres avantages. Nous y recommandons une économie mixte comportant au moins deux entreprises publiques (donc concurrentes) dans chaque secteur économique, et de préférence sous statut de coopérative publique.

Libre-échange
souverain

Le principe d'ouverture des marchés nationaux permet - dans certaines conditions - d'amplifier et propager le développement économique. Mais il peut aussi s'avérer nuisible : dumping social, délocalisations, fraude fiscale, néocolonialisme. Se pose alors la question : comment éviter que les effets négatifs du libre échange l'emportent sur ses effets positifs ? Pour ce faire il faut selon nous que deux conditions soient vérifiées :

  1. souveraineté : le libre échange ne peut être imposé aux États par un pouvoir supra-national ;
  2. conditionnalité : le libre échange doit être conditionnalisé au respect de normes sociales (↔ dumping-social) et fiscales (↔ paradis fiscaux), c-à-d que les pays qui respectent les normes sociales et fiscales ne doivent pas hésiter à interdire l'accès à leur marché national aux entreprises des pays qui ne respectent pas ces normes.

Les principes de l'État-nation étant établis, venons-en maintenant à ceux de leur Confédération.

vii.Principes de la Confédération des États-nations Haut

Le projet de "Zone de libre-échange transatlantique" ("Transatlantic Free Trade Agreement", TAFTA) prévue pour 2015 suggère que l'Union européenne n'est qu'une phase intermédiaire vers une Union transatlantique. Celle-ci est présentée comme une "fusion politique et économique entre l'Union européenne et les USA", mais le rapport de force - notamment militaire - implique qu'il s'agit en réalité d'une tentative d'intégration totale et définitive des pays européens à l'empire US. Il s'agirait là non seulement d'une épouvantable régression culturelle, mais également d'une évolution extrêmement dangereuse vers un monde bipolaire Occident-Orient, situation propice à l'explosion d'une guerre mondiale. La logique confrontationnelle de ce projet apparaît de façon flagrante dans le fait que ses partisans voient l'Union transatlantique comme un moyen de "contrer" (sic) la Chine et la Russie. On retombe donc dans une logique de guerre froide, une fois de plus à l'initiative de l'empire US (rappel : c'est le Pacte de Varsovie qui a été conclu en réponse à la création de l'OTAN, et non l'inverse).

L'alternative que nous proposons à ce projet oligarchique ne s'inscrit pas dans une logique confrontationnelle mais coopérative. Il s'agit de constituer une Confédération mondiale des États-nations. Son objet et ses méthodes se résument en quelques principes fondamentaux :

  1. Souveraineté des États-nations : la Confédération ne se situe pas au-dessus mais au côté des États-nations (NB : le préfixe "con" est dérivé du latin "cum", qui signifie "avec").
  2. Coordination et autofinancement : la Confédération assume par le biais d'entreprises publiques confédérales :
    • la coordination des activités internationales (normes, rating, médiation, droit international, ...) ;
    • la gestion des biens confédéraux , notamment :
      • la monnaie confédérale (devise internationale complétant les monnaies nationales), et le système bancaire international (actuellement géré et exploité par des organisations privées telles que SWIFT, la Banque des Règlements Internationaux, le FMI, ...) ;

        Une source importante de revenus pour la Confédération serait constituée par les services bancaires fournis aux entreprises privées des États membres.

      • des eaux internationales et de l'espace (PS : la Constitution de la Confédération devrait stipuler que les armées nationales ne peuvent naviguer dans - ni survoler - les eaux internationales, seule l'armée confédérale y étant autorisée).
  3. Complétude minimale :

    • "complétude" : la Confédération s'implique dans tous les domaines ayant un aspect international (elle a donc vocation à remplacer toutes les institutions internationales) ;
    • "minimale" : ne visant pas à devenir un gouvernement mondial (qui serait l'expression ultime du totalitarisme et de l'uniformisation culturelle) la Confédération s'immisce le moins possible dans les domaines évoqués au point précédent afin de préserver la souveraineté des États-nations notamment en matière de politique économique (budgétaire, monétaire, commerciale), scientifique (enseignement, recherche, développement) et culturelle.
  4. Langue confédérale : la Confédération ne travaille et communique que dans la langue internationale construite (LIC) qui a été choisie comme la langue Confédérale.
  5. Territoire multiple : chaque État cède à la Confédération - de façon définitive et irrévocable - une zone habitable frontalière représentant 0,1% de son territoire national. Il y aurait ainsi une sorte d'État confédéral, mais qui ne se substituerait pas aux autres.
Révolution
populaire
internationale

Pour ne pas être une nouvelle supercherie, à l'image de la démocratie prétendument "représentative" sur laquelle est fondée l'ONU, la Confédération devrait être créée "par la base" au travers d'un processus révolutionnaire populaire et international visant à instaurer dans les États la démocratie directe (telle que définie par nous). Le chapitre 4 propose une stratégie pour ce processus.

ix.Synthèse Haut

Gouvernement
mondial ?

Dans le contexte du phénomène technologique de mondialisation les État-nations sont-ils condamnés à disparaître ? Dans l'affirmative ceux-ci perdraient leur souveraineté au profit d'un gouvernement mondial, et la diversité culturelle internationale tendrait à se dissiper par homogénéisation culturelle, probablement sur le modèle états-unien. Les partisans d'un gouvernement mondial soutiennent que celui-ci réduirait le risque de conflits guerriers.

Certains considèrent l'ONU comme une étape vers un gouvernement mondial, mais l'ONU n'est pas un État, elle n'est qu'une arène médiatique mettant en scène le jeu des classes dirigeantes des pays membres permanents pour le contrôle voire l'expansion de leur « zone d'influence ». Quant à l'Union européenne elle constitue clairement une étape vers un État mondial, mais dans une logique messianique et d'impérialisme atlantiste puisque l'UE se voit comme un moyen de "contrer" (sic) la Chine et la Russie (mais pas les USA ...), suscitant ainsi une logique de guerre froide. En outre, qu'on le veuille ou non, son évolution conduit nécessairement au remplacement de petits États-nations par un plus grand, éloignant ainsi encore plus le citoyen du processus politique et de la chose publique. L'UE n'est donc pas un progrès mais une régression.

Confédération
mondiale !

Les difficultés croissantes que rencontre voire suscite l'Union européenne s'expliquent notamment par le fait que ce projet atlantiste et oligarchique sous-estime la prégnance de la diversité culturelle européenne (une trentaine de langues !). La globalisation progresse certes mais demeure cependant le fait d'une infime minorité de la population (en particulier la classe dirigeante cosmopolite) ... et le restera peut-être beaucoup plus longtemps qu'on l'imagine. Selon nous un gouvernement européen - ou, qui plus est, mondial - sont incompatibles avec la préservation de la diversité culturelle, laquelle (i) est indispensable à la capacité de résilience d'une économie globalisée (à l'instar du réseau Internet, qui continue de fonctionner même lorsqu'il est partiellement détruit), et (ii) stimule le progrès scientifique international par la confrontation d'approches différentes.

Mais d'autre part, afin de rationaliser leur fonctionnement, les États devraient évoluer en se recomposant - par sécessions ou regroupements - en régions monolingues : la Wallonie avec la France, la Flandre avec la Hollande, le sud-ouest des USA avec le Mexique, etc. Cette recomposition des États est souhaitable non seulement pour des raisons d'efficacité interne de chaque État (simplification administrative, cohésion sociale, ...), mais aussi parce qu'elle constitue - contre le tout à l'anglais - le meilleur garant de préservation de la diversité culturelle internationale, source importante de progrès scientifique par la confrontation d'approches différentes (chaque État-nation étant une expérience particulière de société). Il reste cependant à créer une double culturalité nationale/internationale au moyen d'une langue internationale construite à cet effet (LIC), et qui serait la seule langue étrangère inscrite au programme de l'enseignement obligatoire des pays membres d'une Confédération mondiale des États-nations.

Cette Confédération se situerait hiérarchiquement au même niveau que ceux-ci voire en dessous. Ainsi la préservation des souverainetés et identités nationales participerait à conserver ce facteur de progrès et de résilience qu'est la diversité culturelle internationale. À l'évolution technologique de mondialisation devrait répondre une évolution institutionnelle visant non pas à éradiquer les conflits (un conflit n'est pas nécessairement inutile ou nuisible) mais plutôt à développer les instruments institutionnels pour les gérer collectivement.

Cependant force est de constater que depuis les années 1980 - considérées comme marquant la fin du communisme et la victoire du libéralisme - la conception européo-atlantiste de l'évolutionnisme sociétal a manifestement gagné du terrain, notamment par :

L'idée d'un gouvernement mondial - derrière laquelle se cache en réalité l'ambition impérialiste des classes dirigeantes des pays atlantistes - constituerait une grave régression. Nous pensons que le progrès consiste plutôt en une Confédération mondiale d'États-nations souverains et fonctionnant en régimes de démocratie directe :

  1. des États-nations, chacun fondé :

    • culturellement sur une seule langue nationale ;
    • économiquement sur une monnaie nationale et des entreprises publiques (les entreprises privées étant limitées aux PME) ;
    • politiquement sur la démocratie directe (telle que nous l'avons définie dans le chapitre 2).
  2. une Confédération des États-nations visant à faciliter la coopération internationale (commerce, technologie, droit, sécurité, ...) tout en préservant la diversité culturelle, et fondée :

    • culturellement sur une langue confédérale, une langue internationale construite à cet effet et qui serait la seule langue "étrangère" inscrite au programme de l'enseignement obligatoire des pays membres de la Confédération ;
    • économiquement sur :
      • une monnaie confédérale (une devise internationale construite à cet effet, et complétant les monnaies nationales) ;
      • éventuellement, un territoire confédéral constitué par une donation, par chaque État-membre, d'une zone frontalière de son territoire national (représentant un même pourcentage de chaque territoire national) ;
    • politiquement sur une organisation horizontale préservant la souveraineté des États (--> pour chaque État la Confédération est un partenaire se situant au même niveau que les autres États, voire un instrument commun à tous se situant hiérarchiquement en-dessous des États-nations).

On notera qu'en institutionnalisant ainsi pour chaque pays le principe de double culturalité nationale et internationale la Confédération préserve la diversité culturelle tout en organisant la coopération internationale. Peut-être, dans un futur plus ou moins lointain, n'y aura-t-il plus sur Terre qu'une seule langue et une seule culture. Dans ce cas, si l'on veut faire en sorte que cette culture globale soit le résultat d'un processus collaboratif, et non le fait d'un pays impérialiste, alors - vous le constaterez en lisant cet article - notre Confédération mondiale constitue aussi une voie pour y arriver. D'ici là, oeuvrons TOUS ensemble à la préservation et au progrès d'une humanité diverse !

Article connexe :

[1] Théorie du relativisme linguistique de Sapir-Whorf. Voir aussi les travaux de Cole (1971) et de Serpell (2000) montrant que ce qui est considéré comme intelligent dans une culture ne l'est pas nécessairement dans une autre.

[2] Il existe cependant de nombreux concepts dont la traduction parfaite est impossible car ceux-ci sont perçus différemment selon la culture linguistique. Par exemple la notion de "temps" n'est pas la même eu Europe et en Afrique (ce qui peut d'ailleurs expliquer pourquoi l'Afrique est difficilement intégrable dans le modèle économique occidental). Mais cet exemple illustre bien le phénomène de relativisation réflexive par la confrontation de conceptions issues de cultures diverses, et qui est source fondamentale de remises en question permanentes et de progrès scientifique.

[3] Une répression idéologique est également menée par la classe politique européenne et leurs amis les journalistes contre les citoyens qui s'opposent à cette « solution finale culturelle », lesquels sont calomniés sous l'accusation de promouvoir le "replis culturel", alors qu'il s'agit exactement du contraire, défendre la diversité culturelle.

[4] En se posant cette question on réalise encore mieux que le projet d'Union européenne n'est rien d'autre qu'un projet de domination impériale "made in US". Ainsi le "traité de Lisbonne" - clone de la Constitution US - fusionne la politique militaire de l'UE avec celle de l'OTAN, l'extension impériale de l'armée US [source].