Projet démocratiedirecte
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> 5. Critique Recommander Imprimer 2 pages màj : 19 janvier 2017


Voici une liste non exhaustive de critiques souvent énoncées à l'encontre d'une véritable démocratie, ... et nos réponses.

  1. Efficacité : « La dictature d'une oligarchie méritocratique est plus efficace que la démocratie car elle professionnalise, simplifie et accélère le processus de décision » .
    • Réponse : Que ce soit en terme d'efficacité ou même d'éthique, ni la dictature ni la démocratie ne sont bonnes ou mauvaises en soi. Cependant il y a une différence fondamentale entre les deux : la démocratie n'est pas qu'un processus de décision, elle est aussi un moyen d'auto-éducation populaire et de responsabilisation individuelle. C'est pourquoi la démocratie - pour autant qu'elle ne soit pas simulée - est plus durablement stable et mieux adaptée au progrès social et scientifique que la dictature, même "éclairée". Le problème lorsque l'on passe de la dictature à la démocratie c'est qu'il n'existe pas encore de véritable culture (au sens de pratique) démocratique. Supprimer la dictature ne suffit pas, il reste à la remplacer en concevant collectivement les méthodes et les infrastructures d'un système de démocratie directe. Il faut aussi vaincre les résistances psychiques induites par notre conditionnement - généralement inconscient - aux comportements de soumission/domination.
  2. Désintérêt : « Seule une minorité de la population s'intéresse à la politique, de sorte que la démocratie comme expression de la majorité est une illusion ».
    • Réponse : Dans quelle mesure n'est-ce pas justement parce que le système politique est accaparé par la classe politique et ses commanditaires fortunés que de nombreux citoyens s'en désintéressent ? D'autre part il ne faut pas se faire d'illusion : il n'y aura jamais de participation volontaire de tous au processus démocratique, même directe. Et cela n'est pas grave, pour autant que quiconque souhaitant y participer jouisse du droit de le faire !
  3. Majorité : « La démocratie est la dictature de la majorité ».
    • Réponse : Si nous disons que la démocratie est le moins mauvais des systèmes, c'est parce que nous préférons la dictature d'une majorité à celle d'une minorité. Un État véritablement démocratique ne représente pas seulement une majorité mais aussi ce qu'il y a de commun à l'ensemble des citoyens : désir de justice, de sécurité, de coordination, etc. Ainsi par exemple qui est à même de garantir au mieux le droit des minorités et des individus si ce n'est la majorité composite de l'ensemble des individus et minorités ? Il ne faut pas perdre de vue que la composition de la majorité change à chaque sujet de votation, de sorte que ce n'est jamais la même minorité qui est mécontente du résultat d'une votation "perdue". Enfin un impératif technologique s'impose à la société : la nécessité absolue de subordonner l'intelligence artificielle à l'intelligence collective.
  4. Conditionnement : « La DD est illusoire car la supposée "opinion publique" est très influencée par la répétition quotidienne des messages médiatiques dominants [?]Message médiatique dominant. Dans les JT par exemple les sujets sont certes parfois traités par la comparaison de différents points de vue, ce qui donne l'illusion de neutralité. Mais dans la répétition quotidienne d'un même thème, l'un des points de vue peut-être présenté plus souvent et sous un jour plus favorable, ce qui en fait le message dominant de la thématique traitée. Les messages dominants sont intériorisés par un nombre non négligeable de téléspectateurs. exprimant l'opinion de la classe dirigeante ».
    • Réponse : C'est sans doute le cas, mais il ne faut pas sous-estimer le nombre des individus que le conditionnement médiatique n’atteint pas. Ainsi dans l'expérience de Asch environ 60% des cobayes humains ne sont pas influencés. Par conséquent le rapport de force entre classes dirigeante et dominée peut être renversé dans certaines circonstances (révolution, nationalisation des grandes chaînes TV privées, ...).
  5. Taille : « La DD devient impossible dès que la population dépasse une taille au-delà de laquelle il n'est plus possible pour chacun de connaître tous les autres membres de la communauté. Les technologies de vote et d'identification en réseau n'offrent pas de solutions crédibles à cette limitation en raison d'un risque élevé de grave piratage du système ».
    • Réponse : Concernant la démocratie directe sans recours aux technologies informatiques il faut noter qu'on a pas encore exploité toutes les possibilités non-technologiques. Par exemple on pourrait installer dans chaque bureau de poste des isoloirs permanents de vote - par conséquent accessible chaque jour ouvrable de l'année - ce qui permettrait de procéder à des référendums beaucoup plus fréquemment, voire de façon permanente. Concernant le recours aux technologies s'il faut certes faire preuve de prudence il ne faut pas non plus se laisser emporter par un pessimisme anti-technologique dogmatique et aveugle, qui pourrait nous priver de nouvelles opportunités [approfondir]. C'est pourquoi le projet démocratiedirecte programme une double implémentation du système de gouvernance défini au chapitre 2 : l'une sans vote "électronique" (implémentation "blanche"), et l'autre utilisant toutes technologies disponibles (implémentation "noire").