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> 6. Analyses Recommander Imprimer 13 pages màj : 23 mars 2017

Institutions internationales : ONU, FMI, OMC, OTAN, UE Recommander màj :

PLAN

  1. Introduction
  2. Organisation des Nations unies (ONU)
  3. Fonds Monétaire International (FMI)
  4. Organisation mondiale du commerce (OMC)
  1. Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN)
  2. Union européenne (UE)
  3. Vers une Confédération mondiale des États-nations

iIntroduction Haut

Institutions internationales

L'utilité d'organisations internationales, notamment pour prévenir/gérer les conflits ou coordonner l'activité économique internationale, est évidente.

Leurs activités sont supposées fondées sur un droit international encore naissant et ayant ceci de particulier qu'il ne repose pas sur la souveraineté démocratique d'un État supranational. Il en résulte que le droit international se construit de façon atypique, généralement en dehors d'un véritable débat publique et démocratique.

Néocolonialisme

Un des principes de base du droit international est illustré par la résolution 2131 (XX) de l'Assemblée générale des Nations Unies, datant de 1965 (donc pendant la période de décolonisation ...), et concernant la souveraineté des États. Voici deux extraits importants de cette résolution, dont l'URSS fut l'initiatrice :

Ces principes furent rapidement l'objet d'amendements et modifications sous l'impulsion des USA et de l'Angleterre. Ainsi leur portée est contrecarrée par un article de la Charte des Nations Unies (Chap. I > art. 2 > parag. 7) stipulant que ces principes ne portent en rien atteinte à l'application des mesures de coercition prévues au Chapitre VII.

Le présent article va montrer qu'entre les textes et la réalité, entre les discours et les actes, il y généralement une certaines "distance", quand ce n'est pas carrément inversion des principes. Ainsi la "neutralité" est invoquée pour justifier la non-intervention en faveur de la population palestinienne subissant la colonisation israélienne (après celle de l'Angleterre). À L'opposé le concept "d'ingérence humanitaire" est détourné pour cautionner des agressions visant à étendre des "zones d'influence" en semant un "chaos constructeur" (sic).

Dès le début du 20° siècle le champs politique international/global fut investi et pratiquement approprié par le gouvernement US afin d'imposer sa politique impérialiste. Cependant, depuis la fin du 20° siècle, avec la montée en puissance de la Chine, de la Russie et de l'Inde - États tout aussi oligarchiques que les USA - est en train de se constituer une oligarchie mondiale et cosmopolite, dont les institutions internationales sont à la fois masque pseudo-démocratique et instrument de domination.

Néolibéralisme

Les années 2000 ont été marquées par le développement d'une nouvelle conception du droit, largement promotionnée par le milieu académique. Il s'agit de ce que l'on pourrait appeler un "droit néolibéral", dont deux éléments majeurs sont :

Cette transformation du droit s'inscrit dans le contexte de montée en puissance d'entreprises privées liées aux technologies de l'information ("économie numérique"). Ainsi la valeur boursière des fameux "GAFAM" (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) représente 85% du PIB de la France. On notera que ces sociétés sont issues du même pays, lequel est caractérisé par une forte intrication entre État et grandes sociétés privées (commandes publiques provenant de l'armée US et de la NASA, échanges d'informations avec les services de renseignement, ...).

Enfin il est intéressant de visualiser la chronologie de création des principales organisations internationales :

  1. Organisation des Nations unies (ONU, 1919-->1945) ;
  2. Fonds Monétaire International (FMI, 1944) ;
  3. Organisation Mondiale du Commerce (OMC, 1947-->1995) ;
  4. Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN, 1949) ;
  5. Union européenne (UE, 1950-->1992).

C'est dans leur ordre chronologique de création que nous allons passer en revue ces organisations.

Institutions de "second plan". Il est assez révélateur que l' Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Organisation internationale du travail (OIT) sont beaucoup moins médiatisées que les institutions précitées. Cela s'explique selon nous par le fait que la santé et l'emploi ne sont pas véritablement la priorité des classes dirigeantes : ce qui compte le plus pour elles c'est la préservation de leur domination financière et politique. S'il semble qu'il y ait sur le long terme une amélioration globale des conditions de vie ce n'est pas grâce aux classes dirigeantes mais malgré elles. C'est pourquoi l'instauration de la DD devrait avoir pour effet d'accélérer considérablement cette tendance séculaire.

iiOrganisation des Nations unies (ONU) Haut

Drapeau ONU

L'ONU fut créée en 1945 sous la direction du gouvernement US (président Roosevelt), et remplaça la Société des Nations créée en 1919 par ... le gouvernement US (président Wilson). Le siège de l'ONU est situé à New York.

Les principaux organes constituant l'ONU sont (i) l'Assemblée générale, (ii) le Conseil de sécurité, (iii) le Conseil économique et social, (iv) la Cour internationale de justice. Ceci est l'ordre de présentation officiel (théorique) tel que défini par la Charte des Nations unies. Mais l'ordre d'importance officieux (effectif) est en réalité : Conseil de sécurité, Cour internationale de justice, Assemblée générale, Conseil économique et social :

  1. le Conseil de sécurité est l'organe principal de l'ONU, son pouvoir exécutif, et comprend cinq pays membres permanents (USA, Chine, URSS, France, Royaume-Uni) plus dix pays membres non permanents (tournante de 2 ans) ;

    Liste des membres non-permanents actuels.

  2. la Cour internationale de justice sert en réalité à façonner le droit international en fonction des intérêts respectifs des 5 membres permanents du Conseil de sécurité : de même qu'au niveau des États, l'indépendance du pouvoir judiciaire par rapport au pouvoir exécutif est très relative voire factice ;

    La CIJ ne doit pas être confondue avec la Cour pénale internationale (CPI). La première limite son action juridictionnelle aux seuls États, tandis que la seconde est "mandatée" pour juger des individus ayant commis un génocide, des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou des crimes d'agressions.

  3. l'Assemblée générale fait office de Parlement (pouvoir législatif) et est sous contrôle de Washington qui utilise sa puissance financière, économique et militaire pour forcer la majorité des membres non-permanents à voter selon ses directives (PS : en outre l'Assemblé générale ne se réunit qu'une seule fois par an ...) ;

    Il y a eu certes quelques (rares) cas où une majorité de l'AG a réussi à faire adopter des résolutions contre la volonté de Washington. Lorsque celles-ci n'ont qu'un caractère symbolique le représentant US ne réagit pas, ou mollement. Mais si des résolutions s'avèrent nuisibles « aux intérêts US dans le monde » alors le pouvoir impérial exerce ses "capacités de conviction" pour faire voter une nouvelle résolution annulant la précédente. Enfin, si nécessaire, Washington ne se prive pas de carrément violer les résolutions de l'AG.

  4. enfin la fonction du Conseil économique et social est symbolique, ses compétences étant de fait assumées par le Fonds Monétaire International, l'Organisation Mondiale du Commerce, la Banque Mondiale, l'Organisation mondiale de la santé et l'Organisation Internationale du Travail.
En vérité

Étant donné que la démocratie n'existe véritablement dans aucun pays, L'ONU ne peut-être autre chose qu'une arène dans laquelle les classes dirigeantes des pays membres permanents s'affrontent pour la préservation ou l'expansion de leurs « zones d'influences » respectives.

Ainsi un nombre considérable de conflits "ethniques" dans le monde sont attisés voire provoqués par des États à visée expansionniste. Il s'agit tantôt de se faire la guerre par populations interposées (stratégie de "guerre non-conventionnelle"), tantôt de se donner l'occasion d'intervenir militairement pour « apporter la paix » (stratégie du "pompier pyromane").

Source d'énergie et impérialisme
Sources d'énergie et néo-impérialisme

L'ONU est donc très éloignée d'un "gouvernement mondial démocratique". Quant au G20 et autre G7, qui de façon plus informelle rassemblent les mêmes oligarchies nationales, ils reposent également sur le "modèle" de gouvernance pseudo-démocratique connu sous le nom de "démocratie représentative".

Spectacle médiatique. Les discours pacifistes et moralisateurs des gouvernements en matière de politique internationale cachent en réalité un grand cynisme et une réalité très éloignée de la démocratie : la domination des classes dirigeantes nationales et mondialisées, sociologiquement bien plus proches les unes des autres que de leurs populations respectives qu'elles prétendent "représenter". La mondialisation de la lutte des classes est flagrante.

Oligarchie mondialisée
Duplicité de l'oligarchie mondiale

iiiFonds Monétaire International (FMI) Haut

Logo FMI

Le FMI, qui fut créé en 1944 à l'initiative du gouvernement US (conférence de Bretton Woods), est parfois décrit comme "la Banque centrale des Banques centrales", ce qui est inexact puisque le FMI n'émet pas de monnaie.

La fonction officielle du FMI est d’œuvrer pour la stabilité du système monétaire international, ce qui est infirmé par l'ampleur croissante des récurrentes crises financières (crises des "Sales & Loans" dans les années 1980, crise des "subprimes" dans les années 2000, ...) qu'elle a participé à provoquer en raison de sa collusion avec les banques privées.

En réalité le FMI est un outil de propagande de l'idéologie "libérale" et partant un instrument de prédation économique, cela au bénéfice des grandes entreprises privées (surtout US), et au détriment des États-nations et de leurs PME.

Le piège
des emprunts
à l'étranger

Le capital financier comme instrument de prédation. Pour acheter des produits que l'économie nationale ne produit pas ou pas assez (haute technologie, matières premières, ...) un État doit payer soit dans la devise du pays où il achète ces biens, soit dans la devise d'un pays dont la monnaie est acceptée par des entreprises partout dans le monde (généralement le dollar US). Pour se procurer des devises étrangères un pays doit de préférence être exportateur net de biens/services, et dans le cas contraire (importateur net) il doit alors se résigner à emprunter des devises ... et donc à payer des intérêts. Mais comment va-t-il payer ces intérêts s'il demeure importateur net ? Réponse : par de nouveaux emprunts !

FMI et privatisations. C'est là qu'intervient Le FMI, créé à la fin de la seconde guerre mondiale à l'initiative du gouvernement US. Le FMI accorde des prêts en dollars aux États qui en font la demande, mais en échange il impose aux gouvernements emprunteurs d'appliquer à leur économie un programme dit « plan d'ajustements structurels ». Ce programme fondé sur l'idéologie "libérale" consiste notamment dans la privatisation des biens nationaux et des services publics, et qui plus est, à des prix systématiquement (très) sous-évalués, au bénéfice des grandes sociétés privées (et particulièrement de fonds d'investissement US et britanniques) qui achètent ces entreprises publiques étrangères pour les exploiter à leur profit.

Cette situation est extrêmement perverse car l'appareil d'État US (gouvernement + grandes sociétés) a donc intérêt :

Prêts à intérêts. On voit bien ici que la problématique du prêt à intérêts est fondamentale puisque, comme montré plus haut, le paiement des intérêts peut-être utilisé pour induire l'asservissement et permettre ainsi la prédation des biens de l'emprunteur (État ou particulier). Il est donc logique que le prêt à intérêts constitue un des fondements de conquête économique d'un État impérialiste ou de fonds d'investissement (ceux de l'État impérialiste, à l'instar de Goldman-Sachs, étant généralement étroitement intriqués avec celui-ci).

"Cadeaux" intéressés. Même lorsque les prêts se transforment éventuellement en dons, cela ne change rien à la motivation intéressée du prêteur/donateur car les devises octroyées (en l'occurrence du dollar) ne peuvent de toute façon être utilisées que pour acheter soit des produits US, soit sur le marché international, ce qui permet d'asseoir le dollar comme devise internationale. Le fait que la devise internationale soit une devise nationale (le dollar US) plutôt qu'une devise spécifiquement créée à cet effet introduit un biais favorisant grandement l'État et les entreprises US qui n'ont jamais besoin de se procurer de devise étrangère pour acheter à l'étranger : il leur suffit de payer en dollars !

Sous contrôle US

Création du gouvernement US, le FMI est sous contrôle étroit de Washington, comme le montrent quelques faits révélateurs :

La carotte
et le bâton

À noter le tronc commun que partagent le FMI et l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), notamment la volonté de privatiser ou démanteler les services publics, instruments majeurs de la démocratie (P.S. : il n'est donc pas étonnant que ces deux organisations opèrent en dehors de tout contrôle démocratique réel). Elles se distinguent - en se complétant - par leurs modes d'action respectifs :

ivOrganisation Mondiale du Commerce (OMC) Haut

Logo OMC

Crée en 1947 sous le nom de GATT ("General Agreement on Tariffs and Trade") à l'initiative des USA, l'OMC (1995) a pour fonction d'imposer aux populations le principe d'ouverture des marchés nationaux aux biens, capitaux et travailleurs étrangers. Autrement dit l'OMC vise à interdire toute forme de protectionnisme.

Propagande

La propagande de l'OMC - alimentée par des économistes et des politiciens corrompus ou convertis à la religion des marchés - prétend ainsi promouvoir le développement économique en favorisant les échanges et la concurrence. Cependant la réalité est bien différente ...

Ainsi Joseph Stiglitz - prix Nobel d'économie en 2001 - ne manque jamais de faire remarquer que Washington prône aux autres pays l'interdiction des subventions publiques et des mesures protectionnistes, mais ne se prive pas de financer et protéger les grandes sociétés US. En outre Stiglitz recommande aux gouvernements étrangers de « faire ce que le gouvernement US fait, et non pas ce qu'il dit ».

Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Aux USA, plus que dans toute autre économie "libérale", l'appareil d'État est caractérisé par une étroite intrication entre État et grandes sociétés privées (commandes publiques provenant de l'armée US et de la NASA, échanges d'informations avec les services de renseignement, ...). Par exemple plus de la moitié de la fortune personnelle d'Elon Musk provient de subsides publics généreusement octroyés à ses entreprises privées (Tesla, SolarCity, SpaceX, ...) [source]. Ainsi en 2008 SpaceX fut sauvée de la faillite par la Nasa qui lui accorda un contrat de ravitaillement de la station spatiale internationale d'une valeur de 1,6 milliard de dollars, et cela alors que la technologie russe en matière de ravitaillement spatial est d'un rapport qualité/prix nettement supérieur.

Radicalisation

Peu après la chute de l'URSS en 1989 le changement de dénomination de "GATT" en "OMC" (1995) s'est traduit par une radicalisation de la politique "libérale" de l'OMC, en particulier la privatisation (et donc la gestion non démocratique) :

La politique de l'OMC a en outre pour effet de favoriser (i) le phagocytage des petites entreprises nationales par de grandes sociétés "multinationales" (mais où les fonds d'investissement US et britanniques jouent un rôle prépondérant) et, par conséquent, (ii) l'ampleur de la fraude fiscale (qui est surtout le fait des multinationales). La part de l'augmentation des dettes publiques induite par la diminution des recettes fiscales effectives est donc très influencée par l'action nuisible de l'OMC.

Globalisation

Aujourd'hui l'OMC est au niveau commercial ce que l'ONU est au niveau militaire : un instrument par lequel les classes dirigeantes et les grandes sociétés privées des superpuissances (USA, Chine et Russie) tentent de se partager plus ou moins pacifiquement le marché mondial au détriment des populations des autres pays.

Capitalisme contre libéralisme (4m58s - 2017)

vOrganisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) Haut

Drapeau OTAN

L'OTAN a été créée en 1949 à l'initiative du gouvernement US. Officiellement il s'agissait de prévenir une invasion soviétique en Europe de l'Ouest. Mais cet argument est peu crédible car l'URSS n'a très probablement jamais eu ni la volonté ni la capacité d'envahir militairement l'Europe de l'Ouest. Ainsi le pacte de Varsovie - l'équivalent soviétique de l'OTAN - a été créé six ans après celle-ci. En réalité l'OTAN est le bras armé de la politique impérialiste de Washington, laquelle est fondée sur l'idéologie "libérale".

En suscitant des conflits guerriers partout dans le monde pour étendre et préserver sa zone d'influence, le lobby militaro-industriel se constitue une rente permanente sous la forme de commandes d'armements par le gouvernement US, payées avec l'argent des contribuables US. La victoire dans ces conflits n'est pas nécessairement un objectif : ce qui compte c'est qu'il y ait en permanence de lucratifs conflits guerriers. Enfin autour du noyau militaro-industriel il a y les multinationales US (exploitation minière, construction, pétro-chimie, etc) pour qui les invasions US sont l'occasion d'installer des gouvernements fantoches et de s'approprier ainsi des ressources naturelles et de nouveaux marchés [exemple1, exemple2, exemple3, exemple4].

Citons enfin le jugement porté sur l'OTAN par un observateur particulièrement bien informé, Gabriel Robin, ambassadeur et représentant permanent de la France auprès de l’OTAN et du Conseil de l’Atlantique nord de 1987 à 1993 :

« L’OTAN pollue le paysage international dans toutes les dimensions. (...). Elle complique les rapports avec la Russie, ce qui n’est pas négligeable. Elle complique même le fonctionnement du système international parce que, incapable de signer une convention renonçant au droit d’utiliser la force, l’OTAN ne se conforme pas au droit international. Le non-recours à la force est impossible à l’OTAN car elle est précisément faite pour recourir à la force quand bon lui semble. Elle ne s’en est d’ailleurs pas privée, sans consulter le Conseil de sécurité des Nations unies. Par conséquent, je ne vois pas très bien ce qu’un pays comme la France peut espérer de l’OTAN, une organisation inutile et nuisible, sinon qu’elle disparaisse » [source].

Bataillon Azov

Le bataillon Azov (drapeau du milieu) est un bataillon d’élite de volontaires combattant les séparatistes du Donbas ukrénien. Ce bataillon a été soutenu dès le départ par des organisateurs des manifestations de l'Euromaïdan en faveur de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne et qui se sont déroulées de novembre 2013 à février 2014. Il est financé notamment par l’oligarque Kolomoïski - de double nationalité ukrénienne et israélienne - qui fut nommé après le putsch de février 2014 gouverneur de la riche région de Dniepropietrovsk [source]. Lire ce témoignage concernant le parti Pravyï sektor, un autre mouvement fasciste et atlantiste d'Ukraine favorable à l'UE.

Néocolonialisme et impérialisme

Néocolonialisme. Après la seconde guerre mondiale les colonies occidentales ont accédé à l'indépendance. On peut cependant se demander s'il ne s'agissait pas que d'une indépendance relative, voire factice, dans la mesure où les colons furent remplacés (i) soit par une élite locale formée dans les universités de la métropole et généralement inféodée à "l'ancien" pouvoir colonial, (ii) soit par des seigneurs de guerre discrètement soutenus par lui. Ainsi la "décolonisation" n'aurait été qu'une réorganisation par délégation au sein d'une classe dirigeante en voie de mondialisation, sans changement substantiel au niveau de l'essentiel : l'exploitation des ressources naturelles de "l'ancienne" colonie serait demeurée largement sous contrôle de l'appareil d'État métropolitain (gouvernement + grandes sociétés privées). Ce phénomène est connu sous le nom de « néocolonialisme ».

Françafrique. Une illustration du néocolonialisme est l'usage du franc CFA dans les "anciennes" colonies françaises (on parle plutôt aujourd'hui de "zone d'influence" ...). Ainsi la politique monétaire menées par les gouvernements de ces pays doivent être validées par la Banque de France. L'absence de souveraineté monétaire confirme que le pouvoir colonial a plutôt changé de forme [source1, source2]. Selon les mêmes principes la politique énergétique des néocolonies est également sous contrôle de l'apparail d'État français, via la corruption des élites locales [source - édit. 2014, p. 135 et 145], et si nécessaire l'intervention - officielle ou secrète - de l'armée française [approfondir].

Impérialisme. Avec la globalisation de l'impérialisme US le néocolonialisme se propage selon le principe des poupées russes : à l'issue de la seconde guerre mondiale les métropoles européennes furent elles-mêmes intégrées à l'empire US, devenant ainsi à leur tour des néocolonies. Il n'est pas possible de comprendre le fonctionnement de la géopolitique mondiale actuelle, et partant les politiques "nationales" des États vassaux, sans prendre en considération cet effet "poupées russes" (PS : on notera qu'en Europe il est généralement nié et ignoré par les médias dits "d'information", ce qui biaise profondément leurs analyses politiques et économiques).

Histoire mondiale de la guerre économique (5m51s - 2016)

viUnion européenne (UE) Haut

Drapeau Union européenne
Un projet US

À l'issue de la seconde guerre mondiale les pays d'Europe occidentale furent intégrés à l'empire US, leurs gouvernements respectifs fonctionnant désormais en vassaux de Washington, comme le confirme depuis lors la présence de bases militaires US sur leur territoire national. L'objectif principal du pouvoir impérial fut d'empêcher toute propagation du communisme en Europe de l'ouest, notamment par la conversion de ces pays au modèle US aussi bien en matière économique, politique que culturelle. Cette normalisation fut réalisée en deux étapes : d'abord économique et culturelle (plan Marshall, 1948) puis politique (Union européenne, 1950 --> 1992 : traité de Maastricht).

Le plan Marshall fut présenté comme une aide à la reconstruction de l'Europe de l'ouest, mais en réalité il s'agissait de prendre le contrôle économique de ces pays et d'ouvrir largement leurs marchés aux exportations US [1].

Ensuite le projet d'union économique et politique européenne fut discrètement planifié par Washington [source1, source2, exemple1, exemple2] en collaboration avec des industriels européens [source]. Officiellement la motivation première était de prévenir les guerres intra-européennes, mais officieusement il s'agit d'endiguer la propagation du communisme par l'intégration forcée des populations européennes au "modèle" US. On notera à cet égard que le "traité de Lisbonne" (2007) - clone de la Constitution US - fusionne la politique militaire de l'UE avec celle de l'OTAN, l'extension impériale de l'armée US [source]. Enfin les deux cas connus de "Watergate européen" illustrent bien la véritable nature de l'Union européenne.

Corruption de la classe politique européenne par Washington

Déclaration de Paul Craig Roberts, qui fut Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal :

« Lors de mon doctorat, mon président de thèse, qui est devenu un haut fonctionnaire du Pentagone, en réponse à ma question sur la façon dont Washington a toujours réussi à imposer aux Européens ce que Washington voulait m’a répondu :

Peut-être que cela explique les 50 millions de dollars amassés par Tony Blair en une année ... » [source].

Une régression
anti-démocratique

La société anonyme "Union européenne". Force est de constater qu'en réalité l'UE est dirigée par un conglomérat de grandes sociétés privées ayant attribué à commission européenne la fonction de comité de direction. Celle du parlement européen étant de donner un "look" démocratique à ce système de détournement de fonds publics (cf. le scandale des intérêts de la dette payés aux banques privées, ainsi que leurs récurrents "sauvetages").

Ainsi le pouvoir du parlement européen (pouvoir législatif) - le seul à être élu - est quasiment nul par rapport à celui de la Commission (pouvoir exécutif), laquelle est composée de ministres européens sous l'influence presque exclusive des lobbies industriels [source]. L'UE simule donc autant la démocratie que les régimes prétendument "représentatifs" qui la composent. Pouvait-il d'ailleurs en être autrement ... ?

L'Union européenne, une oligarchie (2m13s - 2015)

En Belgique la classe politique a refusé d'organiser un référendum sur le projet de "Constitution européenne", document truffé de violations flagrantes des principes constitutionnels élémentaires (traité de Rome, 2004). En France, un référendum fut organisé en 2005, qui a rejeté ce projet, mais le gouvernement n'en a pas tenu compte et - contre la volonté démocratique - a quand même transféré à l'UE une partie de sa souveraineté nationale en acceptant le même projet de Constitution mais cette fois sous un nouveau nom (traité de Lisbonne, 2007-9).

L'Union européenne incompatible avec les Constitutions nationales (1m46s - 2016)

Le baron Francis Delpérée est professeur de droit constitutionnel, et parlementaire belge.

Un vecteur
de guerre
atlantiste

Un élément majeur de la propagande de l'UE est l'idée que celle-ci permettrait d'empêcher des conflits guerriers. Or les agressions de la Yougoslavie en 1999 et de la Libye en 2011 par des armées atlantistes de pays de l'UE confirment que celle-ci n'est en rien un facteur de paix, bien au contraire. Ces agressions furent justifiées sous le prétexte fallacieux de "l'intervention humanitaire" suite à des guerres civiles provoquées par la CIA et ses alliés [Yougoslavie : source1, source2, source3 ; Libye : source ; Ukraine : source1, source2, source3], ...

Si la propagande européenne insiste autant sur le thème de la paix c'est justement parce que l'UE est un instrument de guerre militaire et économique ("Impérialisme à l'extérieur, oligarchie à l'intérieur"). L'ordre auquel la propagande européenne fait allusion est en réalité l'idéologie impériale des USA [exemple] et de ses alliés [exemple]. Cette idéologie éradique les cultures et les États européens, accroît les écarts de richesse et simule la démocratie. Les nombreuses railleries exprimées sur les forums suite au prix Nobel de la paix accordé en 2012 à l'UE confirment qu'une partie considérable des populations d'Europe n'est pas dupe. Plusieurs lauréats du Nobel de la paix ont d'ailleurs exprimé leur profond désaccord concernant cette nomination à caractère politique [source].

Enfin la nature atlantiste et donc guerrière de l'UE est confirmée de façon éclatante par l'absence de proposition faite à la Russie de se joindre à l'Union européenne, et au contraire une volonté manifeste de la diaboliser (PS : on notera que par ailleurs l'UE entretient des liens de plus en plus étroits avec l'État raciste et colonialiste d'Israël ...).

taux de participation aux élections européennes

Source : europa.eu

Illégitime et
Impopulaire

Selon l'enquête "IPSOS European Pulse" réalisée en 2014 dans dix pays de l'UE (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Pologne et Suède) l'influence de l'UE est « généralement perçue comme négative dans de nombreux domaines ». Cette enquête ne fait que confirmer une impopularité déjà révélée par le taux de participation aux élections européennes, qui a toujours diminué et est même minoritaire depuis 1999 ! [source].

Une étape

Le projet de "Zone de libre-échange transatlantique" ("Transatlantic Free Trade Agreement", TAFTA) prévue pour 2015 suggère que l'Union européenne n'est qu'une phase intermédiaire vers une Union transatlantique. Celle-ci est présentée comme une "fusion politique entre l'Union européenne et les USA", mais le rapport de force - notamment militaire - implique qu'il s'agit en réalité d'une tentative de conversion totale (économique, politique et culturelle) et définitive des pays européens à la nation US [confirmation].

En résumé la logique de l'Union européenne conduit inévitablement à une régression :

viiVers une Confédération mondiale des États-nations Haut

Nous avons vu que l'ONU sert en réalité aux (classes dirigeantes des) superpuissances (USA, UE, Chine, Russie ...) à se partager le marché mondial au détriment des populations. Pacifiquement si possible, militairement si nécessaire.

Dans ce contexte le projet d'Union transatlantique évoqué plus haut représente non seulement une grave régression culturelle mais aussi une évolution extrêmement dangereuse vers un monde bipolaire Occident-Orient, situation propice à l'explosion d'une guerre mondiale. La logique confrontationnelle de ce projet apparaît de façon flagrante dans le fait que ses partisans voient l'Union transatlantique comme un moyen de "contrer" (sic) la Chine et la Russie. On retombe donc dans une logique de guerre froide, une fois de plus à l'initiative de l'empire US (rappel : c'est le Pacte de Varsovie qui avait été conclu en réponse à la création de l'OTAN, et non l'inverse).

L'alternative que nous proposons à ce projet oligarchique ne s'inscrit pas dans une logique confrontationnelle mais coopérative. Il s'agit de constituer une Confédération des États-nations. Son objet et ses méthodes se résument en quelques principes fondamentaux :

  1. Souveraineté des États-nations : la Confédération ne se situe pas au-dessus mais au côté des États-nations (NB : le préfixe "con" est dérivé du latin "cum", qui signifie "avec").
  2. Coordination et autofinancement : la Confédération assume par le biais d'entreprises publiques confédérales :
    • la coordination des activités internationales (normes, rating, médiation, droit international, ...) ;
    • la gestion des biens confédéraux , notamment :
      • la monnaie confédérale (devise internationale complétant les monnaies nationales), et le système bancaire international (actuellement géré et exploité par des organisations privées telles que SWIFT, la Banque des Règlements Internationaux, le FMI, ...) ;

        Une source importante de revenus pour la Confédération serait constituée par les services bancaires fournis aux entreprises privées des États membres.

      • des eaux internationales et de l'espace (PS : la Constitution de la Confédération devrait stipuler que les armées nationales ne peuvent naviguer dans - ni survoler - les eaux internationales, seule l'armée confédérale y étant autorisée).
  3. Complétude minimale :

    • "complétude" : la Confédération s'implique dans tous les domaines ayant un aspect international (elle a donc vocation à remplacer toutes les institutions internationales) ;
    • "minimale" : ne visant pas à devenir un gouvernement mondial (qui serait l'expression ultime du totalitarisme et de l'uniformisation culturelle) la Confédération s'immisce le moins possible dans les domaines évoqués au point précédent afin de préserver la souveraineté des États-nations notamment en matière de politique économique (budgétaire, monétaire, commerciale), scientifique (enseignement, recherche, développement) et culturelle.
  4. Langue confédérale : la Confédération ne travaille et communique que dans la langue internationale construite (LIC) qui a été choisie comme la langue Confédérale.
  5. Territoire multiple : chaque État cède à la Confédération - de façon définitive et irrévocable - une zone habitable frontalière représentant 0,1% de son territoire national. Il y aurait ainsi une sorte d'État confédéral, mais qui ne se substituerait pas aux autres.
Révolution
populaire
internationale

Pour ne pas être une nouvelle supercherie, à l'image de la démocratie prétendument "représentative" sur laquelle est fondée l'ONU, la Confédération devrait être créée "par la base" au travers d'un processus révolutionnaire populaire et international visant à instaurer dans les États la démocratie directe (telle que définie par nous).

Pour approfondir :

[1] Même en Allemagne la plupart des installations industrielles avaient été épargnées par les bombardements alliés qui avaient surtout visé les populations civiles [source]. La reconstruction des pays européens, déjà en route depuis deux ans, était florissante et n'avait aucunement besoin de "l'aide" de ses tardifs "libérateurs" [NB : les USA et l'Angleterre ne se sont retournés contre le régime nazi qu'à partir de 1942 lorsqu'il apparut que l'armée allemande (i) allait être vaincue sur le front Est par les soviétiques, et (ii) était confrontée en Europe de l'Ouest à des réseaux de résistance de plus en plus efficaces ... et majoritairement composés de communistes]. Le plan Marshall était en réalité un plan d'invasion économique. Ainsi lors de la "négociation" du plan Washington avait notamment imposé aux États "libérés" par l'armée US de projeter chaque année dans les salles de cinéma au moins 30% de films produits à Hollywood [source p. 47]. Ce n'était qu'un début puisqu'aujourd'hui ce taux a plus que doublé !