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democratiedirecte.net

> 4. Stratégie Recommander Imprimer 10 pages màj : 10 juillet 2017

PLAN

  1. Comment réussir une révolution
  2. Principes stratégiques
  3. Construire un système de gestion collective
  1. Contrôle des moyens de production
  2. État d'avancement du projet

i.Comment réussir une révolution Haut

Au début des années 2000 j'ai été actif au sein de la mouvance altermondialiste (Forum Social et ATTAC). Je me suis vite rendu compte que ce mouvement potentiellement révolutionnaire était sous contrôle étroit de l'appareil d'État, via des syndicalistes, salariés d'ONG subsidiées et autres indicateurs [1], tous très actifs au sein du Forum social et d'ATTAC, dont ils constituaient l'essentiel des cadres.

J'eu confirmation de ce contrôle systémique lorsque le sénateur belge Serge Moureaux, qui avait été membre de la commission d'enquête sur les Cellules Communistes Combattantes (années 1980), déclara lors d'une conférence organisée par ATTAC en 2002, que les CCC avaient été infiltrées dès leur création par des indicateurs de la police, de la Sûreté de l'État, et de l'OTAN. Je constatai également que l'action de la police lors des manifestations "anti-capitalistes" consiste systématiquement à inciter les manifestants à la violence (ainsi en 2002 j'ai été témoin d'une action flagrante de provocation où un officier donne instruction à trois policiers harnachés de protections "robocop" de longer les grilles d'un parc occupé par les manifestants afin d'inciter ceux-ci à lancer des projectiles).

Ces expériences m'ont convaincu qu'une réforme radicale de la société a plus de chance de réussir et de perdurer lorsqu'elle est pacifique. Il importe également qu'elle soit construite sur :

  1. un programme composé de quelques principes essentiels (par exemple le partage du pouvoir politique et du pouvoir financier) ;

    Par "essentiels" j'entends le fait que le partage des pouvoirs politique et financier est une condition préalable au traitement efficace de problématiques induites : chômage, dette publique, environnement, flux migratoires, droits des femmes, droits des minorités, ...

  2. une méthodologie bien pensée (par exemple celle développée au chapitre 3).

C'est précisément ce que fait tutmondigo.net. Voilà pourquoi les médias "d'information" ne vous informeront jamais de son existence (sauf éventuellement pour le dénigrer), malgré son originalité et ses bases solides (democratiedirecte.net et allocation-universelle.net). Par contre ces mêmes médias vous informent systématiquement de la création de nouveaux partis politiques entretenant le mythe de la "démocratie représentative". Ils sur-médiatisent également les actions violentes des manifestants "anti-capitalistes".

Lorsque les "révolutionnaires" non organisés n'ont pas de programme et méthodologie connus de tous (ce qui est généralement le cas des anarchistes), ils sont systématiquement instrumentalisés : soit que le pouvoir neutralise leur action, soit qu'un autre pouvoir leur vole leur révolution (cf. révolution française, révolutions oranges, ...).

Dans une révolution le recours à la force n'est éventuellement nécessaire que pour prendre possession des principaux moyens de production (c-à-d les GRANDES entreprises, soit moins de 1% des entreprises, mais quand même deux tiers de l'emploi total). Il s'agit de les nationaliser pour les gérer sous statut de coopératives publiques.

i.Principes stratégiques Haut

Stratégie

La réalisation de la DD implique deux groupes : la classe dirigeante vs le reste de la population. Il s'agit de renverser le rapport de force actuellement en faveur de la classe dirigeante. Cette prise du pouvoir requiert l'application d'une stratégie mûrement réfléchie.

Une stratégie consiste en un plan d'actions prenant en compte les éléments favorables et défavorables du contexte (social, politique, économique, technologique, ...) dans lequel se situe la réalisation du projet. Il s'agit notamment (i) d'évaluer correctement les forces et faiblesses des parties en présence, et (ii) d'anticiper leurs réactions stratégiques.

Cette stratégie devrait selon nous comporter deux étapes successives :

  1. Construire un système de gestion collective concevoir les procédures, et implémenter les infrastructures (réseau) constituant le système de gouvernance ouverte et directe défini au chapitre "2. Objectif" ;

    Le présent projet democratiedirecte.net concerne essentiellement cette première étape. La section "III. Contrôle des moyens de production" de ce chapitre "4. Stratégie" synthétise la problématique de la seconde étape.

  2. Prendre le contrôle des principaux moyens de production (les grandes sociétés, à commencer par les banques, les chaînes de télévision et la presse, le secteur énergétique, les télécommunications et les transports) les salariés des grandes sociétés nationalisent leurs entreprises en se constituant en coopératives publiques.
    • Les grandes sociétés représentent moins de 1% du nombre total d'entreprises enregistrées, et environ 1/3 de l'emploi total. Cependant leur capacité de nuire à un gouvernement populaire est énorme, comme l'illustre la situation du gouvernement Maduro au Venezuela.
    • Une fois la DD installée il pourrait être décidé par référendum si les anciens propriétaires devraient être dédommagés pour la nationalisation de leurs grandes sociétés (l'État pourrait par exemple racheter celles-ci à un certain pourcentage de leur valeur comptable, déterminé via le référendum).

Chronologie

L'émergence d'un mouvement populaire massif en faveur de la nationalisation - intégrale et définitive - des grandes sociétés requiert la disponibilité préalable d'un système permettant leur gestion collective. La population se rend bien compte que la nationalisation des grandes sociétés en coopératives publiques n'au aucun sens si l'on ne dispose pas des moyens pour les gérer efficacement. Il faut donc nécessairement procéder selon la chronologie ci-dessus.

Durée

Enfin, étant donné que le système de DD défini au chapitre 2 représente un changement de paradigme politique sa réalisation exigera :

Dans l'un et l'autre cas il importe d'agir avec méthode. Dans le second cas, si l'on veut éviter de subir le sort de la Libye post-Kadhafi il faut espérer que le présent projet (ou une autre alternative adaptée au 21° siècle ... mais en connaissez-vous ?) sera achevé lorsque le château de carte s'écroulerait [autre exemple]. Nous estimons la durée de réalisation du projet à environ cinq années, en supposant au moins plusieurs centaines de personnes sociologiquement représentatives de l'ensemble de la population, y consacrant au moins 1 heure par jour.

Soit 300 personnes travaillant en moyenne 1 heure par jour pendant 5 ans, cela représente 300*365*5 = 547.000 heures.

ii.Construire un système de gestion collective Haut

Cette étape est l'objet du projet démocratiedirecte. La présente section présente la procédure de création d'un groupe de R&D pour la réalisation du projet, puis précise quelques points pratiques concernant le fonctionnement des groupes.

Groupes R&D

Les groupes R&D ont pour mission de concevoir les procédures puis d'implémenter les infrastructures constituant le système de DD dont les principes de base sont définis au chapitre 2.

Procédure de création d'un groupe R&D :

  1. Lire : Prenez le temps de lire avec attention les chapitres 1 à 4 : Introduction, Objectifs, Méthodologie, Stratégie. NB : cela vous prendra probablement plusieurs jours.
  2. Quel groupe : Une fois que vous êtes sûr d'avoir bien compris le "quoi" et le "comment", déterminez quel groupe vous intéresse. Outre les 750 groupes "R&D" catalogués dans le tableur il y a également les groupes "Gestion" (code 751), "Logistique" (code 752) et "Méthodologie" (code 753) qui pourraient vous intéresser. Le formulaire suivant permet de trouver le groupe R&D de votre choix (NB : pour comprendre sa signification il faut absolument avoir lu le chapitre 3).
    TROUVEZ LE NUMÉRO ET LE SITE OUAIB D'UN GROUPE

    Niveau de pouvoir :

    Type de pouvoir :

    Groupes "standards" :
    ne pas cocher

    Système :

    Phase-systeme :

    Implémentation :

    Phase-projet :

    • Numéro :
    • Site ouaib :
  3. Site ouaib : Créez le site ouaib de votre groupe. Une option évoluée est d'installer un site de travail collaboratif tel que Drupal, MediaWiki ou SPIP. Si vous n'avez pas les compétences pour l'installation (et la maintenance !) d'un site collaboratif une solution provisoire consiste à créer un simple blog (dotclear, wordpress, eklablog, ...) en attendant qu'un webmaster devienne membre de votre groupe. Une fois le site/blog créé communiquez-nous son adresse afin que nous mettions un lien sur son numéro dans le tableur mentionné au point 2 ci-dessus (PS : il importe que ce tableur soit au plus vite hébergé par le groupe Logistique et géré par le groupe Gestion).

  4. Rapport d'existant : La première action de tout groupe R&D consiste à identifier et décrire les points négatifs et positifs du système politique existant, au niveau du domaine correspondant au numéro du groupe (pour les groupes Standards le rapport d'existant concerne les points négatifs et positifs communs à tous les domaines). Chacun des 750 groupes R&D peut donc commencer son activité même si aucun rapport d'existant ou de phase n'a encore été publié par d'autres groupes ! Chaque groupe publie ses rapports sur son site ouaib.
  5. Participants : Avec votre site ouaib et un rapport d'existant (ou du moins une première version) vous aurez d'autant plus facile pour convaincre d'autres personnes de rejoindre votre groupe R&D. En outre la lecture du rapport d'autres groupes vous aidera beaucoup. Vous l'avez compris : il faut que quelques individus entreprenants prennent l'initiative de "lancer la machine". Les plus grands voyages commencent par un premier pas. Faites-le !

INFOS. Si vous avez besoin d'un complément d'informations n'hésitez pas à me contacter.

Dynamique du projet
Au début ...

Dans un premier temps chaque groupe peut travailler indépendamment des autres. Il faut d'abord produire un minimum de concret au niveau de son groupe pour que celui-ci puisse par la suite entrer en dialogue avec d'autres (cf. le rapport d'existant et les rapports de phase évoqués au chapitre 3). Il ne faut donc pas attendre qu'un nombre minimum de groupes existent pour pouvoir commencer à travailler dans quelque groupe que ce soit.

Coordination

La coordination de l'ensemble des groupes R&D se mettra en place naturellement au fur et à mesure qu'augmenteront leur nombre ainsi que la qualité de leur production (rapport d'existant et rapports de phase). La méthodologie proposée permet de documenter et intégrer les travaux éparses et fragmentaires des divers groupes R&D dans une structure logique. Ainsi on peut commencer à travailler à quelques-uns voire tout seul sur une partie même très petite du projet, et avec la garantie que le travail réalisé pourra ultérieurement être connecté avec d'autres et intégré au sein de la structure logique (cf. chapitre "3. Méthodologie > Intégration du travail des groupes").

Leadership

Il importe de faire la distinction entre le site ouaib democratiedirecte.net et le projet démocratiedirecte. L'auteur du site democratiedirecte.net est l'initiateur du projet démocratiedirecte mais celui-ci est réalisé en toute indépendance par les groupes R&D. Il n'y a donc pas de lien de subordination entre les participants au projet et moi-même (initiateur), qui suis plutôt dans la position d'un père qui voit son enfant partir et vivre sa propre vie. C'est pourquoi il importe que le tableur du chapitre 3 - noeud central du projet democratiedirecte - soit au plus vite hébergé par le groupe Logistique et géré par le groupe Gestion (qui devraient également créer un site portail propre --> democratiedirecte.net ne serait plus alors que le site de l'initiateur du projet). Pour approfondir ce point lire "Initialisation de la DD".

iii.Contrôle des moyens de production Haut

La nationalisation des principaux moyens de production (les grandes sociétés, soit moins de 1% des entreprises, et environ 1/3 de l'emploi total) peut se réaliser selon deux voies : les élections et la révolution.

Voie électorale
Révolution

La voie électorale pour nationaliser les principaux moyens de production requiert de trouver un parti politique dont le programme comprend ce point (PS : en connaissez-vous un seul, parti "communiste" compris ... ?). Mais encore faut-il que ses dirigeants - généralement des politiciens professionnels - soient sincères dans leur volonté de saborder le système dont ils profitent, ce qui est peu crédible (cf. la trahison de Mitterrand après son élection en 1981).

Une alternative consiste donc à créer un nouveau parti politique dont le programme comprend la démocratie directe, celle-ci étant également appliquée au sein du parti. C'est ce que nous proposons - dans un mode ludique - avec le parti Tutmondigo ("mondialisation" en espéranto), parti politique international organisé sous la forme d'un jeu en réseau : les participantEs sont groupéEs par pays en équipes linguistiques, et le but du jeu est d'obtenir le meilleur score aux élections (communales, nationales, ...), sur base d'un programme commun. Celui-ci ne comprend que deux points, mais fondamentaux : la démocratie directe (partage du pouvoir politique) et l'allocation universelle (partage du pouvoir financier).

La cause des causes. Par "fondamentaux" nous entendons le fait que le partage des pouvoirs politique et financier est une condition préalable au traitement efficace de problématiques induites : chômage, dette publique, environnement, flux migratoires, droits des minorités, droits des femmes, etc.

Crédible ?

Mais encore faut-il que les chances de victoire électorale existent. Or il semble que le système électoral et celui des partis politiques sont bien "cadenassés" par la classe dirigeante, notamment via le contrôle de l'accès aux médias de masse et le financement des partis. Par conséquent les chances de victoire électorale d'un parti révolutionnaire tel que Tutmondigo sont probablement très faibles voire nulles. Et même à supposer que Tutmondigo réussissent à surmonter ces obstacles, comment un parti dont le programme et l'organisation interne sont fondés sur la démocratie directe pourrait-il participer au système représentatif sans que cela conduise inévitablement à des contradictions qui soit rendent cette participation impossible, soit conduisent le parti à des pratiques contraires à son programme ?

Cependant ...

Même si la possibilité d'instaurer la démocratie directe via le régime "représentatif" est fortement sujette à caution (ceci dit, sait-on jamais ...), il demeure que Tutmondigo participe à :

Tutmondigo n'est qu'un moyen parmi d'autres d'oeuvrer à la réalisation du programme révolutionnaire DD+AU. Celles et ceux qui ne sont pas convaincuEs de l'intérêt de ce parti politique ludique sont invitéEs à s'investir directement dans le présent projet démocratiedirecte.

Voie révolutionnaire
Révolution

Pour être moralement justifiée la révolution DD requiert le soutien d'une majorité de la population non-active dans la révolution. Le nœud de la problématique étant ici de pouvoir certifier qu'il y a bien majorité, ce qui confirme la pertinence de la chronologie évoquée au début de cet article.

Pour être viable la révolution DD requiert la participation d'un nombre suffisant de militaires et policiers. Cette participation peut se limiter au refus de s'opposer à la révolution (désobéissance civile - exemple).

On peut distinguer deux types de révolution DD selon l'origine de l'initiative révolutionnaire : civile ou militaire.

Initiative civile :

initiative militaire. La passivité de la population grecque suggère que l'initiative civile n'est pas prête de se réaliser. Les militaires pourraient par contre être plus motivés par la destruction des États que réalise actuellement l'idéologie libérale. Ils pourraient contraindre le gouvernement et le parlement à ne traiter que les affaires courantes, et mobiliser des forces vives pour réaliser la phase 1. Dans ces conditions, et en utilisant notre méthodologie (cf. chapitre 3), le système de démocratie directe devrait pouvoir être conçu de façon ouverte, et implémenté en trois à cinq ans.

Conditions
de réussite

Contrairement à l'initiative militaire qui peut être le fait d'un groupe d'officiers, l'initiative civile relève d'un processus viral qui pour être efficace doit atteindre une masse critique de participants réunis autour d'un programme concret et limité à l'essentiel. Ainsi la réussite de la révolution anti-oligarchique dépendra de la capacité des populations à :

  1. s'organiser en réseau pour concevoir et implémenter un nouveau système de gouvernance (objet du présent projet) ;
  2. déjouer les intoxications anti-révolutionnaires que le pouvoir propage via ses médias (chaînes de télévision, Facebook, ...) ;
  3. convaincre une majorité des militaires et policiers de soutenir la révolution, ce qui sera d'autant moins difficile que la phase 1 sera bien préparée.

Étude de cas

1919-1920
Bienno Rosso
(Italie)

Entre 1919 et 1920, l'Europe est touchée par une vague de grèves et de manifestations de travailleurs qui revendiquent l'augmentation des salaires et la journée de 8 heures. Les luttes ne se limitent pas aux syndicats : des conseils d'ouvriers armés - créés spontanément sur le modèle des Soviets russes - prennent le pouvoir dans des usines. Leur objectif est l'appropriation et l'autogestion. Il s'agissait donc d'un début de révolution, mais celle-ci échoua en raison d'un manque de stratégie et méthodologie préalables [source].

1936-1938
Front populaire
(France)

À L'issue des élections du 3 mai 1936 le Front populaire (socialistes, radicaux, communistes, ...) obtient 57% des suffrages et 63 % des sièges de la Chambre des députés (PS : le parti communiste est celui qui connaît la plus forte progression, au détriment du parti socialiste qui restait cependant le premier du Front). Les dirigeants des partis politiques et syndicats du Front populaire vont alors être débordés par leurs militants de base (affiliés et non-affiliés, dont un nombre important de femmes), qui occupèrent les usines dans le but de mettre fin à la propriété privée des moyens de production. Apeuré, le patronat va alors faire des concessions allant au-delà de ce que demandaient les partis du Front populaire : augmentation des salaire de 12%, réduction du temps de travail de 48 à 40 heures, congés payés de 2 semaines, conventions collectives ! (accords de Matignon, 8 juin 1936). Malgré ces victoires la base du mouvement ouvrier veut aller plus loin (collectivisation et autogestion) et continue l'occupation des usines. C'est alors que la direction du parti communiste prit position pour briser le mouvement révolutionnaire, qui fut ainsi neutralisé grâce à la puissance organisationnelle du parti.

NB : À l'époque les femmes n'ont pas encore de droit de vote. Celui-ci ne leur sera accordé qu'en 1944. Le vote des femmes aurait-il accru ou au contraire diminué le succès électoral du Front populaire ?

Ce que fut le front populaire (JT 1981, 1m42s)

Le commentaire (août 1936) du journal New-Yorkais World Telegraph reflète la réaction positive de la presse anglosaxone : « Que la France ait opéré une révolution comme celle qu'elle vient de traverser sans verser de sang, voilà qui met une belle plume à son bonnet phrygien. Ainsi la France prouve les États-Unis et l'Angleterre elle une des trois grandes démocraties du monde. Fondamentalement, ce qui est beaucoup plus important, c'est que la France a démontré que les réformes radicales pouvaient s'opérer sans verser de sang. Les nations qui sont encore capables de cette sagesse sont bien peu nombreuses mais elles doivent se féliciter » [source p. 212]. À l'opposé, les principaux journaux français ont combattu le Front populaire et considérablement participé à diviser l'opinion publique (notamment par la calomnie et l’antisémitisme dirigés contre des membres du gouvernement Blum) et à provoquer la chute du gouvernement de Front populaire deux ans après les élections de mai 1936.

Conclusion

Ces faits nous permettent d'établir des principes fondamentaux des "lois de la révolution" :

  1. les dirigeants des syndicats et partis de gauche (communistes compris) sont toujours à la traîne de la base du mouvement révolutionnaire anti-oligarchique, et contribuent à le canaliser - voire à le neutraliser - préservant ainsi le système oligarchique (PS : cela peut s'expliquer par le fait que sociologiquement ces dirigeants sont généralement plus proches de la classe dirigeante que de leur base) ;
  2. la presse, généralement sous contrôle de quelques grandes fortunes - contribue à diviser l'opinion publique et ainsi à empêcher un soutient populaire massif en faveur de la révolution ;
  3. plus la révolution est préparée au niveau de la méthodologie et stratégie, moins le recours à la force armée lui est indispensable pour prendre le pouvoir à la classe dominante ;
  4. plus la révolution se produit simultanément dans un grand nombre de pays, moins elle est difficile à réaliser durablement (effet de masse, alliances stratégiques, ...).

Fondements juridiques de la révolution. Suite au succès du Front populaire Maurice Guérin - cadre régional de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) - déclarait en 1936 : « Nous sommes au carrefour historique où finit un monde et où commence un autre monde. Un nouveau monde appelle nécessairement un nouveau droit. Ce nouveau droit social doit comporter des modifications à l'exercice du droit de propriété comme à l'exercice de l'autorité » [source, p. 114].

iv.État d'avancement de la réalisation du projet Haut

Une culture
à créer

Bien que le taux de fréquentation du présent site augmente constamment le projet démocratiedirecte est encore peu connu, malgré sa démarche innovante le distinguant clairement d'autres projets traitant de DD (définition d'un objectif précis, méthodologie pour le réaliser, ...).

Mais surtout il n'existe pas encore de véritable culture démocratique. Le régime "représentatif" n'en est qu'une simulation, maintenant les citoyens dans l'impuissance et la passivité, et par conséquent dans l'absence de de culture (praxis) politique et économique. C'est l'objectif du présent projet que de construire les bases de cette nouvelle culture, en suscitant réflexions et démarches proactives, pour :

Si cette culture démocratique n'existe pas - ou n'existe que sous une forme simulée - c'est parce toute classe dirigeante vise à neutraliser le risque de développement d'une culture véritablement démocratique, aussi bien dans les régimes "libéraux" (exemple : USA) que "communistes" (exemple : Chine).

Propagande
antirévolutionnaire

Les idées (réellement) séditieuse font systématiquement l'objet d'une répression, notamment sous la forme de campagnes de diffamation contre leurs propagateurs. On notera à cet égard le rôle joué par :

Force est de constater la complémentarité d'action entre gauche institutionnelle et extrême-droite médiatisée dans cette technique de diffamation/intimidation par laquelle la gauche institutionnelle associe implicitement à l'extrême-droite les partisans de la démocratie directe (on pourrait parler de stratégie "de l'enclume et du marteau").

Conclusion

Le pouvoir contre-révolutionnaire et l'ampleur du travail a réaliser ne doivent pas être sous-estimés. La réussite du projet démocratiedirecte requiert d'évaluer correctement l'un et l'autre, sans donner de fausses illusions. N'oublions pas que la révolution française (de la bourgeoisie contre l'aristocratie et l'Église) fut le fruit d'une lente montée en puissance de la bourgeoisie à partir du 15° siècle jusqu'à sa conquête totale du pouvoir au 19° siècle.

Il n'est pas tout à fait exact de dire qu'il s'agit d'un travail "de longue haleine". Il s'agit plutôt d'un travail permanent, quasiment quotidien, mais qui requiert un changement complet de paradigme culturel en matière de praxis politique. Notre concept de substitution du travail politique au travail économique, permis par la robotisation et l'allocation universelle, en est l'expression.

D'autre part le progrès technologique pourrait avoir pour effet d'accélérer la réalisation de la démocratie directe. En outre l'accélération pourrait devenir exponentielle si des événements majeurs (effondrement économique, soulèvements populaires, ...) provoquaient une prise de conscience massive de la nécessité d'agir de façon constructive et efficace pour doter rapidement la société mondiale d'un système de gouvernance adapté à un contexte où le changement devient une constante.

Paul De Grauwe (professeur à la London School of Economics) :
« Les milliardaires contrôlent les entreprises, les médias et la politique, une situation dramatique pour une démocratie. Elle ne pourrait prendre fin qu'en cas de pandémie, de catastrophe, de guerre ou de révolution mondiale. Au XIVe siècle, la peste, par exemple, a provoqué une redistribution des revenus, les survivants ayant soudainement un salaire réel plus élevé. Autre exemple : en Allemagne, la Seconde Guerre mondiale a détruit les gros patrimoines, ce qui a permis de rendre le pays plus démocratique dans les années qui ont suivi » [2017, source].

[1] Une connaissance d'université qui était très actif au sein du parti socialiste belge, du syndicats socialiste FGTB, et responsable d'une section locale d'ATTAC m'a dit avoir transmis à la police la liste des membres de sa section « afin que la police ne les intimides pas » (sic).

[2] Rappelons à cet égard qu'en comparaison avec l'ensemble des pays européens l'économie belge fut particulièrement florissante lorsque l'activité du gouvernement fut limitée aux affaires courantes de juin 2010 à décembre 2011 (soit un an et demi) !

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