Milieu associatif : Cinéma Nova

Un article du dossier "Contrôle social"
màj : 12 oct. 2017
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Introduction

Cinéma Nova

Acteur majeur de l'activité culturelle "alternative" à Bruxelles, "le Nova" est une association bénéficiant d'importants subsides. Avec ses nombreux bénévoles "bobos" cette association au style "underground" se profile comme un acteur libertaire au sein de la mouvance "altermondialiste".

Cependant les faits dont j'ai été témoin lorsque je fus actif au sein du Nova révèlent une réalité très différente de l'image savamment fabriquée par ses dirigeants. Le Nova est une parfaite illustration du contrôle social et de la répression politique exercés par des associations locales subsidiées. La dépendance financière par rapport au financement public joue dans ce phénomène un rôle déterminant. Les pulsions de domination des dirigeants, et de soumission des bénévoles constituent un second facteur, très intriqué avec le premier.

"Underground" ... et subsidié

Véritable pilier de l'activité culturelle "alternative" de Bruxelles, le Nova fonctionne grâce au travail de nombreux bénévoles. Outre les projections de films d'art et d'essai - parfois politiquement engagés (dénonçant notamment les abus du capitalisme et de la société de consommation) - la programmation est enrichie de concerts et conférences-débats sur des sujets variés allant du logiciel libre aux mesures de surveillance policière, en passant par la problématique du logement. Son programme est largement distribué dans les lieux culturels bruxellois. Enfin l'association est très proche du milieu des squatters, ce qui renforce son image "alternative".

Ce sont surtout les activités festives et militantes qui attirent l'essentiel du public du Nova. La plupart des films projetés, s'ils ne sont pas accompagnés de ces activités annexes, n'attirent que peu de public.

Moins de deux ans après sa création en 1997, le cinéma Nova reçut un prix attribué annuellement par la Communauté française "à une personnalité ou organisation œuvrant en faveur du cinéma et de la création audiovisuelle dans le domaine de l'exploitation, de la distribution et de la critique de cinéma". Quant aux grands médias belges (LE SOIR, RTBF, Agenda, ...) ils en font régulièrement une promotion élogieuse. L'association est (très) généreusement financée par les pouvoirs publics, mais la direction est particulièrement discrète sur ce point : le site ouaib du Nova ne publie ni bilan ni compte de résultats annuels ...

Le fichier des sympathisants recevant le programme du Nova comprend plusieurs milliers de personnes, généralement issues de la bourgeoisie autochtone ou européenne. On est donc bien au delà de la simple association de quartier. Le rayonnement du Nova dans les milieux intellectuels est considérable, sa réputation a rapidement dépassé le cadre bruxellois.

Triumvirat

Lorsque en 2003 j'ai présenté devant le comité du cinéma Nova (une douzaine de personnes) ma candidature au poste de gestionnaire financier il m'a été expliqué qu'il n'y avait pas de chefs et que l'association était gérée collectivement. J'ai répondu que, outre l'engagement pour une approche culturelle alternative dans notre société du profit et de la consommation, c'était là précisément une des raisons de mon souhait de participer activement à ce projet.

Cependant, une fois engagé, il ne m'a fallu que quelques semaines pour constater qu'en réalité le Nova était dirigé par trois chefs se considérant implicitement comme propriétaires de l'association. Pour asseoir et préserver leur domination du groupe ceux-ci n'hésitent pas à appliquer des méthodes visant à ostraciser des membres qu'ils considèrent comme des rivaux.

Or il se fait qu'une campagne de diffamation fut menée à cette époque contre ma personne, via le milieu du Nova. Ce qui est hautement révélateur, c'est le contexte dans lequel cette campagne fut organisée, détaillé dans la section suivante.

L'agression par des policiers

Résumé

En 2003, alors que je me rendais à mon lieu de travail (les bureaux du Nova), je fus témoin - puis à mon tour victime - de violences policières injustifiées. Après avoir effectué des recherches sur Internet j'avais alors créé et médiatisé un site ouaib pour dénoncer l'ampleur très sous-estimée du phénomène de violences policières, de fabrication de PV mensongers pour criminaliser les victimes, et d'impunité judiciaire des policiers violents. Mes agresseurs vont alors fabriquer des PV mensongers sur base desquels je subirai un harcèlement judiciaire visant à me faire fermer le site ouaib en question.

Afin de ne pas "perdre le fil" le lecteur est invité à passer le cadre ci-dessous - qui relate en détail mon agression ainsi que ses suites judiciaires - et à le lire une fois arrivé à la fin de l'article.

En juillet 2003, quelques semaines après mon engagement, et alors que je me rendais à mon lieu de travail (les bureaux du Nova), je suis intervenu auprès de policiers - en civil et sans brassards - qui étaient en train de maltraiter deux personnes menottées dans le dos. Les policiers m'ont alors repoussé violemment en me menaçant d'arrestation. J'ai alors exhorté la foule passive à ne pas tolérer les faits de violence sur personnes menottées. Trois policiers m'ont alors chargé, fait tomber brutalement sur le sol, puis battu à coup de matraques rétractables. Pendant mon transfert à pieds vers le commissariat ils m'ont infligé le même sévice qu'aux deux personnes pour lesquelles j'étais intervenu - malgré que je n'opposais aucune résistance - et qui consiste à remonter très haut les bras menottés dans le dos (la douleur provoquée au niveau des épaules - maintenues à la limite du déboîtement - est insoutenable). Une fois dans le commissariat mes agresseurs me poussent dans un couloir isolé où, toujours menotté dans le dos, je suis projeté à plusieurs reprises contre les murs, pendant qu'un des policiers hurle « on est pas des homosexuels, nous, on est pas des petits PD ! ». Enfin, une fois attaché à un banc par les menottes, j'ai vécu diverses provocations hallucinantes.

Délit de sale gueule. Au sein de la bourgeoisie "respectable et bien pensante" les faits rapportés ici paraissent souvent incroyables car très rares sont les personnes issues de ce milieu qui ont personnellement vécu ce type de situation. La raison en est toute simple : les policiers savent que dans ce milieu "on a des relations". Par contre les individus au look "artiste" ou les personnes de couleur peuvent constater quotidiennement avec quelle arrogance et agressivité de nombreux policiers leur adresse la parole. Ainsi lors de mon interrogatoire le commissaire de police a fait une remarque humiliante sur mon look "de plouc" (sic).

Le jour même le médecin de garde de l’hôpital Saint-Pierre a constaté des « contusions des deux avants bras (menottes), contusions musculaires et possible déchirure musculaire au niveau de la face postérieure de la cuisse droite (méthode de mise à terre), excoriations cutanées au niveau du dos (coups de matraque) ». Il a également signé un document attestant d'une incapacité de travail de cinq jours.

Après ma convalescence, je déposai plainte contre ces policiers et ouvris un site ouaib afin de relater ce qui était arrivé. En me documentant sur Internet j'avais en effet découvert un rapport d'Amnesty International sur la Belgique daté de mai 2003 qui confirmait l'ampleur du phénomène de violences policières, de PV mensongers et de protections judiciaires dont bénéficient les policiers violents et faussaires (PS : Combien de condamnations ont-elles été prononcées sur base de PV mensongers ?). Je découvris également que les rapports d'AI sous-estiment l'ampleur du phénomène [1]. C'est pourquoi j'avais complété le site par une base documentaire concernant de nombreux cas bien plus graves que le nôtre, dont des meurtres impunis commis par des policiers dans l'exercice de leur fonction. Je voulais également attirer l'attention sur le fait que les écoles de police belges enseignent des techniques de contrôle physique qui relèvent de la torture.

La fonction de police est d'une importance fondamentale pour la société. C'est pourquoi il importe que les services de police demeurent sous contrôle démocratique, et que les éléments extrémistes en soient exclus. Ceux-ci sont peut-être encore minoritaires, mais ce qui est avéré c'est qu'ils "font la loi" au sein de la police, qu'ils sont protégés par la hiérarchie, et que la justice ne les condamne - quand ils le sont - qu'à des peines symboliques. Ainsi c'est un fait largement connu que l'idéologie d'extrême-droite est rampante au sein de la police de Bruxelles-ville. C'est pourquoi je fis un maximum de publicité pour le site ouaib que j'avais créé à cet effet, et cela au moyen d'une liste de distribution de plusieurs centaines d'adresses e-mail de personnes actives dans les milieux politique, judiciaire, journalistique et associatif, en Belgique et en France. Il s'agissait de dire haut et fort que ces extrémistes, ainsi que les juges et les politiciens qui les protègent, salissent l'institution policière et l'État de droit qu'elle est censée représenter et défendre.

Mes agresseurs ont alors fabriqué des PV mensongers puis déposé plainte contre moi pour rébellion et diffamation. Ma plainte sera classée sans suite par le procureur du roi, malgré un certificat médical attestant des coups. Par contre la plainte des policiers fut jugée recevable malgré qu'elle fut déposée seulement après qu'ils eurent été informés du dépôt de la mienne, et qu'en outre elle était fondée sur des PV qui étaient de façon flagrante truffés de contradictions et d'invraisemblances. De victime je me retrouvai donc sur le banc des accusés !

Mais voici le plus important : par la suite il apparut que le commissaire qui avait coordonné la fabrication des PV mensongers à ma charge venait de faire l'objet d'une procédure judiciaire pour des faits similaires (violence sur détenu et PV mensongers), mais fut acquitté pour « services rendus » (sic) malgré que les faits furent qualifiés lors de son procès ! (La Dernière Heure, 10 juin 2004 - Le Soir, 09 sept. 2004). Il est évident que c'est en réalité pour cette raison que ma plainte fut classée sans suite.

En outre lors du procès j'eus accès au dossier des deux personnes pour lesquelles j'étais intervenu, et constatai qu'ils avaient subis d'autres actes de violence injustifiés au moment de leur arrestation, mais aussi qu'il furent condamnés à douze mois de prison avec sursis pour vol (sur témoignage des mêmes policiers qui ont fabriqué les PV mensongers à ma charge ...). Une avocate ayant eu accès au dossier m'a confirmé qu'il s'agit là d'une peine extrêmement lourde au regard des faits allégués, et d'autant plus que leur casier judiciaire était vierge et qu'ils n'ont pas commis d'actes de violence (à titre de comparaison, douze mois avec sursis c'est la "peine" dont on bénéficié les gendarmes qui en 1998 ont étouffé à mort Semira Adamu ...).

J'ai assumé moi-même ma défense dans un procès dont les quatre séances se répartirent sur une période de près de deux ans (j'avais contraint la première juge à se faire remplacer en raison de son comportement insultant, connu de tout le barreau de Bruxelles). Ce procès fut extrêmement stressant, et d'autant plus qu'une campagne de diffamation fut menée contre ma personne pendant cette période (cf. plus loin : le coup du film). Il en a résulté un profond burn-out dont je ne sortirai qu'en 2007. Ce harcèlement judiciaire fut cependant l'occasion de constater la collusion entre appareils judiciaire et policier, que je dénonçai durant mon procès par une grève de la faim de 25 jours. J'obtins l'acquittement en 2005 (PS : j'avais heureusement démis de ses fonctions mon avocate pro deo [2] suite à son comportement extrêmement ambigu, qui n'est sans doute pas étranger au fait que par un très surprenant hasard c'est elle-même qui avait assuré la "défense" catastrophique des deux personnes en faveur desquelles j'étais intervenu auprès des policiers !). Mes agresseurs et calomniateurs sont quant à eux restés impunis ... une fois de plus.

Surprenante accusation

Pour qui connaît la réputation "alternative" du cinéma Nova on pourrait s'attendre à ce que ses membres me soutiennent dans mon action contre la violence et les manipulations policières. Pourtant dès mon retour après une semaine de convalescence [3], une des trois chefs du Nova m'accusera devant d'autres membres du Nova d'avoir « provoqué les policiers » (sic), ajoutant que cette version des faits est d'autant plus crédible qu'elle lui a été communiquée (pendant ma convalescence !) par B.W., un "ami" (sic) commun, et vidéaste amateur dont les créations sont régulièrement présentées au Nova.

Étrangement, cette administratrice du cinéma Nova ne fut pas le moins du monde intriguée par le fait que cet "ami" tienne de tels propos auprès de mon employeur, en mon absence, et alors qu'il n'a pas assisté aux faits. Cela a son importance car nous verrons plus loin (i) que B.W. - personnalité double et extrêmement manipulatrice - joue un rôle déterminant dans la campagne de diffamation contre ma personne, et (ii) qu'il y a eu une connivence flagrante entre les trois chefs du Nova et B.W. pour nuire à ma personne.

Suivisme. Je constatai également l'incroyable suivisme des bénévoles du Nova vis-à-vis des trois chefs. J'y reviendrai plus loin dans cet article.

Démission

Ces accusations selon lesquelles j'aurais provoqué mes agresseurs [4] faisaient suite à un autre incident qui eut lieu quelques semaines avant mon agression : l'humiliation publique d'une bénévole par un autre des trois chefs lors d'une activité à Paris (printemps 2003). Plusieurs témoins outrés m'avaient rapporté les faits (je n'étais pas présent) mais sans oser évoquer cet incident lors de la réunion hebdomadaire du comité. J'ai donc pris l'initiative de le faire, mais il a suffit au chef en question de dire qu'il n'avait pas le temps de discuter ce sujet car il y en avait d'autres plus urgents, et qu'il devait partir avant la fin de la réunion en raison d'un emploi du temps très chargé. Personne n'a moufté, sujet suivant ...

À partir de ce jour les trois dirigeants du Nova vont alors me percevoir comme une menace pour leur statut de leaders. Dans ce contexte les accusations de provocation de mes agresseurs avaient clairement pour objectif de me pousser à quitter l'association.

Deux semaines plus tard, à l'occasion d'un troisième incident confirmant la volonté du triumvirat de nuire à ma personne, j'ai expliqué devant le comité que j'estimais avoir été trompé sur la marchandise lors de mon engagement et que par conséquent je quittais l'association. Mais ce n'est pas tout : j'avais également dit à plusieurs personnes actives au sein du Nova être disposé à reprendre mes fonctions pour autant que les trois chefs présentent leur démission de leur statut d'administrateurs, ou qu'ils en soient virés par le vote d'une majorité des membres de l'association ...

Le coup du film

De nouvelles accusations diffamatoires vont alors être propagées ‐ toujours via le milieu du cinéma Nova ‐ selon lesquelles je me serais procuré la copie d'une vidéo ne m'appartenant pas, pour la présenter sous mon nom à une exposition de vidéos amateurs ayant eu lieu à Paris ! De plus il ne s'agit pas que de ragots : il y a carrément eu usurpation d'identité dans le but de nuire gravement à ma réputation (PS : d'après les informations partielles que j'ai pu collecter, il semble que cette exposition de vidéos était en fait une action de marketing organisée par un fabriquant d'imprimantes, à qui il suffisait d'envoyer une vidéo par la poste ou Internet).

Et ce n'est pas tout : la personne qui a "découvert" le film à cette exposition n'est autre que ... B.W. ! Celui-là même qui quelques mois plus tôt m"avait accusé auprès de mon d'employeur d'avoir provoqué les policiers (NB : pour aller visiter cette exposition de vidéos il s'est fait accompagné d'un de ses locataires, qui a ainsi pu servir à propager la nouvelle de leur "découverte").

Ces faits eurent lieu durant la période du long procès évoqué dans le cadre ci-dessus. Se pose alors la question de savoir ce qui a motivé le ou les auteurs de ce sale coup. S'agit-il d'une vengeance des chefs du Nova suite à mon appel à leur destitution ? Ou bien d'autres personnes ont-elles voulu me décridibiliser afin de saper toute forme de soutien à l'action médiatique que je menais alors contre le système policier et judiciaire ?

A noter que B.W. - qui était une relation de voisinage - avait par le passé fréquenté un café connu pour être un lieu de rencontre de sympathisants de l'extrême-droite, dont des policiers. Il dit avoir fréquenté ce milieu « par curiosité intellectuelle » (sic). Cependant les faits évoqués ici suggèrent que c'est plutôt dans le milieu de l'extrême droite que cette personnalité double ne simule pas ses relations "d'amitié" [5].

Les dirigeants du cinéma Nova ont laissé sans réponse un courrier recommandé que je leur avais adressé pour en savoir plus au sujet de cette affaire (Qui est le réalisateur du film ? Comment selon mes calomniateurs m'en serais-je procuré une copie ?).

Les fidèles du Nova

Cinéma Nova

Peu après ma démission il m'a été confié par une vidéaste très liée au Nova depuis sa création que ma mésaventure était prévisible en raison du caractère affirmé de ma personnalité, ce qui selon cette personne est incompatible avec la volonté de domination des trois chefs. C'est pourquoi quelques mois plus tôt elle m'avait déconseillé de présenter ma candidature à l'offre d'emploi pour cette fonction de gestionnaire financier. Malheureusement je ne l'avais pas crue, car comme beaucoup j'étais aveuglé par l'image très positive que les dirigeants du Nova ont réussi a fabriqué autour de cette association.

Selon cette source très proche du Nova il y avait donc déjà eu des précédents, confirmant qu'une sélection est constamment opérée - notamment par des coups tordus - afin de pousser hors du noyau des membres actifs tout individu ne faisant pas allégeance aux dirigeants.

Malgré que ces méthodes sont la négation même des principes éthiques et humanistes dont l'association se pare, les "fidèles" du cinéma Nova estiment qu'ils ont plus à perdre qu'à y gagner en les dénonçant. Cela peut s'expliquer par le fait que la motivation première de nombreux bénévoles relève moins de l'activisme engagé que du désir d'appartenir à un groupe et de se faire des amis. Et puis, outre les simples bénévoles, il y a les nombreux artistes (vidéastes, musiciens, plasticiens, ...) pour qui le Nova est l'occasion de se faire connaître voire de prester contre rémunération.

Omerta. Cela explique la "loi du silence" à laquelle je fus confronté lors de mon enquête pour en savoir plus sur le coup du film évoqué plus haut.

Ainsi la direction du cinéma Nova s'est entourée d'une cour de plusieurs centaines de personnes, effectivement très "fidèles". Le suivisme de cette cour nombreuse confère aux chefs du Nova un pouvoir d'influence considérable sur les milieux associatif et culturel de la capitale belge.

Suivisme. Voir l'article Wikipédia fr.wikipedia.org/wiki/Influence_sociale.

Les ennemis du Nova

Quelle ne fut pas ma surprise, lors de mes premiers jours dans le noyau du cinéma Nova, d'entendre évoquer, par un des trois dirigeants, les « ennemis du Nova ». Étant donné que j'avais, comme beaucoup, une vision idyllique de cette association je ne m'imaginais pas qu'elle puisse avoir des ennemis. Les faits relatés dans le présent article font cependant comprendre que les raisons de ces inimitiés sont également celles de leur discrétion : les chefs de cette association sont prêts à aller très loin pour préserver leur domination du groupe, de sorte que s'opposer à eux c'est prendre des risques considérables, et cela d'autant plus que le Nova bénéficie de solides soutiens auprès de l'establishment politique de la "capitale de l'Europe".

Conclusion

Comprendre

Le stress provoqué par le long procès (4 séances réparties sur 2003 à 2005), plus les effets dévastateurs de la campagne de diffamation menée contre ma personne durant cette même période, tout cela aura pour effet de me plonger dans un profond burn-out, dont je ne sortirai que quelques années plus tard. Le présent article est aussi une tentative de comprendre les motivations des personnes qui pourraient être impliquées - activement ou passivement - dans la campagne de calomnie dont je fus l'objet.

Appropriation
existentielle

Le triumvirat qui dirige le cinéma Nova depuis sa création considère cette association comme sa propriété. D'autre part le statut social des trois chefs est fondé essentiellement voire - pour deux d'entre eux - exclusivement sur cette association. Il en résulte que toute personne que les chefs du Nova considèrent comme un rival constitue pour eux une menace quasiment existentielle. Cela explique pourquoi ils sont prêts à aller très loin pour préserver leur "bien" contre tout risque de réappropriation par les membres de l'association (une véritable gestion collective).

Mais la personnalité - dominatrice et extrêmement ambivalente - des dirigeants du Nova n'explique pas tout ...

Milieu
associatif

Le cas du cinéma Nova n'est pas du tout particulier. Comme le confirment les deux autres études de cas consacrées au milieu associatif ma mésaventure dans cette association n'est qu'une illustration d'un phénomène aussi étendu que sous-estimé : le rôle de la "gauche" institutionnelle - c-à-d l'establishment "gauchiste" composé d'associations subsidiées (partis politiques, syndicats, ONG, associations culturelles, ...) - comme faire-valoir et vecteur de campagnes de dénigrement voire de diffamation à l'encontre d'individus ou organisations promouvant la démocratie directe ou/et l'anti-impérialisme.

"Syria-bashing". En 2017 le Nova a organisé une programmation de films diabolisant le "régime" (sic) syrien [source]. Rappelons que selon un rapport interne de l'OTAN datant de 2013, 70% des Syriens soutiennent Assad, 20% se disent neutres, et seulement 10% soutiennent les "rebelles" et leurs alliés atlantistes [source]. Et si l'on retire de ces 10% le nombre considérable des mercenaires "islamistes" discrètement soutenus (et faussement combattus par les pays atlantistes et leurs alliés : exemple1, exemple2), il en résulte que les syriens réellement opposés à Assad constituent une infime minorité de la population. Dans ce contexte la programmation du cinéma Nova dénigrant le "régime" syrien, reproduit exactement la propagande atlantiste dont les médias nous submergent quotidiennement.

François Jortay

[1] Malgré que mon dossier était bien documenté, AI a refusé d'en prendre considération, sous le surprenant prétexte qu'AI ne traiterait que des « plaintes collectives » (???). Les abus commis par des policiers ne sont donc pas tous portés à la connaissance du public. Les grands journaux et les JT en parlent parfois, mais pas aussi systématiquement que pour des "agressions de policiers", dont on peu d'ailleurs douter qu'elles soient toujours réelles étant donné - outre les PV mensongers - que les policiers sont armés, formés aux techniques de combat, et rarement isolés. Nombre de faits de violence policière n'arrivent pas à être publiés au-delà du journal de quartier. Ainsi c'est par un de ces journaux réalisés par des bénévoles que j'ai appris le cas d'un père de famille d'origine nord-africaine qui, voulant échapper à une arrestation pour ébriété (il sortait d'un café en titubant), tenta de s'enfuir en courant mais fut abattu d'une balle dans le dos !).

[2] L'aide juridique pro deo - modifiée par le gouvernement belge en 2013 (notamment, l'expression pro deo n'est plus utilisée officiellement) - permettait à des personnes sans emploi ou à bas revenus d'obtenir gratuitement les services d'un avocat désigné par le pouvoir judiciaire.

[3] Il s'agissait surtout de souffler un peu après le choc émotionnel, plus qu'en raison de l'intense douleur à l'arrière de la cuisse résultant de la méthode de mise à terre appliquée par les policiers, ou des courbatures au dos provoquées par les coups de matraque rétractable. Je pouvais certes encore marcher (lentement), mais les douleurs ne se sont complètement dissipées qu'après une dizaine de jours.

[4] On notera que c'est selon ce même principe crapuleux que des femmes violées se voient souvent accusées d'avoir "provoqué leurs agresseurs".

[5] Pour être complet il me faut mentionner la possibilité d'un scénario d'une toute autre nature. Quelques mois avant les accusations de provocation des policiers, et le coup du film, j'avais découvert par hasard - suite à une imprudence commise par la compagne de B.W. - qu'une gravure que j'avais achetée à celle-ci, et qu'elle avait exposée comme création personnelle dans une galerie bruxelloise, était en réalité la reproduction exacte d'une gravure d'un autre artiste, et non pas "inspirée de" comme elle m'avait dit lorsque je lui ai donné l'argent pour cette oeuvre que je croyais à ce moment être originale (puisqu'elle avait été exposée comme telle). D'autre part ce couple avait exprimé auprès d'une connaissance commune (M.V.) son exaspération de me voir publier mes créations vidéos sur mon site ouaib, alors que je débutais à peine dans la création artistique (« De quoi se mêle-t-il ! » ... sic). Tout pourrait donc avoir été le fait de ce couple, capable de simuler des relations d'amitié, et peut-être motivé par la vengeance et la jalousie. Il demeure cependant qu'il y a eu collaboration flagrante dans le chef de la direction du Nova pour (i) crédibiliser et propager les accusations de provocation des policiers, et (ii) protéger le ou les auteurs du coup du film en ne répondant pas au courrier que je leur avais envoyé pour en savoir plus sur cette histoire abracadabrante.
Enfin concernant la personnalité très ambivalente de B.W. j'en termine avec le fait suivant. Lors d'une réunion d'amis chez eux je remarquai que B.W. avait déposé discrètement un caméscope, orienté dans notre direction. Je demandai pourquoi le voyant de l'enregistreur était allumé, ce à quoi B.W. répondit nonchalamment qu'il filmait "juste comme ça". Une question vient alors à l'esprit : B.W. - qui par ailleurs ne se laissait jamais filmer ou photographier - filmait-il souvent ses amis à leur insu ? (PS : À noter d'autre part qu'un an auparavant B.W. m'avait proposé d'être le personnage d'une de ses vidéos qui serait tournée sous la forme d'un reportage. J'avais d'abord accepté mais après quelques séances de tournage je suis revenu sur ma décision car je m'étais entre-temps remémoré des propos qu'il avait tenu concernant l'émission Strip Tease de la RTBF. Il avait souligné que l'on peut considérablement "orienter" voire même transformer le message d'un reportage rien que par son montage, et que les personnages de Strip Tease y sont souvent ridiculisés ...).

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