Contexte économique et politique

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Màj : 6 juin 2019 – # pages A4 : 23

Prendre de la hauteur

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Nous tentons ici de synthétiser les grandes tendances qui ont marqué l'histoire économique et politique des dernières décennies, et d'identifier les forces en présence. Nous en tirerons les premières conclusions principales.

Cela est un préalable nécessaire à une bonne compréhension de la problématique de la démocratie directe, dont la réalisation devrait être conçue dans une approche à la fois locale et globale.

Contexte économique

Mondialisation

Le développement rapide des moyens de transport et de communication (⇑ réseau, ⇑ vitesse, ⇑ volume, ⇓ coût) a stimulé la mobilité des facteurs de production – capital (finance et technologie) et travail (flux migratoires) – et partant le commerce international.

Cela s'est traduit par une transnationalisation des grandes entreprises privées, sous la forme de délocalisations et de fusions & acquisitions. Cette transnationalisation :

  • s'inscrit dans un contexte idéologique "libéral" considérant que le libre échange n'a que des avantages et ne doit donc être soumis à aucune contrainte ;

  • exploite la faiblesse du droit international, dont la particularité par rapport au droit national est de ne pas être complété par des pouvoirs exécutif et législatif transnationaux (et démocratiques) pouvant sanctionner de façon crédible sa non-application (il n'existe pas d'État mondial, ni de Confédération mondiale).

La nature débridée de cette mondialisation induit de nombreux effets pervers :

  • Instabilité financière. Grâce au développement des télécommunications et de la monnaie électronique le capital financier est devenu beaucoup plus mobile que le capital non financier et que le travail (il est nettement moins coûteux de transférer une somme d'argent de l'autre côté de la planète qu'une machine ou un humain). Cela a contribué au développement massif de la sphère financière par rapport à la sphère réelle, rendant ainsi le système économique international beaucoup plus instable. Cette instabilité résulte des bulles spéculatives mais également de la concomitante propension du capital financier à se déplacer massivement et brusquement sur toute la planète.

  • dumping fiscal --> baisse des recettes publiques --> hausse des dettes publiques ;

  • dumping social --> précarisation du salariat (remplacement de CDI par des CDD, généralement moins rémunérés, plus stressants et sans perspective de carrière) ;

  • dumping environnemental --> non réalisation des objectifs de limitation d'émission de CO2 ;

  • délocalisation industrielle vers des pays à bas salaires et faible réglementation environnementale, alors que dans les pays en développement les travailleurs les plus jeunes ou les mieux formés préfèrent l'émigration vers les pays développés (ce qui y accentue la précarisation du travail par une pression à la baisse des salaires et le remplacement de CDI par des CDD) ;

  • évincement des petits commerces locaux par des grandes entreprises transnationales --> appauvrissement de nombreux petits entrepreneurs.

Technologisation

Grâce à des innovations technologiques telles que les marchés bifaces ou la robotisation augmentée par l'intelligence artificielle, le rapport qualité/prix de nombreux produits ou services s'améliore de façon substantielle.

Ainsi les délocalisations évoquées plus hauts n'expriment pas seulement une désindustrialisation, mais aussi une transformation de la structure productive nationale vers des activités à plus haute valeur ajoutée. Le graphique suivant montre une tendance baissière de la production de l'industrie manufacturière en France (-7 % entre 2000 et 2017, soit -0,5 % par an en moyenne) mais une hausse de la valeur ajoutée par cette même industrie.

Production = biens intermédiaires + valeur ajoutée. Si plus de biens intermédiaires proviennent de l'étranger, cela se traduit par une dégradation du solde de la balance commerciale des biens manufacturés. Mais la désindustrialisation s'accompagne aussi du développement du secteur des services dans l'économie nationale.

Cependant cette évolution provoque également une précarisation structurelle du travail. Les nouvelles technologies créent certes de nouveaux emplois (surtout dans les services), et parfois plus que les emplois devenus obsolètes. Mais ceux qui ont perdu leur emploi (surtout dans l'industrie manufacturière) sont rarement ceux qui en trouvent un dans les nouvelles technologies. Et quand par chance ils retrouvent du travail c'est souvent sous CDD, qui sont des emplois généralement moins rémunérés, plus stressants et avec une moindre perspective de carrière que le CDI. Ainsi une minorité de la population s'enrichit tandis qu'une majorité s'appauvrit relativement. Cette dégradation est invisible au regard du seul PIB par habitant (qui n'est qu'une moyenne).

Les dix plus grandes entreprises du monde en terme de capitalisation boursière (NB : toutes technologiques et états-uniennes ...) sont cependant des naines en terme d'emplois. Ainsi les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) emploient à elles quatre moins de salariés que la seule société Volkswagen ! [source].

En outre, avec l'accélération du développement scientifique et technologique, la durée de vie d'un nombre croissant d'innovations est inférieur à la durée de vie professionnelle (ce qui n'était généralement pas le cas aux 19° et 20° siècles) accélérant et accentuant ainsi le phénomène de déclassification des travailleurs, même dans le secteur des services.

Chômage très sous-évalué. La méthode de calcul des taux de chômage les plus publiés ne comptabilise pas les emplois à temps partiel sans équivalent temps plein. Aux USA le taux incluant le chômage caché, telle que défini et mesuré par shadowstats.com, serait plus de quatre fois supérieur au taux de chômage officiel le plus publié : plus de 20% au lieu d'environ 5% ! [source].

Union européenne (économie)

Alors que depuis le début des années 1980 le gouvernement chinois a partiellement "libéralisé" l'économie tout en préservant des entreprises publiques et un contrôle centralisé (économie mixte), en Europe les gouvernements de l'UE se sont par contre engagés dans une libéralisation intégrale de l'économie (néolibéralisme) consistant à brider toute possibilité d'action des États membres en matière de :

  • politique budgétaire (critères de Maastricht) ;
  • politique monétaire (union monétaire).

Il en résulte une incapacité des États membres de l'UE à assumer leurs fonctions productives et redistributives. C'est là une absurdité économique, qui s'explique par la prégnance de l'idéologie libérale constituant le fondement des traités de l'UE. Ainsi entre 2000 et 2016, alors que le PIB/hab de la Chine connaît un taux de croissance annuel moyen de 8,9%, l'UE "stagne" à 0,7% par an !

Évolutions relatives du PIB par habitant

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Source : OCDE

Alors que le PIB/hab chinois représentait 11% du PIB/hab européen en 2000, ce pourcentage était de 37% en 2016. Si sa croissance exponentielle se poursuit au même rythme, le PIB/hab chinois dépassera le niveau européen en ... 2027 !

PIB par habitant (USD)

PIB-par-hab-Chine-UE-2.png

Source : OCDE

Petit débat sur R2 : statistiques.forumpro.fr/coefficient-de-determination-et-regression-non-lineaire

Union
monétaire

L'union monétaire (instaurée en 2000) supprime de facto toute possibilité d'ajustement de taux de change entre pays membres, de sorte que les déséquilibres des balances commerciales induits par l'hétérogénéité des pays membres (surplus au nord, déficits au sud) ne peuvent plus être résorbés que par des "dévaluations internes" (baisse des salaires et des dépenses de SS).

Les pays dont la monnaie avaient connu avant l'union monétaire de récurrentes dévaluations ont certes bénéficié d'une prime de risque inférieure sur le taux d'intérêt des emprunts d'État. Mais, comme confirmé par les faits, il s'agit d'un cadeau empoisonné car le change variable est préférable au change fixe (ce qui est le cas entre les pays membres d'une union monétaire) [approfondir].

De la non pertinence des unions monétaires (0m43s - 2017)

Extrait d'une conférence de Mario Telò, professeur de relations internationale et spécialiste de l'Union européenne, présentée à l'Académie royale de Belgique en 2017.

Critères de
Maastricht

Lors des négociations préalables à la création de l'Union monétaire européenne, l'Allemagne a obtenu en échange de son renoncement à une politique monétaire indépendante, et pour éviter de devoir venir en aide à des pays de la zone euro, que toutes les politiques budgétaires nationales de l'Union soient également contingentées. Ce sont les critères de convergence du Traité Maastricht, règles sans aucun fondement scientifique, incitant les États membres à maintenir leur dette publique en dessous de 60% du PIB.

La contrainte des critères de convergence est en outre incompatible avec la fonction contracyclique du déficit budgétaire, à savoir en période de récession, la stabilisation automatique de la demande via les dépenses de chômage et la baisse des recettes fiscales. En pratique les critères de Maastricht ne sont certes effectivement contraignants que lorsque les pays en défaut sollicitent une aide financière à l'ensemble des pays membres (lesquels vont alors la conditionner). Mais ils sont ainsi instrumentalisés pour "justifier" une politique économique néolibérale : trahis par leurs gouvernements, les États sont progressivement dépecés par privatisation des entreprises publiques (poste, chemins de fer, banques publiques, ...) et même des services publics (enseignement, soins de santé, sécurité sociale, justice, police, armée, ...), tous étant considérés "nécessairement" mieux gérés par une entreprise privée, et cela au bénéfice de la collectivité. Or non, les entreprises privées ne placent pas l'intérêt collectif avant leur intérêt privé, comme en témoigne la crise de 2008 et le chantage au risque systémique exercé par les banquiers pourris.

La stratégie de l'UE pour tuer les entreprises publiques du service public c'est de réduire progressivement leur financement public afin de rendre impossible les conditions de travail ⇒ dégrader la qualité des services ⇒ pousser les citoyens vers des entreprises privées plus chères [France : L'hôpital public au bord de la crise de nerfs ; Belgique : Hôpitaux publics bruxellois: le ras-le-bol des blouses blanches].

Le caractère anti-démocratique des privatisations est confirmé par une étude de Ernst & Young, montrant que sur l'ensemble de la planète les populations sont généralement satisfaites des entreprises publiques, et qu'elles les apprécient mieux que les entreprises privées [source].

Ainsi L'effet négatif des dévaluations internes sur la demande est accentué par l'effet négatif des critères de convergence sur l'offre de biens et services.

L'échec
programmé

Dans un article publié par l'Association britannique du droit constitutionnel, Danny Nicol, professeur de droit public à l’université de Westminster montre que le biais idéologique du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne en faveur de l'idéologie libérale (*) a notamment pour effet de criminaliser toute politique collectiviste [source].

(*) On notera en particulier des articles pouvant être invoqués pour interdire des monopoles d'État (article 106), des aides publiques (article 107), ou encore des entraves aux délocalisations et même à la fraude fiscale ! (article 63) [source].

Résultat : faiblesse de la demande dans les pays du sud l'UE, s'ajoutant au délitement de l'offre (désindustrialisation ) par les délocalisations vers les pays asiatiques, de sorte que les économies du sud de l'UE sont englués dans une léthargie économique.

Voici les statistiques économiques – sans appel – qui montrent que l'UE, et encore plus l'union monétaire, nuisent au développement économique.

La colonne B du tableau suivant montre que sur la période 2000-2018 le taux de croissance annuel moyen du PIB des trois pays non membres de l'UE (Islande, Norvège, Suisse) fut de 2,3% contre seulement 1,6% dans l'UE (et 1,4% dans la zone euro !). La colonne C montre que le taux de chômage moyen des pays non membres était de 3,8% fin 2018, contre 6,6% pour les pays membres de l'UE (7,9% dans la zone euro !). Enfin colonne D : durant la période 2007-2017 le solde public annuel fut en moyenne en surplus (3%) dans les trois pays non membres tandis qu'il fut en moyenne en déficit (-3,1%) dans les pays membres.

Indicateurs économiques européens

europe-indicateurs.png

Tableur et sources

Causalité. S'il existe un lien direct ⇑ croissance ⇒ ⇓ chômage ⇒ ⇑ solde public, la relation inverse n'est (i) pas directe et (ii) peut-être pas de même signe. Pour approfondir ces mécanismes voir notre article sur la dette publique. Notons déjà ici que les trois pays non membres de l'UE ont en commun deux particularités qui déterminent considérablement l'efficacité de la politique budgétaire : petite taille et démocratie très développée.

Changement climatique

L'idéologie libérale dominante prônant la suppression de toute politique industrielle publique via des entreprises publiques (et cela même au sein des partis politiques prétendument "socialistes" et "écologistes"), il en résulte une incapacité à réaliser suffisamment rapidement la transition vers des énergies et technologies à faible taux d'émission de gaz à effet de serre. En effet les entreprises privées étant motivées par la maximisation des bénéfices à court terme, c-à-d pendant la vie de leurs propriétaires, ceux-ci ne sont pas disposés à réaliser des investissements qui ne porteront leurs fruits qu'après leur mort, et surtout qui ne seront peut-être rentables que d'un point de vue collectif.

D'autre part l'écologie politique c-à-d l'écologie en tant qu'idéologie plutôt que science nuit à la transition énergétique : en abandonnant le nucléaire comme le revendiquent les écolos nous abandonnons le moyen de réaliser la transition énergétique [approfondir].

Démographie

Explosion
en Afrique

L'Afrique subsaharienne connaît une très forte croissance démographie qui, renforcée par le réchauffement climatique et des troubles politiques, génère des mouvements migratoires, notamment vers l'Europe.

Évolution et prévision de la population en Chine, Afrique et Europe

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Source : ONU in senat.fr (2013). NB : il convient d'interpréter avec prudence les prévisions en matière démographique, qui ont une forte propension à accélérer et amplifier les mouvements observés ex post.

Cette situation provoque deux types de réaction dans les pays européens :

  • d'une part une progression de mouvements politiques prônant une limitation des flux migratoires afin de protéger les salaires (gauche) et les cultures nationales (droite) [exemple] ;
  • d'autre part le patronat est favorable à une politique d'immigration proactive visant à (i) neutraliser le vieillissement de la population autochtone (qui tend à accroître la dette publique) et (ii) attirer les travailleurs qualifiés (NB : ce qui est nuisible aux pays d'émigration) [source].
Vieillissement
en Europe

Le cas de la France est particulièrement intéressant car le taux de fécondité y est le plus élevé des pays européens [source]. Or le tableau suivant montre deux choses :

  • le taux de fécondité français est inférieur au taux de renouvellement de la population, qui est de 2,1 enfants par femme [source] ;
  • le taux de fécondité des femmes immigrées est par contre supérieur au taux de renouvellement, mais la population immigrée n'a pas la taille suffisante pour amener le taux national au-dessus du taux de renouvellement.

Contribution des immigrées au taux de fécondité en France
(nombre d'enfants par femme)

natalite-france.png

Source : INSEE

Différentes option d'une politique démographique : natalité, emploi, immigration :

  • natalité : crèches, allocations familiales, ... ⇒ n'a d'effet sur le marché du travail qu'une vingtaine d'années après l'ajustement de la politique de natalité ;

  • emploi : accroître le taux d'emploi ("activer" les "inactifs") pour abaisser le ratio de "dépendance démographique" ⇒ effet à moyen terme :

    • relever l'âge de la retraite : l'argument avancé est l'augmentation régulière de l'espérance de vie (environ 82 ans en Europe) ; cependant l'espérance de vie en bonne santé est nettement plus basse (63 ans) et augmente quatre fois moins vite [source] ;
    • inciter les conjoints "non actifs" (sic) à "s'activer" (ce qui requiert d'identifier les dits conjoints ...) ;
    • lutter contre la fraude (abus) aux allocations ; cependant la grande majorité des allocataires ne sont pas des fraudeurs, de sorte que les effets positifs de cette lutte seraient modérés tandis que les effets négatifs (stigmatisation) seraient élevés.
  • immigration : encourager et faciliter l'immigration ⇒ effet immédiat sur le marché du travail mais politiquement difficile en raison des résistances évoquées supra ; en outre l'émigration a pour effet de priver les pays en développement de leur forces vives.

Selon un rapport de l'ONU paru en 2001 "Les migrations de remplacement : s'agit-il d'une solution au déclin et au vieillissement des populations ?" : résumé, rapport].

  • Le maintien des rapports de soutien potentiels (*) à leurs niveaux actuels uniquement en ayant recours une migration de remplacement semble inaccessible en raison du nombre extraordinairement important des migrants qui s'avéreraient nécessaires;

    (*) Rapport de soutien potentiel : rapport de la population d'âge actif (15-64 ans) à la population âgée (65 ans et plus) au niveau le plus élevé qu'il serait possible d'atteindre à défaut d'une migration après 1995.

  • Dans la plupart des cas, les rapports de soutien potentiels pourront être maintenus à leurs niveaux actuels en augmentant la limite supérieure de la population d'âge actif à environ 75 ans;

Nos recommandations :

  • politique de natalité ;
  • réforme de la sécurité sociale par implémentation du modèle synthétique d'allocation universelle ;
  • migrants :
    • aide émancipatrice au développement d'institutions politiques (législatif, judiciaire, exécutif) et scientifiques efficaces dans les pays d'émigration ;
    • aide aux migrants illégaux : autoriser la population à loger, nourrir et habiller des personnes en séjour illégal pour autant que cette aide soit gratuite et que les aidants soient bénévoles (PS : en Belgique des personnes ont subi des poursuites judiciaires pour avoir logé des personnes en séjour illégal) ;
    • informer clairement la population sur le statut des migrants légaux.

L'augmentation de la population en âge de travailler (par exemple suite à l'importation de main d'oeuvre) pousse-t-elle les salaires à la baisse ?

Pour répondre à cette question il faut comparer l'effet sur l'offre de travail, et l'effet sur la demande de biens & services :

  1. à court terme la concurrence accrue sur le marché du travail pousse les salaires à la baisse (ceteris paribus) ;
  2. à moyen terme deux dynamiques opposées sont alors possibles :
    • dynamique négative : la baisse des salaires n'est pas compensée par une baisse suffisante du chômage (par exemple en raison de délocalisations d'entreprises privées à l'étranger, ou de la robotisation, ou d'investissements insuffisants en infrastructures, ...) ⇒ baisse de la demande de biens & services par les ménages ⇒ baisse de la demande de travail par les entreprises ⇒ ... ;
    • dynamique positive : la baisse des salaires est compensée par une baisse suffisante du chômage ⇒ hausse de la demande de biens & services par les ménages ⇒ hausse de la demande de travail par les entreprises ⇒ ...

N.B. Le raisonnement ci-dessus est une simplification théorique. La réalité est plus complexe. I. Les périodes de baisse des salaires sont relativement rares [voir France 1950-2000]. II. Ce qui détermine essentiellement la demande de biens & services c'est le pouvoir d'achat du revenu disponible (PARD). III. En raison du rôle des anticipations dans les décisions des agents économiques les variations du taux d'évolution sont déterminantes : ainsi une baisse importante d'un taux de croissance même positif du revenu disponible peut avoir un effet négatif sur la demande.

Le graphique suivant (France) montre que la croissance du PARD a fortement baissé de 1973 à 1983 en raison de l'inflation (induite par le choc pétrolier). Ensuite de 1983 à 1993, il y a eu une forte baisse de croissance du revenu disponible, sous l'effet de la "révolution conservatrice" (implémentée en France avec la collaboration du parti ... "socialiste" : source). Sa tendance de long terme depuis lors nous conduit vers des taux de croissance négatifs dont nous ne sommes aujourd'hui préservés que par le bas niveau historique de l'inflation ...

Évolution de la croissance du revenu disponible et de son pouvoir d'achat (France)

revenu-disponible-evolution.jpg

Source

Il apparaît alors que l'État peut (doit ?) jouer ici un rôle décisif, par une double action :

  • neutraliser la dynamique négative en garantissant de façon pérenne une demande minimale, via un revenu minimum garanti et un salaire minimum légal d'un niveau suffisant ;

    Une mesure alternative, en apparence, est de baisser les impôts et cotisations sociales, mais cela ne résout pas le problème des personnes en situation précaire, bien au contraire.

  • faciliter la dynamique positive via une politique publique de développement par l'investissement dans des entreprises publiques ;

Selon nous plus l'État est démocratique, c-à-d plus il tend vers la démocratie directe, plus il est en mesure de réaliser cette double action.

Que faire ?

La mondialisation, la technologisation et les privatisations ne semblent pas favoriser la réduction des écarts de richesse voire les repousseraient à la hausse, ce qui nuit à la cohésion sociale et la démocratie, mais aussi au développement économique comme en attestent deux rapports de l'OCDE [source] et du FMI [source].

Il importe donc, non pas de supprimer les écarts de richesse, mais des les limiter, de façon absolue ou relative. Cette deuxième option correspond au principe d'écart de richesse optimal. Pour ce faire il convient d'agir sur la demande et l'offre des biens & services ainsi que sur la politique commerciale :

  • Politique de demande : réformer la sécurité sociale sur base du modèle synthétique d'allocation universelle.

  • Politique d'offre :

    • nationale : les États devraient s'impliquer dans la structure productive nationale en disposant de plusieurs entreprises publiques concurrentes dans chaque secteur stratégique, et si nécessaire en faisant du statut de grande entreprise (soit moins de 1% des entreprises) un monopole public [approfondir].

    • internationale :

      • pays développés : création d'entreprises publiques multinationales, dont la première mission devrait être le développement d'un réseau néguentropique confédéral ;
      • pays en développement : aide émancipatrice au développement d'institutions politiques (législatif, judiciaire, exécutif) et scientifiques efficaces.
  • Politique commerciale fondée sur la conditionnalisation du libre-échange au respect de normes anti-dumping gérées par une organisation confédérale [approfondir].

En particulier les États membres ont intérêt à quitter au plus vite l'Union européenne (et donc l'union monétaire) pour ainsi récupérer le contrôle de leur politique budgétaire et monétaire nationale.

Contexte politique

USA

Déclin US

Selon une étude du Watson Institute de la Brown University, les guerres menées dans le monde musulman par l'armée US suite aux attentats du 11 septembre 2001 représentent plus de 5.000 milliards de dollars de dépenses par l'État US [source]. Étant donné que le PIB moyen des USA sur cette période 2002-2016 était d'environ 14.000 milliards [source] il en résulte que ces dépenses ont représenté en moyenne 5.000/14/14.000 = 2,5% du PIB. Or le taux de croissance moyen du PIB US durant cette période étant d'environ 2% [source], on peut donc en déduire que si les attentats de septembre 2001 n'avaient pas eu lieu l'économie US se serait effondrée.

Cependant ces 5.000 milliards de dollars auraient pu être consacrés à la R&D non militaire (politique d'offre) et à la sécurité sociale (politique de demande), et ainsi relancer l'économie US de façon non meurtrière et plus efficace pour la collectivité.

Le cas
Trump

En finançant lui-même une partie de sa campagne électorale le milliardaire et outsider Trump a réussi à emporter l'élection présidentielle contre Hilary Clinton. L'opposition très médiatisée que lui oppose l'appareil d'État US est probablement feinte. En effet la stratégie protectionniste de Trump est bénéfique aux entreprises privées US, alors que les importations en provenance de Chine ainsi que les investissements directs du nouveau numéro 1 mondial pèsent de plus en plus sur la balance extérieure US. Finalement, pour la classe dirigeante US qui se présente comme le chantre du libre-échange, Trump est l'occasion de préserver ce qui n'a jamais été qu'un pseudo "libre-échange" privilégiant les entreprises US et les « intérêts US dans le monde » (sic).

Classe dirigeante. Nombreux dans le monde sont ceux qui croient que le président US est élu par la population (suffrage universel). En réalité la population US n'élit qu'un petit comité de "grands électeurs" dont les candidats sont choisis par les partis politiques [source]. Or la majorité des parlementaires US font partie des 1% les plus riches du pays [source]. Ce "suffrage universel indirect" (sic), permet donc de garantir que le président sera un candidat des plus riches.

Chine et Russie

Depuis le début des années 1980 ces deux "anciens" pays communistes ont injecté une certaine dose de libéralisme dans leur système économique. Cependant l'État central est toujours guidé selon les principes du marxisme. Ainsi leur structure productive (notamment de la monnaie et des logements) est encore majoritairement composée d'entreprises publiques.

Chine

Depuis 2015 la Chine est la première puissance économique mondiale en terme de PIB mesuré en PPA [source], confirmant ainsi l'efficacité du modèle politique et économique chinois, dont des sondages réalisés pour les autorités montrent qu'il serait supporté par une large majorité de la population chinoise.

Eric X. Li : L'histoire de deux systèmes politiques (TED 2013, 20m37s)

Russie

Fait passé sous silence aussi bien à l'Est qu'à l'Ouest, une majorité de la population russe semble regretter le communisme (PS : et en Chine ?). Ainsi un sondage réalisé en 2016 par le Centre Levada (d’orientation libérale) montre que plus de la moitié des Russes interrogés regrettent l’URSS, non seulement chez les plus de quarante ans, mais également parmi les jeunes nés après 1991 [source]. Et 60% des personnes interrogées estiment que l'effondrement de l'Union soviétique aurait pu être évité [source]. Cela confirme des enquêtes réalisées durant les années 2000 et 2010 montrant que la majorité des russes ayant connu l'URSS regrettent sa disparition [source1, source2]. Rien d'étonnant à tout cela : ainsi le 17 mars 1991, un référendum portant sur la question du maintien de l'Union soviétique avait donné 76 % de réponses favorables au maintien, mais Boris Eltsine n'en tint pas compte ... [source].

Union européenne (politique)

Logique
confrontationnelle

L'UE – projet historiquement porté par de grandes sociétés privées [source] et le gouvernement US [source] – se voit aujourd'hui comme un moyen de "contrer" (sic) la Chine et la Russie (mais pas les USA ...), suscitant ainsi une logique de guerre froide. Or pourquoi les Portugais se sentiraient-ils plus proches des Allemands ou des Polonais que des Russes ou des Vietnamiens ?

Sous contrôle US. La présence de bases militaires US en Europe confirme que celle-ci est bien sous contrôle de Washington. Le traité de l'Union européenne rend d'ailleurs impossible toute politique militaire indépendante de l'OTAN – l'extension impériale de l'armée US – en stipulant que « la politique de l'Union (...) doit respecter les obligations découlant du traité de l'Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l'OTAN et qu'elle doit être compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre » [source].

À l'occasion de la venue à Bruxelles du président US Donald Trump pour une réunion de l'OTAN en 2017, le président du Conseil européen, Donald Tusk, déclarait « J'ai l'intention de convaincre le président des Etats-Unis que l'alliance euro-atlantique signifie que le monde libre (sic !) coopère pour empêcher un ordre mondial post-occidental (sic !) » [source]. Nul doute que le reste de l'humanité (soit plus de 80% de la population mondiale) – qui n'est pas sans ignorer les relations troubles entre les puissances atlantistes et le terrorisme islamiste [exemple1, exemple2] – interprétera comme il se doit cet imbécile message suprémaciste et impérialiste.

Le mythe de "l'UE pacificatrice" a été réfuté par la participation de forces armées de l'UE à la destruction de la Jamaharya libyenne en 2011 – alors premier pays africain selon l'indice de développement humain des Nations-unies [source p. 13 et 407] – jetant la population sous le joug d'une économie de l'esclavage, tandis que les entreprises des pays atlantistes qui gèrent les installations pétrolières s'en mettent plein les poches, et que des ministres belges (par ailleurs militants européistes) ont impunément facilité le pillage de fonds souverains de la Jamahiriya gérés à Bruxelles par Euroclear [source].

Il y avait déjà eu un précédent avec l'agression de la Yougoslavie en 1999 [source1, source2].

Incongruité
culturelle

La volonté d'intégration politique et économique des pays européens sur le modèle fantasmatique "d'Etats-unis d'Europe" est confrontée à une très haute diversité culturelle, notamment linguistique et religieuse. D'une part il y a presque autant de langues que d'États membres (une trentaine !). D'autre part il ne faut pas sous-estimer l'influence de l'histoire religieuse : le sud catholique et le nord protestant représentent deux conceptions très différentes du rapport individu/société, et du type de valeur attribuée à l'argent et au travail. N'oublions pas que le protestantisme n'est pas une religion qui a croisé le chemin du catholicisme, mais un schisme issu de celle-ci, notamment par rapport à une pratique centralisée et hiérarchique de la religion [approfondir]. Et c'est sans parler de l'Est orthodoxe ...

Intoxiquée par l'idéologie libérale exportée par Washington (mais que la classe dirigeante US n'a jamais appliquée intégralement aux USA *), l'UE vise à déconstruire les États-nations européens (néolibéralisme) et à éradiquer la diversité culturelle (anglicisation **).

  • (*) En témoignent les relations aussi intenses que discrètes entre grandes sociétés privées et l'État US (télécom, spatial, énergie, ...).
  • (**) On notera que dans ce contexte l'anglicisation et l'islamisation uniformisantes de l'Europe peuvent être vues favorablement par les idéologues européistes.
Antidémocratique et
anticonstitutionnelle

La société anonyme "Union européenne". Force est de constater qu'en réalité l'UE est dirigée par un conglomérat de grandes sociétés privées ayant attribué à commission européenne la fonction de comité de direction. Celle du parlement européen étant de donner un "look" démocratique à ce de facto système de détournement de fonds publics et de démantèlement des services publics. Ainsi le pouvoir du parlement européen (pouvoir législatif) – le seul à être élu – est quasiment nul par rapport à celui de la Commission (pouvoir exécutif), laquelle est composée de ministres européens sous l'influence largement prépondérante des lobbies industriels. L'UE simule donc autant la démocratie que les régimes prétendument "représentatifs" qui la composent. Pouvait-il d'ailleurs en être autrement ?

European Round Table of Industrialists

La European Round Table of Industrialists (ERT), une organisation créée en 1983 par les présidents de Volvo, Philips et Fiat, et qui rassemble les 49 plus grandes entreprises européennes – a nettement influé sur le texte du Traité de Maastricht de 1992, traité fondateur de l'Union européenne [source p. 185]. De nombreux observateurs considèrent l'ERT comme la principale source d'influence de ces textes.

L'ERT s'est donné pour objectif de stimuler la compétitivité mondiale de l'industrie européenne, notamment en prônant la baisse du salaire minimum, la réduction des dépenses de sécurité sociale et la privatisation des services publics.

Pour réaliser sa mission l'ERT mène un intense lobbying auprès des institutions européennes (Commission européenne, Conseil des ministres, Parlement européen, ...). Dès la création de l'ERT, le vicomte belge Etienne Davignon – alors Commissaire européen à l'Industrie et au Marché Unique – se proposa pour les y aider [source].

Première réunion de l'ERT (1983)

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En haut de gauche à droite : Karl Beurle (Thyssen), Carlo De Benedetti (Olivetti), Curt Nicolin (ASEA), Harry Gray (United Technologies), John Harvey-Jones (ICI), Wolfgang Seelig (Siemens), Umberto Agnelli (Fiat), Peter Baxendell (Shell), Olivier Lecerf (Lafarge Coppée), José Bidegain (Cie de St Gobain), Wisse Dekker (Philips). En bas de gauche à droite : Antoine Riboud (BSN), Bernard Hanon (Renault), François-Xavier Ortoli (EC), Pehr G. Gyllenhammar (Volvo), Etienne Davignon (EC), Louis von Planta (Ciba-Geigy), Helmut Maucher (Nestlé) – Source.

Ces faits illustrent de façon flagrante que, par rapport à la masse des citoyens, les lobbies industriels bénéficient d'une relation privilégiée auprès des pouvoirs législatif et exécutif de l'UE [source].

On notera que les moyens financiers et surtout relationnels de l'ERT sont incomparablement plus puissants que ceux des prétendues "organisations non gouvernementales" (ONG).

Référendums. Les éventuels référendums européens illustrent parfaitement la politique du fait accompli : soit le gouvernement refuse de procéder à un référendum (notamment en Belgique, siège de l'UE), soit il ne tient pas compte du résultat s'il est défavorable à l'UE (France et Pays-Bas en 2005), soit le référendum est organisé (ou réorganisé) au terme d'une intense campagne d'intimidation médiatique contre les opposants à l'UE, systématiquement qualifiés de "populistes" ou "d'extrémistes".

L'Union européenne, une oligarchie (2m13s - 2015)

Anticonstitutionnelle. Dans la vidéo ci-dessous le baron Francis Delpérée – professeur de droit constitutionnel et parlementaire belge – explique les contorsions juridiques auxquelles il faut procéder pour tenter de masquer la nature anticonstitutionnelle de l'UE. En très habile politicien européiste Delpérée parle "d'Europe" plutôt que de mentionner l'Union européenne, et cite comme exemple l'octroie du droit de vote aux étrangers.

L'Union européenne incompatible avec les Constitutions nationales (1m46s - 2016)

Système totalitaire. Il était déjà flagrant pour tout observateur indépendant que l'UE tente de masquer son illégitimité politique :

  • par l'intimidation des opposants politiques par la diffamation, ceux-ci étant systématiquement qualifiés de populistes et d'extrémistes voire de fascistes !
  • avec la collaboration massive des milieux journalistique, académique et associatif subsidié.

Un nouveau palier a-t-il été franchi lors des élections européennes de 2019 ? Ainsi le taux officiel de participation électorale a connu une remontée aussi spectaculaire que suspecte, passant miraculeusement juste au-dessus de 50% [approfondir].

Contingentement cognitif. Via les partis politiques et syndicats dits "de gauche" (écologistes, socialistes, communistes) les appareils d'État européens, canalisent les débats sur des sujets tels que la société multiculturelle, l’effacement des frontières, la libéralisation des mœurs, les nouveaux rôles de genre, les transformations de la famille, et le féminisme. Étrangement, alors que les partis politiques et syndicats n'ont quasiment aucune capacité d'influence sur ces évolutions profondes de la sociétés, ils sont par contre silencieux sur le démantèlement des entreprises publiques et la privatisation de services publics par l'UE, alors que cela devrait être leur premier objet d'inquiétude. Ainsi les partis politiques et syndicats "de gauche" ont, dès la création de l'UE en 2000, aidé celle-ci à entretenir le mythe d'une "Europe sociale", toujours à venir mais ne montrant aucun signe qu'elle pourrait advenir même dans un futur lointain ! Il ne pourrait en être autrement car les faits énoncés supra démontrent que "l'Europe sociale" est incompatible avec les objectifs des créateurs de l'UE ainsi qu'avec la diversité culturelle des États-nations européens. Mais surtout, "changer l’Union européenne" implique de changer les traités, or cela requiert l’unanimité des États-membres, ce qui rend pratiquement impossible toute réforme substantielle de l'UE.

Rejet du système représentatif

Le rejet croissant du système "représentatif" ne se limite pas aux élections européennes (qui sont certes les plus impopulaires). Il s'agit d'une tendance observée dans de nombreux pays. Le graphique suivant illustre une caractéristique importante de l'abstentionnisme : si l'on fait abstraction des présidentielles (surmédiatisées) et des régionales (sous-médiatisées) celui-ci augmente avec l'échelle géographique de l'élection (Européennes > législatives > municipales).

Évolution de l'abstention (France)

abstentionnisme-france.jpeg

Source

Selon Vincent Tiberj il n'y a pas de crise de la citoyenneté, mais de plus en plus les gens ne votent que lorsqu'ils y voient un intérêt, et moins par devoir [source]. Si les citoyens sont plus critiques et défiants, c'est parce qu'ils sont également plus exigeants, mieux informés, et qu'Internet offre de nouveaux moyens de participer au débat public [source].

Que faire ?

Il importe que les États évoluent vers la démocratie directe, en adéquation avec l'évolution technologique. Cependant, au-delà des discours en faveur de la "participation", la volonté politique effective de la classe dirigeante n'y est manifestement pas favorable. Les populations devront donc s'engager dans une démarché volontariste (que l'auteur de la présente publication ambitionne de faciliter).

En Europe les faits démontrent la nuisibilité de l'Union européenne. Le monde n'a pas besoin d'une poussiéreuse Union européenne atlantiste héritée de la guerre froide, mais doit se tourner vers un avenir collaboratif global : une Confédération mondiale des États.

Il convient également de sortir de l'OTAN, de mettre fin aux activités de projection militaire et d'allouer les fonds ainsi dégagés à (i) la défense du territoire national et (ii) la reconquête de la souveraineté nationale en cas d'occupation étrangère.

Conclusion

Les forces vives des populations devraient oeuvrer à la réalisation d'un nouveau paradigme sociétal, au niveaux politique (gouvernance) et économique (demande et offre de biens & services) :

  • Gouvernance :
  • Demande : partage du pouvoir financier par l'instauration de l'allocation universelle telle que définie par le modèle synthétique ;

  • Offre :

    • nationale : les États devraient s'impliquer dans la structure productive nationale en disposant de plusieurs entreprises publiques concurrentes dans chaque secteur stratégique, et si nécessaire en faisant du statut de grande entreprise (soit moins de 1% des entreprises) un monopole public [approfondir] ;

    • internationale :
      • pays développés : création d'entreprises publiques multinationales, dont la première mission devrait être le développement d'un réseau néguentropique confédéral ;
      • pays en développement : aide émancipatrice au développement d'institutions politiques (législatif, judiciaire, exécutif) et scientifiques efficaces.
  • Politique commerciale fondée sur le principe d'echange antidumping.

Les personnes intéressées à s'impliquer dans la promotion de ces objectifs sont invitées à s'approprier le projet tutmondigo.net.