Contexte

Commenter
màj : 27 nov. 2017

Prendre de la hauteur

Voir de haut

Nous tentons ici de synthétiser les grandes tendances qui ont marqué l'histoire économique et politique des dernières décennies, et d'identifier les forces en présence. Nous en tirerons les premières conclusions principales, sans langue de bois.

Cela est un préalable nécessaire à une bonne compréhension de la problématique de la démocratie directe, dont la réalisation devra être conçue dans une approche à la fois locale et globale.

Contexte économique

Depuis les années 1980 l'idéologie libérale s'est imposée - ou fut imposée - comme unique modèle envisageable, ses théoriciens la présentant comme une "loi naturelle" de l'économie.

Privatisations

Trahis par des décideurs politiques de tous bords, les États sont dépecés par privatisation des entreprises publiques (poste, chemins de fer, banques publiques, ...) et même des services publics (enseignement, soins de santé, sécurité sociale, justice, police, armée, ...), tous étant considérés comme privatisables et "nécessairement" mieux gérés par une entreprise privée.

Oligarchie. Le caractère anti-démocratique des privatisations est confirmé par une étude de Ernst & Young, montrant que sur l'ensemble de la planète les populations sont généralement satisfaites des entreprises publiques, et qu'elles les apprécient mieux que les entreprises privées [source].

Mondialisation

D'autre part on observe un phénomène de transnationalisation des grandes entreprises privées, sous la forme de délocalisations et de fusions & acquisitions. Cette mondialisation :

  • résulte du développement des moyens de communication (réseau, vitesse, volume, coût) ;

  • exploite la faiblesse du droit international, dont la particularité par rapport au droit national est de ne pas être complété par des pouvoirs exécutif et législatif transnationaux (et démocratiques) pouvant sanctionner de façon crédible sa non-application (il n'existe pas d'État mondial, ni de Confédération mondiale) ;

  • s'inscrit dans un contexte idéologique "libéral" considérant que le libre-échange n'a que des avantages et ne doit donc être soumis à aucune contrainte.

La nature débridée de cette mondialisation induit de nombreux effets pervers :

  • dumping environnemental --> non réalisation des objectifs de limitation d'émission de CO2 ;
  • dumping fiscal --> baisse des recettes publiques --> hausse des dettes publiques ;

  • dumping social --> précarisation du salariat (remplacement de CDD par des CDI, généralement moins rémunérés, plus stressants et sans perspective de carrière) ;

  • désindustrialisation dans les pays développés --> perte d'autonomie productive des États --> moindre résilience de l'économie mondiale ;

  • évincement des petits commerces locaux par des grandes entreprises transnationales --> appauvrissement de nombreux petits entrepreneurs.

Désintermédiation
et robotisation

Le développement de nouvelles applications en réseau (Internet) provoque un phénomène de désintermédiation au sein du secteur des services. D'autre part la robotisation augmentée par l'intelligence artificielle tend à limiter la demande de travail par les entreprises. On ne s'étonnera donc pas que les dix plus grandes entreprises du monde en terme de capitalisation boursière (toutes technologiques et états-uniennes ...) sont cependant des naines en terme d'emplois. Ainsi les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) emploient à elles quatre moins de salariés que la seule société Volkswagen ! [source].

Chômage très sous-évalués. Le taux de chômage masque la précarisation du "marché de l'emploi" : (i) un équivalent temps plein en CDD est généralement moins rémunéré, plus stressant et avec une moindre perspective de carrière qu'en CDI ; (ii) la méthode de calcul des taux de chômage les plus publiés ne comptabilise pas les emplois à temps partiel sans équivalent temps plein. Aux USA le taux incluant le chômage caché, telle que défini et mesuré par shadowstats.com, serait plus de quatre fois supérieur au taux de chômage officiel le plus publié : plus de 20% au lieu d'environ 5% ! [source].

Écarts de
richesse

Il résulte de ces évolutions une augmentation des écarts de richesse, ce qui est nuisible à la croissance économique ainsi qu'à la démocratie [approfondir].

Que faire ?

Politique d'offre : les États devraient s'impliquer dans la structure productive nationale via les entreprises publiques, celles-ci étant gérées sous le statut (à créer) de coopérative publique. En outre le statut de grande entreprise (soit actuellement moins de 1% des entreprises, et environ 1/3 de l'emploi total) devrait être monopole public : toute entreprise qui passe du niveau de PME à celui de grande entreprise serait alors systématiquement nationalisée [approfondir]. Politique de demande : réformer la sécurité sociale sur base du modèle synthétique d'allocation universelle.

Contexte politique

USA

En finançant lui-même une partie de sa campagne électorale le milliardaire et outsider Trump a réussi à emporter l'élection présidentielle contre Hilary Clinton. Bien que l'appareil d'État US ne semble pas favorable au nouveau président il convient cependant de relativiser ce "conflit" apparent : (i) il y a toujours eu des désaccords et des luttes d'influence au sein de la classe dirigeante quant à la meilleure stratégie à adopter pour préserver ses intérêts ; (ii) aussi fortuné soit-il, un président ne peut s'opposer durablement à la puissance de l'État profond (cf. l'assassinat de Kennedy ?). D'autre part, quel que soit le président, (i) la quasi totalité des membres du Congrès US sont toujours issus des 5% les plus riches de la population, et (ii) la politique étrangère des USA, a toujours été fondée sur la « défense des intérêts US dans le monde » (sic) c-à-d sur l'impérialisme.

Classe dirigeante. Nombreux dans le monde sont ceux qui croient que le président US est élu par la population (suffrage universel). Or en réalité la population US n'élit qu'un petit comité de "grands électeurs" dont les candidats sont choisis par les partis politiques [source]. Ce "suffrage universel indirect" (sic), permet donc de garantir que le président sera un candidat des plus riches.

Chine et Russie

Depuis les années 1980 ces deux anciens pays communistes ont évolué de façon différente vers le "libéralisme" : abruptement en URSS, progressivement en Chine. En Russie la majorité de la population regrette cependant le communisme (PS : et en Chine ?). Ainsi un sondage réalisé en 2016 par le Centre Levada (d’orientation libérale) montre que plus de la moitié des Russes interrogés regrettent l’URSS, non seulement chez les plus de quarante ans, mais également parmi les jeunes nés après 1991 [source]. Cela confirme des enquêtes réalisées durant les années 2000 et 2010 montrant que la majorité des russes ayant connu l'URSS regrettent sa disparition [source1, source2]. Rien d'étonnant à tout cela : ainsi le 17 mars 1991, un référendum portant sur la question du maintien de l'Union soviétique avait donné 76 % de réponses favorables au maintien, mais Boris Eltsine n'en tint pas compte ... [source].

Union européenne

Sous contrôle US. La présence de bases militaires US en Europe confirme que celle-ci est bien sous contrôle de Washington. Le traité de l'Union européenne rend d'ailleurs impossible toute politique militaire indépendante de l'OTAN – l'extension impériale de l'armée US – en stipulant que « la politique de l'Union (...) doit respecter les obligations découlant du traité de l'Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l'OTAN et qu'elle doit être compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre » [source].

À l'occasion de la venue à Bruxelles du président US pour une réunion de l'OTAN en 2017, le président du Conseil européen, Donald Tusk, déclarait « J'ai l'intention de convaincre le président des Etats-Unis que l'alliance euro-atlantique signifie que le monde libre (sic !) coopère pour empêcher un ordre mondial post-occidental (sic !) » [source]. Nul doute que le reste de l'humanité (soit plus de 80% de la population mondiale) - qui n'est pas sans ignorer les relations troubles entre les puissances atlantistes et le terrorisme islamiste [exemple1, exemple2] - interprétera comme il se doit cet imbécile message suprémaciste et impérialiste ...

Vouée à l'échec ? L'union monétaire supprime de facto toute possibilité d'ajustement de taux de change entre pays membres, de sorte que les inévitables ajustements induits par l'hétérogénéité des pays membres (--> déséquilibres des balances commerciales : surplus au nord, déficits au sud) ne peuvent plus être réalisés que par des "dévaluations internes" (baisse des salaires et des dépenses de SS). Or, dans un article publié par l'Association britannique du droit constitutionnel, Danny Nicol, professeur de droit public à l’université de Westminster montre que le biais idéologique du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (encore appelé Traité de Rome, 1957) en faveur de l'idéologie libérale a pour effet de criminaliser toute politique collectiviste [source], ce qui bloque l'option de transferts sociaux des pays en surplus vers les pays en déficit. On assiste donc à une baisse de la demande dans les pays du sud l'UE, s'ajoutant au délitement de l'offre (désindustrialisation ) par les délocalisations vers les pays asiatiques, de sorte que les économies du sud de l'UE s'effondrent.

À tout cela s'ajoute la difficulté voire la non pertinence d'uniformiser politiquement et économiquement une Europe caractérisée par une très haute diversité culturelle : (i) d'une part il y a presque autant de langues que d'États membres (une trentaine !) ; (ii) d'autre part il ne faut pas sous-estimer l'influence de l'histoire religieuse : le sud catholique et le nord protestant représentent deux conceptions très différentes du rapport individu/société, et du type de valeur attribuée à l'argent et au travail. N'oublions pas que le protestantisme n'est pas une religion qui a croisé le chemin du catholicisme, mais un schisme issu de celle-ci, notamment par rapport à une pratique centralisée et hiérarchique de la religion [approfondir].

Taux de participation aux élections européennes

Source : europa.eu

Impopulaire. Le taux de participation aux élections européennes n'a jamais cessé de baisser. Et depuis 1999 les abstentionnistes sont mêmes devenus majoritaires. L'UE ne peut masquer son impopularité que grâce à la collaboration massive du milieu journalistique, et par l'intimidation des opposants politiques par la calomnie (ceux-ci étant systématiquement qualifiés de populistes, extrémistes voire de fascistes).

Que faire ?

Les faits que nous venons d'évoquer démontrent la nuisibilité de l'Union européenne. Il importe donc d'en sortir (ainsi que de l'OTAN), et surtout d'oeuvrer à la création d'une Confédération mondiale des États (PS : pour ce faire le concept de parti politique transnational tutmondigo.net va clairement dans cette direction).

Conclusion

Les populations devraient oeuvrer à la réalisation d'un nouveau paradigme sociétal :

  • Gouvernance :
  • Demande : partage du pouvoir financier par l'instauration de l'allocation universelle telle que définie par le modèle synthétique ;

  • Offre : le statut de grande entreprise devrait être monopole public : toute entreprise qui passe du niveau de PME à celui de grande entreprise serait alors systématiquement nationalisée, et gérée sous statut (à créer) de coopérative publique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *