Contexte

màj : 12 oct. 2017
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Prendre de la hauteur

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Nous tentons ici de synthétiser les grandes tendances qui ont marqué l'histoire économique et politique des dernières décennies, et d'identifier les forces en présence. Nous en tirerons les premières conclusions principales, sans langue de bois.

Cela est un préalable nécessaire à une bonne compréhension de la problématique de la démocratie directe, dont la réalisation devra être conçue dans une approche à la fois locale et globale.

Contexte économique

Depuis les années 1980 l'idéologie libérale s'est imposée - ou fut imposée - comme unique modèle envisageable, ses théoriciens la présentant comme une "loi naturelle" de l'économie.

Privatisations. Ainsi, trahis par des décideurs politiques de tous bords, les États sont dépecés par privatisation des entreprises publiques (poste, chemins de fer, banques publiques, ...) et même des services publics (enseignement, soins de santé, sécurité sociale, justice, police, armée, ...), tous étant considérés comme privatisables et "nécessairement" mieux gérés par une entreprise privée.

Oligarchie. Le caractère anti-démocratique des privatisations est confirmé par une étude de Ernst & Young, montrant que sur l'ensemble de la planète les populations sont généralement satisfaites des entreprises publiques, et qu'elles les apprécient mieux que les entreprises privées [source].

Transnationalisation. D'autre part on observe un phénomène de transnationalisation des grandes entreprises privées, sous la forme de délocalisations et de fusions & acquisitions. Cette mondialisation exploite la faiblesse du droit international, dont la particularité par rapport au droit national est de ne pas être complété par des pouvoirs exécutif et législatif transnationaux (et démocratiques) pouvant sanctionner de façon crédible sa non-application (il n'existe pas d'État mondial, ni de Confédération mondiale). Ainsi les paradis fiscaux fournissent impunément des services de fraude fiscale à l'échelle mondiale.

De ces évolutions il résulte trois effets majeurs :

  • baisse des recettes publiques --> hausse des dettes publiques ;
  • dumping social --> appauvrissement de la majorité des salariés ;
  • évincement des petits commerces locaux par des grandes entreprises transnationales --> appauvrissement de nombreux petits entrepreneurs.

Automatisation. Et ce n'est pas tout : les dix plus grande entreprises du monde en terme de capitalisation boursière - toutes technologiques (et états-uniennes ...) - sont cependant des nains en terme d'emplois. Ainsi les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) emploient à elles quatre moins de salariés que la seule société Volkswagen ! [source].

Trompeuses statistiques. Le taux de chômage masque la réalité du "marché de l'emploi" (sic) s'il comptabilise comme actives des personnes n'ayant un emploi que quelques heures par mois. Dans ce cas le taux de chômage ne semble pas augmenter si la baisse du nombre de travailleurs à temps plein est compensée par la hausse du nombre de travailleurs à temps partiel. Mais au total il en résulte que le revenu de la plupart des gens diminue.

Solution. Les États devraient s'impliquer dans la structure productive nationale via les entreprises publiques, celles-ci étant gérées sous le statut (à créer) de coopérative publique. En outre le statut de grande entreprise (soit actuellement moins de 1% des entreprises, et environ 1/3 de l'emploi total) devrait être monopole public : toute entreprise qui passe du niveau de PME à celui de grande entreprise serait alors systématiquement nationalisée [approfondir].

Contexte politique

USA

En finançant lui-même une partie de sa campagne électorale le milliardaire et outsider Trump a réussi à emporter l'élection présidentielle contre Hilary Clinton. Bien que l'appareil d'État US ne semble pas favorable au nouveau président il convient cependant de relativiser ce "conflit" apparent : (i) il y a toujours eu des désaccords et des luttes d'influence au sein de la classe dirigeante quant à la meilleure stratégie à adopter pour préserver ses intérêts, (ii) aussi fortuné soit-il, un président ne peut s'opposer durablement à la puissance de l'État profond (cf. l'assassinat de Kennedy ?). D'autre part, quel que soit le président, (i) la quasi totalité des membres du Congrès US sont toujours issus des 5% les plus riches de la population, et (ii) la politique étrangère des USA, a toujours été fondée sur la « défense des intérêts US dans le monde » (sic) c-à-d sur l'impérialisme.

Classe dirigeante. Nombreux dans le monde sont ceux qui croient que le président US est élu par la population (suffrage universel). Or en réalité la population US n'élit qu'un petit comité de "grands électeurs" dont les candidats sont choisis par les partis politiques [source]. Ce "suffrage universel indirect" (sic), permet donc de garantir que le président sera un candidat des plus riches.

Chine et Russie

Depuis les années 1980 ces deux anciens pays communistes ont évolué de façon différente vers le "libéralisme" : abruptement en URSS, progressivement en Chine. En Russie la majorité de la population regrette le communisme (PS : et en Chine ?). Ainsi Le 17 mars 1991, un référendum portant sur la question du maintien de l'Union soviétique avait donné 76 % de réponses favorables au maintien, mais Boris Eltsine décida de ne pas en tenir compte [source]. Des enquêtes réalisées durant les années 2000 et 2010 ont révélé que la majorité des russes ayant connu l'URSS regrettent sa disparition ... [source1, source2]. Enfin selon un sondage réalisé en 2016 par le Centre Levada, d’orientation libérale, plus de la moitié des Russes interrogés « regrettent » l’URSS, non seulement chez les plus de quarante ans, mais également parmi les jeunes nés après 1991 ! [source].

Union européenne

Sous contrôle US. La présence de bases militaires US en Europe confirme que celle-ci est bien sous contrôle de Washington. Le traité de l'Union européenne rend d'ailleurs impossible toute politique militaire indépendante de l'OTAN - l'extension impériale de l'armée US - en stipulant que « la politique de l'Union (...) doit respecter les obligations découlant du traité de l'Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l'OTAN et qu'elle doit être compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre » [source].

À l'occasion de la venue à Bruxelles du président US pour une réunion de l'OTAN en 2017, le président du Conseil européen, Donald Tusk, déclarait « J'ai l'intention de convaincre le président des Etats-Unis que l'alliance euro-atlantique signifie que le monde libre (sic !) coopère pour empêcher un ordre mondial post-occidental (sic !) » [source]. Nul doute que le reste de l'humanité (soit plus de 80% de la population mondiale) - qui n'est pas sans ignorer les relations troubles entre les puissances atlantistes et le terrorisme islamiste [exemple1, exemple2] - interprétera comme il se doit cet imbécile message suprémaciste et impérialiste ...

Vouée à l'échec ? Dans un article publié par l'Association britannique du droit constitutionnel, Danny Nicol, professeur de droit public à l’université de Westminster montre que le biais idéologique du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (encore appelé Traité de Rome, 1957) en faveur de l'idéologie libérale a pour effet de criminaliser toute politique collectiviste [source]. Étant ainsi fondée sur l'idéologie libérale l'UE est empêtrée dans les contradictions économiques irréductibles décrites à la section précédente. À cela s'ajoute la difficulté voire la non pertinence d'uniformiser politiquement et économiquement une Europe caractérisée par une très haute diversité culturelle. D'une part il y a presque autant de langues que d'États membres (une trentaine !). D'autre part il ne faut pas sous-estimer l'influence de l'histoire religieuse : le sud catholique et le nord protestant représentent deux conceptions très différentes du rapport individu/société, et du type de valeur attribuée à l'argent et au travail. N'oublions pas que le protestantisme n'est pas une religion qui a croisé le chemin du catholicisme, mais un schisme issu de celle-ci, notamment par rapport à une pratique centralisée et hiérarchique de la religion [approfondir].

Taux de participation aux élections européennes

Source : europa.eu

Impopulaire. Le taux de participation aux élections européennes n'a jamais cessé de baisser. Et depuis 1999 les abstentionnistes sont mêmes devenus majoritaires. L'UE ne peut masquer son impopularité que grâce à la collaboration massive du milieu journalistique, et par l'intimidation des opposants politiques par la calomnie (ceux-ci étant systématiquement qualifiés de populistes, extrémistes voire de fascistes).

Solution. Les faits que nous venons d'évoquer démontrent la nuisibilité de l'Union européenne. Il importe donc d'en sortir (ainsi que de l'OTAN), et d'oeuvrer à la création d'une Confédération mondiale des États (PS : pour ce faire le projet de parti politique transnational tutmondigo.net va clairement dans cette direction).

Conclusion

Les populations devraient oeuvrer à la réalisation d'un nouveau paradigme sociétal :

  • le partage des pouvoirs politique (démocratie directe) et financier (allocation universelle) serait grandement facilité par la création d'une Confédération mondiale des États ;
  • le statut de grande entreprise devrait être monopole public : toute entreprise qui passe du niveau de PME à celui de grande entreprise serait alors systématiquement nationalisée, et gérée sous statut (à créer) de coopérative publique.

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