La liberté d’expression régresse-t-elle ?

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Màj : 10 nov. 2018

Introduction

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Copyright François Jortay

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » [source : peu importe, c'est l'idée qui compte].

Grâce à Internet tout individu peut désormais exprimer librement ses opinions via un média de masse ouvert, ce qui était auparavant le privilège des classes dirigeantes via les médias de l'appareil d'État. Les classes dirigeantes tentent logiquement de préserver leur monopole en attaquant la liberté d'expression. Le présent article présente quelques cas illustratifs de ces atteintes à la liberté d'expression.

Lois mémorielles

Une loi "mémorielle" est une loi déclarant, voire imposant, le point de vue officiel d'un État sur des événements historiques [source].

Concept principalement européen, les lois "mémorielles" furent initiées en France en 1990 par la loi Gayssot, suite à la propagation de remises en question du récit historique de la Shoah.

La création de lois mémorielles constituent une grave dérive des pouvoirs législatif et judiciaire car :

  • les pouvoirs constitutionnels n'ont pas à prendre position sur des questions scientifiques (y compris historiques), ils n'en ont d'ailleurs pas les compétences ;

  • les "certitudes" scientifiques doivent pouvoir être remises en question , c'est un principe fondamental de la dynamique scientifique.

Quelques personnes condamnées sur base des loi mémorielles :

  • Horst Mahler, avocat allemand emprisonné depuis 2009 pour « incitation à la haine raciale » en ayant qualifié l'Holocauste de « plus énorme mensonge de l'histoire du monde » ;
  • Sylvia Stolz, avocate allemande condamnée au total à cinq ans de prison ferme (+ amendes) ;
  • Gemar Rudolf, chimiste allemand condamné à quatre ans de prison ferme (+ amendes) pour avoir contesté la faisabilité du gazage dans la configuration technique des installations des camps nazis ;
  • Robert Faurisson, historien franco-britannique condamné à plusieurs reprises à de lourdes amendes financières, notamment pour avoir publié le résultat de ses recherches contredisant des faits attestés par le Tribunal de Nuremberg ;
  • Vincent Reynouard, ingénieur chimiste français, condamné à plus d'un an de prison ferme (+ amendes) pour propagation de documents révisionnistes, vit actuellement dans la clandestinité.

N.B. La neutralité des articles de Wikipédia – particulièrement ceux à fort contenu politique – ne peut être garantie en raison de l'anonymat des auteurs et "neutralisateurs" (leurs éventuelles "pages d'utilisateur" de Wikipédia n'étant pas authentifiées, ne sont en réalité que des simulations d'identification : exemple). On constatera dans de nombreux articles le nombre élevé d'affirmations sans référence, ou dont la "référence" est clairement tendancieuse. Enfin dans le cas particulier des articles Wikipédia sur les personnes mentionnées ci-dessus, la critique de faits à leur charge est rendue quasiment impossible puisqu'est d'office exclu (censuré) tout argument et même toute référence à des travaux scientifiques tombant sous le coup de lois mémorielles.

Dans les attendus du jugement condamnant en 1981 le professeur Faurisson le tribunal reconnaît qu’il n’a « ni compétence ni qualité pour juger l’histoire » et que l’historien dispose de la « liberté pleine et entière ». Mais le tribunal reproche néanmoins à l'historien d’avoir manqué « de prudence, de circonspection objective et de neutralité intellectuelle qui s’imposent au chercheur qu’il veut être » et, d’avoir permis « avec une légèreté insigne mais avec conscience claire, de laisser prendre en charge, par autrui, son discours dans une intention d’apologie des crimes de guerre ou d’incitation à la haine raciale » [source].

La validité juridique de ce jugement est cependant hautement critiquable en raison des contradictions, procès d'intention et infaisabilités pratiques qui caractérisent ses attendus. La loi Gayssot de 1990 va régler ces problèmes en condamnant (à une peine pouvant aller jusqu’à un an de prison et 45.000 euros d’amende) le simple fait de contester l'existence des crimes contre l'humanité définis en 1945 par le Tribunal militaire international de Nuremberg [source]. Ainsi même une étude scientifique qui contredirait les faits énoncés par le Tribunal de Nuremberg passerait sous le coup de la loi Gayssot ! Le droit régresse ainsi vers l'inquisition.

Des scientifiques ont publiquement déclaré leur opposition aux lois mémorielles, à l'instar de Noam Chomsky ou encore Jean Bricmont. Cependant ces personnes ont immédiatement fait l'objet de campagnes de dénigrement voire de diffamation propagées par de nombreux journaux ainsi que via Wikipédia, ce qui a un effet dissuasif considérable sur le reste de la communauté scientifique.

Affaire Faurisson et loi Gayssot (2m22s - 2014)

Jean Bricmont, Professeur à l'Université catholique de Louvain, lors d'un colloque international organisé en 2014 par l'Académie royale de Belgique sur le thème de la liberté d'expression.

« Ce qu'il y a de particulièrement néfaste à imposer silence à l'expression d'une opinion, c'est que cela revient à voler l'humanité : tant la postérité que la génération présente, les détracteurs de cette opinion davantage encore que ses détenteurs. Si l'opinion est juste, on les prive de l'occasion d'échanger l'erreur pour la vérité ; si elle est fausse, ils perdent un bénéfice presque aussi considérable : une perception plus claire et une impression plus vive de la vérité que produit sa confrontation avec l'erreur » [John Stuart Mill - source].

Intimidation par diffamation

L'intimidation par diffamation est la première méthode appliquée par des organisations anti-démocratiques pour réprimer la critique. En voici deux exemples :

Dans le milieu professionnel ces accusations diffamatoires nuisent considérablement à l'image des victimes.

Savoirs et censure

Wikipédia

Wikipédia est un outil formidable de partage du savoir, du moins pour les sciences dites "exactes" (mathématique, physique, ...). Par contre, pour ce qui concerne les sciences dites "humaines" (histoire, économie, ...) en général et les sujets à fort contenu politique en particulier, force est de constater que de nombreux articles de l'encyclopédie "libre" sont sous le contrôle d'éditeurs manifestement bien coordonnés (cf. leur fiches simulant des "identifications" (exemple) et dans lesquelles les "neutralisateurs" se félicitent entre eux pour leur "compétence" et "neutralité").

Un article qui illustre particulièrement bien ce phénomène est celui consacré à la Jamahiriya arabe libyenne, qui reproduit fidèlement l'image diabolisante du régime libyen propagée par les médias des pays atlantistes, ceux-là mêmes qui en détruisant la Jamahiriya libyenne ont semé le chaos dans ce pays.

La Jamahiriya arabe libyenne figurait en tête des nations africaines dans le classement du développement humain des Nations unies [source p. 13 ou 407]. Pour des documents vidéos disruptifs sur la Jamahiriya libyenne voir cette playlist de la chaîne YouTube Eti Phi.

Science et
auto-censure
Dans notre article sur le développement durable nous avons mentionné le graphique ci-dessous qui compare les taux de retour énergétique (TRE) des différentes formes d'énergie.

Mais pourquoi ce tableau n'intègre-t-il pas les données concernant le nucléaire ? Nous avons posé la question aux aux auteurs de l'étude dont le graphique est extrait (des chercheurs de l'université catholique de Louvain). Voici leur surprenante réponse :

« Nous avons volontairement exclu le TRE de l'énergie nucléaire dans ce tableau comparatif. En effet, l'étude de l'énergie investie par unité d'énergie produite donne place à de nombreux débats, notamment à cause du coût énergétique du traitement des déchets qui n'est pas pris en compte dans la plupart des études existantes. Il existe des études qui intègre l’énergie nucléaire, et on voit que le TRE des centrales nucléaires est très bon. Par exemple dans une étude récente qui compare les TRE de 19 technologies différentes, ce sont les centrales nucléaires EPR qui présentent de loin le meilleur TRE (N.d.A. : souligné par nous). Mais comme mentionné plus haut, le nucléaire pose d'autres problèmes éthiques que nous n'avons pas souhaité approfondir dans le cadre de cette étude ».

Mais ce raisonnement est absurde car chaque type d'énergie comporte des coûts spécifiques. Par conséquent en quoi le fait que l'énergie nucléaire comporte aussi des coûts spécifiques justifie-t-il de ne pas mentionner sa rentabilité ? Cette censure est d'autant plus aberrante si le TRE du nucléaire est supérieur.

Les scientifiques ne doivent pas masquer la vérité scientifique pour des raisons estimées, à tort ou à raison, relever de "l'éthique".

Conclusion

Force est de constater, en Europe, la forte corrélation entre les atteintes à la liberté d'expression et les thématiques européiste ou sioniste. Ce fait peut s'expliquer par le caractère géostratégique pour Washington d'une Europe oligarchique et d'un régime colonialiste pro-US au Moyen-Orient, alors que la puissance ascendante de la Chine au niveau économique et de la Russie au niveau militaire remettent en question l'hégémonie de Washington sur sa zone d'influence.

La contestation du caractère exceptionnel de la Shoah (six millions de juifs exterminés) par des individus à haut niveau d'éducation influence l'opinion publique dans un sens défavorable à l'action colonialiste du régime sioniste, dans la mesure ou ce caractère exceptionnel est souvent utilisé pour justifier une nature existentielle du sionisme [approfondir].

L'air de rien, c'est un régime totalitaire qui s'installe dans cette Union européenne dont les populations sont priées de se convertir au prétendu "libéralisme" de leurs classes dirigeantes. Si les forces vives de la démocratie ne réagissent pas cela n'ira qu'en empirant (exemple).

Mesures recommandées :

  1. abroger les lois mémorielles, et d'appliquer la loi réprimant la diffamation ;
  2. démanteler l'UE et oeuvrer à la constitution d'une Confédération mondiale de démocraties directes ;
  3. créer un version de Wikipédia où seules les personnes légalement authentifiées sont autorisées à éditer. Ainsi chaque article serait en double : une version par auteurs non identifiés, l'autre par auteurs authentifiés.