Méthodologie

màj : 12 oct. 2017
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Introduction

Méthodologie

La méthodologie présentée ici vise à organiser et coordonner efficacement l'activité de plusieurs centaines de groupes R&D dont la mission est de concevoir et implémenter efficacement le système de démocratie directe dont les principes de base ont été définis au chapitre "2. Objectif".

Cette méthodologie repose sur le phénomène d'intelligence collective, que nous activons ici sur base de trois principes interactifs : les comparaisons croisées, les validations itératives et la redondance initiale (ces principes sont détaillés infra).

Exercice. Essayez d'imaginer ce que peuvent bien signifier ces trois principes dans le cadre d'une méthodologie de conception et implémentation d'un système de DD. Cela facilitera grandement votre compréhension du présent chapitre.

Ce chapitre - fondamental - n'est pas d'un abord aisé. Il convient de le lire au moins deux fois pour bien le comprendre. Une fois cela fait voici un test pour vérifier si vous avez effectivement bien assimilé la matière : si la signification du tableur des groupes de travail vous est compréhensible (cf. infra), alors vous être prêt à participer efficacement au projet démocratiedirecte (étant bien entendu que seule la pratique permet de pleinement comprendre une matière).

Rien ne vaut la pratique pour comprendre. Même après une seconde lecture, il est possible que vous ne comprendrez pas 100% de la présente méthodologie, ce qui est tout à fait normal. Une compréhension imparfaite ne doit surtout pas vous décourager à participer à - ou créer un - groupe de R&D. C'est en pratiquant - en collaboration avec d'autres - que l'on comprend vraiment, pas en étudiant (même si une étude préalable à la pratique est nécessaire).

Avant de continuer reprécisons que nous ne traitons pas ici d'une méthodologie de DD mais d'une méthodologie pour concevoir et implémenter collectivement la DD !

Phases d'un projet

La dynamique de réalisation de tout système est fondée sur un cycle de cinq phases : définition, conception, implémentation, installation, test. Chacune des cinq phases produit un document output (rapport de phase) servant d'input à la phase suivante.

Commençons par décrire les cing phases du cycle. Nous aborderons ensuite leur dynamique itérative.

  • Phase I : Définition Le « quoi » : définition exhaustive et détaillée des fonctionnalités souhaitées du système.

    • Les objectifs définis au chapitre 2 ne constituent que les fondations - ou le squelette - de cette phase initiale. Ce sont les principes élémentaires, bien compris et acceptés par tous les participants aux groupes R&D.
    • L'existant. Pour initier cette phase on peut commencer par établir une liste la plus complète possible des points négatifs et positifs du système politique actuel. Cette liste devrait être mentionnée dans le "rapport d'existant" évoqué plus loin.
  • Phase II : Conception Le « comment » en termes fonctionnels : description exhaustive et détaillée des procédures et conditions opérationnelles des fonctionnalités déterminées en phase I.

    NB : En principe ces deux premières phases devraient être réalisées en faisant abstraction des modes d'implémentation physique ("blanche" ou "noire"), qui seront traités lors de la phase suivante. Mais en principe seulement comme nous verrons plus loin ...

  • Phase III : Implémentation Le « comment » en termes logiques puis physiques :

    1. traduction de la description des procédures et conditions opérationnelles décrites en phase 2, en schémas logiques (modes de stockage, transfert et traitement des données, ...) ;

    2. sur base du schéma logique, description détaillée et exhaustive de l'implémentation physique du système (type de matériel requis, le fond et la forme des interfaces, ...), et cela - dans le cadre du présent projet - pour deux versions d'implémentation :

      • l'implémentation "noire" concerne un système de DD qui utilise le vote électronique (ordinateurs, Internet, ...) ;
      • l'implémentation "blanche" concerne un système de DD qui n'a pas recours au vote "électronique" [1].

    Au terme de cette phase III on dispose alors du plan d'implémentation, c-à-d des instructions à suivre pour installer le système.

  • Phase IV : Installation Installation physique des implémentations blanche et noire (NB : pour l'implémentaion noire, cette phase commence par une phase de programmation réalisée sur base des schémas logiques déterminés en phase III-1).

  • Phase V : Test Mise à l'épreuve des implémentations blanche et noire en situation réelle. Cette confrontation avec un échantillon représentatif des utilisateurs a généralement pour effet de provoquer un nouveau cycle - pouvant remonter jusqu'à la phase I - afin de résoudre des problèmes apparus seulement lors de cette phase "finale" [2].

Abordons maintenant la dynamique de succession des phases. Les cinq phases ci-dessus constituent un cycle. Pour obtenir un système de DD opérationnel plusieurs cycles sont requis. Durant les premiers cycles le système n'est que partiellement réalisé : des fonctionnalités sont déficientes, des modules incomplets, d'autres manquants, etc. Ces déficiences et imperfections doivent être identifiées de façon exhaustive, puis corrigées.

Pour ce faire les rapports de phase réalisés par chaque groupe R&D jouent un rôle déterminant. Durant un cycle, càd une suite de cinq phases, chaque groupe en charge d'une phase déterminée reçoit du groupe en charge de la phase précédente un rapport de phase. Celui-ci est en quelque sorte le cahier des charges que le groupe destinataire doit réaliser au niveau de sa phase. Ce cahier des charges est :

  • soit jugé (par le groupe destinataire) inutilisable comme document input, dans lequel cas le rapport de phase est retourné au groupe expéditeur, après avoir été complété de critiques et recommandations d'améliorations ;
  • soit jugé utilisable comme document input par le groupe destinataire.

Le graphique suivant illustre le voyage évolutif des rapports de phase entre groupes R&D :

Chaque noeud entre deux ellipses correspond donc à une des cinq phases de projet, ainsi qu'à un groupe R&D (NB : nous verrons qu'il y en a bien plus que cinq). Voici la chronologie détaillée :

  1. Itération 1
    1. I. Définition : Le groupe en charge de la phase I commence par (i) dresser un état de l'existant en matière de référendum, délégation, élection par tirage au sort et systèmes experts ; puis (ii) définit les fonctionnalités principales du système que l'on veut construire. Le groupe publie son rapport phase I sur son site ouaib. Il sert d'input à lui-même lors de l'itération 2.
  2. Itération 2
    1. I. Définition : Sur base de son propre rapport de phase I le groupe de la phase I élabore une première mouture de définitions des fonctionnalités du système de DD, la plus détaillée et exhaustive possible. Le groupe publie son rapport de phase I sur son site ouaib et l'adresse au groupe suivant.
    2. II. Conception : Sur base du rapport de phase I le groupe en charge de la phase II tente d'élaborer une première version de procédures et conditions opérationnelles du système de DD, ce qui révèle généralement des points de définition insuffisamment développés par le groupe de phase I. Le rapport de phase II est publié et adressé au groupe précédent.
  3. Itération 3
    1. I. Définition : Sur base du rapport de phase II le groupe en charge de la phase I corrige les insuffisances décelées par le groupe phase II, puis publie son rapport de phase I sur son site ouaib.
    2. II. Conception : Sur base du rapport de phase I le groupe en charge de la phase II établit une nouvelle version des conditions et procédures opérationnelles du système de DD. Le rapport de phase II est publié et adressé au groupe suivant.
    3. III. Implémentation : Sur base du rapport de phase II le groupe phase III établit une première version de plans d'implémentations : une version "blanche", une version "noire". Ces premières tentatives d'implémentations révèlent généralement des points de définition insuffisamment développés par le groupe de phase II. Le rapport de phase III est publié et adressé au groupe précédent.
  4. Itération 4
    1. II. Conception : Sur base du rapport de phase III les insuffisances décelées sont corrigées. Le rapport de phase II est publié.
    2. III. Implémentation : Sur base du rapport de phase II un plan d'implémentation détaillé du système de DD est conçu. Le rapport de phase III est publié et adressé au groupe suivant.
    3. IV. Installation : Sur base du rapport de phase III une première tentative d'installation physique des systèmes blanc et noir est réalisée, qui révèle généralement des points d'implémentation insuffisamment développés par le groupe phase III. Le rapport de phase IV est publié et adressé au groupe précédent.
  5. Itération 5
    1. III. Implémentation : Sur base du rapport de phase IV les insuffisances décelées sont corrigées. Le rapport de phase III (plans d'implémentation blanc et noir) est publié et adressé au groupe suivant.
    2. IV. Installation : Sur base du rapport de phase III L'installation des systèmes blanc et noir est réalisée. Le rapport de phase IV est publié.
    3. V. Test : Sur base des rapports de phase III et IV les deux systèmes blanc et noir sont testés en situation réelle. Cette première confrontation avec un échantillon représentatif de la masse des utilisateurs du système peut révéler des insuffisances à n'importe quelle phase précédente. Le rapport de phase V est publié. Dans le pire des cas on retourne en phase I pour recommencer une nouvelle série de cycles (généralement plus rapide que la première série).

Phases du système de DD

Dans la section 1 nous avions souligné que ne traitons pas ici d'une méthodologie de DD mais d'une méthodologie pour concevoir et implémenter la DD. Nous allons cependant procéder à une petite dérogation en intégrant les trois phases constituant tout processus politique : préparation --> décision --> exécution. Ces trois phases doivent être appliquées à la gestion des deux modules élémentaires de notre système de DD : référendum et délégation :

  1. Préparation :
    • des référendums : initiative, rédaction, ... ;
    • de la délégation de pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire : candidatures humaines, propositions de modèles de robots (systèmes d'intelligence artificielle), définition et vérification des critères de compétence/capacité, ...
  2. Décision :
    • les référendums sont mis en votation ;
    • les délégués et robots sont élus/choisis par tirage au sort.
  3. Exécution :
    • exécution (par les délégués et les agents de l'État) des décisions prises (par les citoyens, délégués ou robots).

En outre chacune de ces trois phases doit pouvoir être contrôlée de façon ouverte par tous les citoyens qui le souhaitent.

Le tableau suivant synthétise cette intégration :

Phases des procédures de gouvernance directe
Préparation Décision Exécution
Module
référendaire
Initiative et rédaction
des référendums
Par votation Par les agents de l'État
Module
délégatif
Humains Candidatures (*) Par tirage au sort Par les délégués (décideurs)
et agents de l'État (exécutants)
Robots Propositions de
modèles de robots (*)
Contrôle ouvert des trois phases

(*) Cette procédure comprend la vérification de critères objectifs de capacité

N.B. Il importe de ne pas confondre phases du système et phases du projet :

  • les trois phases du système de DD - présentées dans le tableau ci-dessus - concernent l'exercice du système de DD défini au chapitre 2 ;
  • les cinq phases du projet démocratiedirecte - présentées dans la section précédente - concernent la conception & réalisation du système de DD défini au chapitre "Objectif".
L'ampleur
du travail
à réaliser

Prenons par exemple le cas de la phase I du projet (Définition) concernant la phase 1 du système (Préparation) pour le module référendaire. Cette phase de définition des fonctionnalités souhaitées du système doit commencer par établir une liste exhaustive de toute les opérations à effectuer (le "quoi" seulement car le "comment" est traité par la phase II du projet) dans une initiative de référendum et dans sa rédaction. Essayez d'imaginer toute la problématique de la seule rédaction d'une question soumise à votation : comment les amendements à la formulation d'un question sont-elles proposées puis validées, à partir de quand et comment considère-t-on que la rédaction est terminée, etc.

Le travail à réaliser est donc immense. Et nous voulons en outre qu'il soit réalisé de façon ouverte et décentralisée. Pour ce faire, il faut commencer par structurer le projet. Cette structuration en sera véritablement le noyau.

Structuration de ce projet

Comme expliqué au chapitre "Objectif" on veut développer et installer un système référendaire et un système de délégation pour les trois types de pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) et cela aux niveaux communal, national et international.

En outre :

  • l'exercice de chacun des deux systèmes - référendum et délégation - est composé de trois phases : préparation, décision et éxécution ;
  • on veut tester deux types d'implémentation : sans technologies complexes (implémentation "blanche") et avec technologies complexes (implémentation "noire") ;
  • on veut réaliser le projet sur base de cycles de cinq phases : définition, conception, implémentation, installation et test.
Niveaux de pouvoir Communal / National / International
Types de pouvoir Législatif / Exécutif / Judiciaire
Systèmes Référendums / Délégation-Hommes / Délégation-Robots
Phases du système de DD Préparation / Décision / Exécution
Implémentations Blanche / Noire
Phases du projet Définition / Conception / Implémentation / Installation / Test

Ce tableau synthétique est le noyau conceptuel du projet. Mais il n'est aussi que le "squelette" du système de démocratie directe que l'on souhaite construire. Le principal - la chaire, les tendons, les muscles et les organes de cette structure - reste à réaliser. Il s'agit clairement de faire table rase, et de repenser complètement notre démocratie (si peu) "représentative". L'ampleur du projet est donc considérable, de sorte qu'il convient d'organiser efficacement sa réalisation.

Pour ce faire nous allons combiner l'ensemble des points du tableau ci-dessus en sous-projets. Chacun de ceux-ci pourra alors être pris en charge par un groupe R&D. Pour calculer leur nombre il suffit de multiplier entre eux les nombres d'options de chaque ligne du tableau suivant, soit :
3 x 3 x 3 x 3 x 2 x 5 = 810 sous-projets.

Il faut cependant apporter une correction : supprimer les occurrences combinant "Délégation-R" avec "Blanche", qui n'ont aucun sens puisque l'option blanche n'utilise pas de technologies complexes. Dès lors le calcul devient : (3 x 3 x 2 x 3 x 2 x 5) + (3 x 3 x 1 x 3 x 1 x 5) = 675 sous-projets.

La méthodologie que nous élaborons ici a pour fonction de coordonner la réalisation de ces 675 sous-projets afin de maximiser et optimaliser leur intégration. Pour ce faire on va commencer par ajouter des sous-projets ayant pour objectif de concevoir des systèmes standards, faisant abstraction du niveau géographique et du type de pouvoir. Ces sous-projets sont donc au nombre de : (2 x 3 x 2 x 5) + (1 x 3 x 1 x 5) = 75. Il s'agit d'un tronc commun proposant des modules standards parmi lesquels les groupes en charge des autres sous-projets pourront trouver des modules qu'ils adapteront à leurs spécificités (Légilsatif/Exécutif/Judiciaire et Local/National/International).

La dynamique du projet consiste, à partir de ces 750 sous-projets (675 spécifiques et 75 standards) partiellement complémentaires et redondants, d'aboutir progressivement - par des processus que nous présenterons plus loin - à un système optimal fondé sur un tronc commun aussi large que possible. Avant d'aborder plus en détail cette dynamique d'intégration du travail des groupes voyons d'abord les quatre types de groupes de travail.

753 groupes de travail

Aux 750 groupes R&D (Recherche et Développement) présentés dans la section précédente s'ajoutent 3 groupes d'accompagnement :

  • un groupe Gestion (numéro 751) ;
  • un groupe Logistique (numéro 752) ;
  • un groupe Méthodologie (numéro 753).
Groupes
R&D

Chacun des 750 groupes R&D est identifié dans le tableur ci-dessous au moyen d'un numéro compris entre 1 et 750. Ce tableur est le noeud physique du projet, c'est par lui que toute la dynamique de l'intelligence collective va pouvoir opérer. Il permet de trouver facilement le groupe de son choix, mais aussi les groupes avec lesquels il serait intéressant d'échanger des informations (principe de flux d'informations croisés).

Codes d'identification des groupes (Cliquez sur l'image pour accéder au tableur)

Codes d'identification des groupes

Domaine d'un groupe R&D. Le tableur et le formulaire ci-dessus permettent donc de définir clairement le domaine, le champs d'action de chaque groupe, comme étant la combinaison entre un des 150 sous-projets et l'une des 5 phases du projet.

Application : le rapport d'existant. La première action de tout groupe R&D consiste à identifier et décrire les points négatifs et positifs du système politique existant, au niveau du domaine correspondant au numéro du groupe (pour les groupes Standards le rapport d'existant concerne les points négatifs et positifs communs à tous les domaines). Chacun des 750 groupes R&D peut (et doit) donc commencer son activité même si aucun rapport d'existant ou de phase n'a encore été publié par d'autres groupes ! Chaque groupe publie ses rapports sur son site ouaib.

Groupe
Logistique

Celui-ci a pour fonction de fournir un support logistique à la collaboration des groupes R&D et à l'intégration de leurs productions. Il peut s'agir par exemple de mettre à disposition de l'ensemble des groupes un système de base de données, un système de votation, un système d'élection par tirage au sort, ...

Il s'agit donc d'un support consacré exclusivement aux services collectifs du projet. Ce groupe n'est pas en charge d'un quelconque support aux besoins particulier de certains groupes R&D.
Groupe
Gestion

Le groupe Gestion joue - avec le groupe Logistique - un rôle primordial pour le fonctionnement optimal (i) des flux d'informations entre groupes et (ii) du processus décisionnel au niveau de l'ensemble du projet. Ainsi le groupe Gestion pourrait prendre en charge, avec le groupe Logistique, l'organisation de réunions inter-groupes, de référendums et d'élections internes au projet, ...

Le tableur ci-dessus sera normalement hébergé par le groupe Logistique et géré par le groupe Gestion.

Groupe
Méthodologie

Le groupe Méthodologie a pour mission d'améliorer la présente méthodologie sur base de l'observation des autres groupes.

Pour créer un groupe de travail voir chapitre "Stratégie".

Intégration du travail des groupes

La dynamique d'intégration du travail des 750 groupes R&D vise à réaliser un système optimal représentant le meilleur arbitrage entre standardisation et adéquation aux besoins spécifiques d'un système de DD. Cette dynamique - qui exploite le phénomène d'intelligence collective - se réalise naturellement sous l'effet de trois facteurs :

  • les comparaisons croisées ;
  • les validations itératives ;
  • la redondance initiale.
Comparaisons croisées

Chaque groupe de développement participe en permanence à un double flux d'échanges et comparaisons d'informations :

  • un flux "vertical", avec les groupes des autres sous-projets pour la même phase ;

  • un flux "horizontal", avec les groupes des autres phases de son sous-projet.

Le fichier des groupes R&D ci-dessous montre en détail le fonctionnement de ces flux d'informations (PS : ce fichier devrait être hébergé par le groupe Logistique, et géré par le groupe Gestion) .

Flux informationnels(Cliquez sur l'image pour accéder au tableur)

Codes d'identification des groupes

Dans la feuille "Tri" du tableur ci-dessus un tri a été opéré afin de visionner facilement tous les groupes s'occupant de la même implémentation de la même phase-système du même système. La sélection verte montre le double flux d'information horizontal/vertical que le groupe 219 peut entretenir avec les autres. Notez que sur chaque numéro on peut placer un lien vers le rapport de phase que le groupe publie sur son site ouaib. Cliquez sur l'image ci-dessus, puis dans le tableur cliquez+CTRL sur 219 !

Validations
itératives

Etant donné que chacun des 750 groupes R&D participe de la même façon à un tel flux croisé d'informations il en résulte nécessairement que, au fur et à mesure de la succession des cycles de phases du projet (cf. section "Phases et cycles d'un projet"), le travail de l'ensemble des groupes va converger naturellement vers un système optimal, c-à-d alliant au mieux standardisation et adéquation. Des synergies et fusions seront opérées, des voies seront abandonnées (par exemple option avec/sans technologie complexe). Il est important qu'au début aucune voie ne soit exclue.

Relation entre les 15 groupes/sous-projets "standards" et les autres (groupes "spécifiques"). Nous avons évoqué le fait plus haut que les groupes en charge des projets standards seront très utiles aux autres. Mais l'inverse est également vrai car la communication entre groupes se fait dans les deux sens. Ainsi les groupes standards pourront trouver dans les rapports des groupes spécifiques les informations dont il ont besoin pour développer des modules standards.

Les flux d'informations croisés fonctionneront donc de façon permanente, et sont partie intégrante des 5 phases d'un cycle.

Je pense qu'au moins deux à trois cycles seront nécessaires, de sorte que la réalisation du projet nécessitera plusieurs années. La durée dépendra notamment de la qualité de la gestion des flux d'information entre les groupes R&D. Les deux groupes Gestion, Logistique et Méthodologie évoqués à la section précédente ont là un rôle primordial à jouer.

Boucles de rétroaction. On notera que le schéma ci-dessus est composé de boucles de rétroaction. Les rétroactions constituent un principe fondamental de l'auto-organisation et de l'autorégulation, aussi bien pour les systèmes physiques, chimiques et biologiques que dans de nombreuses technologies.

Redondance

La redondance partielle des groupes R&D est une caractéristique déterminante des mécanismes de comparaisons croisées et de validations itératives. Son effet concurrentiel permet de stimuler la réflexion, par la confrontation d'approches qui varieront d'autant plus que les groupes doublés - étant généralement constitués de personnes différentes - auront leur propre histoire.

D'autre part, bien que la théorie de gestion de projet recommande de faire abstraction des modes d'implémentation lors de deux phases préliminaires de définition et conception (cf. section 2), il demeure que l'anticipation des modes d'implémentation peut parfois influencer positivement le travail des groupes de phase 1 et 2.

Enfin il ne faut pas perdre de vue qu'au fur et à mesure que le projet évoluera des groupes pourraient être fusionnés, de sorte que progressivement la redondance initiale dans la structuration du projet disparaîtra.

Effets combinés

La "magie" de cette dynamique d'intégration de travaux éparses et fragmentaires, en une structure cohérente est le fruit de l'action combinée des effets de comparaisons croisées, validations itératives et redondances. En outre cette dynamique peut être initiée par seulement quelques individus travaillant en groupe ou isolément, sur une partie même très petite du projet, et avec la garantie que le travail réalisé pourra ultérieurement être connecté avec d'autres et intégré au sein de la structure.

Gestion des groupes

Au début les groupes seront de petites tailles et communiqueront encore peu de sorte qu'ils fonctionneront de façon très informelle sans que cela pose problème. Mais lorsque tailles et relations se développeront il se pourrait qu'il devienne nécessaire d'appliquer une méthode de travail plus formelle et standardisée afin de faciliter la collaboration des groupes R&D et l'intégration de leurs productions respectives.

Dans ce cas, voici une possible base de règles pour une "Constitution interne" du projet :

  1. Prises de décisions. Les décisions sont prises par votation (référendum), lesquels sont organisées au niveau des groupes. Tout membre d'un groupe peut proposer une votation. Pour être acceptée une proposition de décision doit recueillir le suffrage de la majorité des participants au projet (ou du groupe s'il s'agit d'une votation interne à celui-ci).

    Quelle majorité ? La première des votations consistera à décider si la majorité décisive est à 50% ou 2/3. Pour ce faire nous recommandons que la majorité décisive pour cette votation soit fixée à 2/3. Nous espérons que le résultat sera 2/3 car il est plus rationnel de commencer à tester les effets d'une majorité décisive à 2/3, puis en cas de déception réitérer cette votation.

  2. Droit d'initiative et de vote. Seuls les membres d'un groupe ont droit de proposer un votation et de voter. Pour devenir membre d'un groupe il suffit d'être parrainé par un de ses membres. Il suffit au parrain de demander au secrétaire de son groupe d'ajouter le nouveau membre dans le fichier des participants au projet.

    La fonction du parrain est triple : (i) aider le nouveau participant à s'intégrer efficacement dans le projet, (ii) minimiser le risque d'infiltration d'individus nuisibles en responsabilisant les parrains, (iii) demander au secrétaire du groupe d'inscrire la personne parrainée dans le fichier des participants au projet (ce qui permet la participation aux votations dans le cadre du projet).
  3. Liste des membres. Le fichier des membres du projet est un élément fondamental du système de votation interne au projet. Seul le secrétaire de groupe y a accès en écriture (les autres en lecture). Il inscrit un nouveau membre dans le fichier à la demande du parrain. Ce fichier est hébergé par le groupe Logistique.

    Anonymat. Il est vivement recommandé de bannir le principe d'anonymat des participants au projet car l'anonymat facilite grandement l'infiltration et les sabotages par des individus mal intentionnés.
  4. Fonctions de gestion. Dans chaque groupe, des participants peuvent être élus par tirage au sort pour assumer une fonction de gestion (secrétaire, comptable, représentant du groupe à des réunions inter-groupes, ...). L'élection - renouvelée tous les trois mois - est effectuée à partir d'une liste de membres candidats. Pour certaines de ces fonctions le groupe pourrait déterminer des conditions de compétence que tout candidat devrait remplir pour pouvoir présenter sa candidature.

    On notera que si un groupe souhaite conserver la même personne à une même fonction, il suffit que personne d'autre qu'elle ne présente sa candidature à l'élection (PS : cette situation n'est évidemment réaliste que dans les petits groupes). Il est cependant recommandé de maintenir opérationnelle la procédure d'élection trimestrielle afin que toute candidature alternative demeure possible.
Outils

L'activité de chaque groupe consiste donc (i) à participer à la réalisation du projet, et (ii) gérer son fonctionnement interne. Par exemple si le groupe Méthodologie veut proposer une recommandation méthodologique à l'ensemble des groupes R&D, il faudra que cette recommandation soit validée par la majorité des membres du groupe Méthodologie.

L'ensemble de ces tâches peut être opéré à l'aide d'outils de prise de décision collective tels que loomio.org (NB : je n'ai pas testé ce système ...).

Méthodologie intra-groupe

La quantité et la qualité du travail réalisé par chaque groupe sera fonction de sa capacité à travailler avec méthode. Voici une méthodologie ayant pour objet d'optimaliser l'efficience de tout processus de décision. Elle devrait donc être appliquée chaque fois qu'il faut prendre une décision, même la plus petite, individuellement ou collectivement, et dans quelque domaine que ce soit. [Source : Kepner-Tregoe].

  1. Définir la situation
  2. Répertorier les causes possibles
  3. Parmi les précédentes, identifier les causes probables
  4. Déterminer les critères auxquel la solution doit répondre
  5. Déterminer des solutions possibles
  6. Parmi les précédentes, sélectionner les meilleures
  7. Répertorier les implications positives et négatives de chacune d'elles
  8. Choisir la solution définitive
  9. Déterminer un plan d'implémentation
  10. Assurer le suivi de l'implémentation

Communication

Travail collaboratif en réseau

Les participants communiqueront essentiellement via Internet. Il est cependant recommandé que les membres d'un groupe - ainsi que des cinq groupes de phase de chacun des 150 sous-projets - se rencontrent également lors de réunions physiques organisées à date fixe. Par exemple le premier dimanche de chaque trimestre pour chaque groupe, et deux fois par an pour les cinq groupes de phase d'un sous-projet.

Bien sûr ce ne sera pas toujours possible pour tout le monde car certains habiteront trop loin par rapport à la majorité des membres de leur groupe. Mais il faut voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vidé : Internet nous permet de collaborer malgré l'éloignement géographique.

Force de travail

Quantitatif

La force de travail disponible pour le projet est composée de quatre types de participants (tous bénévoles) : personnes avec emploi, étudiants, chômeurs, retraités. Si l'on suppose que chacun de ces groupes représente 1/4 de la force de travail et que le nombre moyen d'heures/semaine investi dans le projet par chaque participant est respectivement de 3, 6, 20 et 10 heures/semaine, on obtient un nombre moyen d'environ dix heures/semaine par participant. Cela représente 40.000 heures/an par centaine de participants [3].

Notre méthodologie vise à coordonner le travail d'un maximum de 753 groupes de travail. En comptant sur une moyenne de dix participants par groupe on obtient un total de plus de sept mille personnes (probablement moins car certaines participeront à plusieurs groupes).

Le présent projet aura donc aussi pour effet de montrer que - avec l'aide de méthodes et technologies modernes - il est possible d'organiser la collaboration efficace de milliers de personnes. Ce n'est d'ailleurs pas une première : de nombreuses entreprises sont composées de plusieurs milliers voire dizaines de milliers d'employés. Ce qui est réellement innovateur c'est que cette collaboration soit organisée sur base du phénomène d'intelligence collective.

Qualitatif

Tous(tes) les candidat(e)s francophones sont les bienvenu(e)s, quelle que soit leur nationalité. Sont particulièrement recherchés les profils suivants :

  • agents du service public ;
  • ex-élus (échevins, bourgmestres/maires, parlementaires, ...) et anciens ministres ;
  • sciences politiques et administratives ;
  • droit public (administratif, constitutionnel, international) ;
  • gestion et comptabilité de projets ;
  • informatique, télécommunication, électronique, statistique, mathématique ... ;
  • communication et ouaib design ;
  • psychologie, sociologie, histoire ;
  • philosophie, physique ;
  • non-spécialistes : Il importe aussi que participent à ce projet des personnes n'ayant aucune des compétences ci-dessus. Les spécialistes - étant souvent " le nez dans le guidon " - ont parfois tendance à perdre de vue l'essentiel, ou à s'égarer dans une complexité inutile, voire nuisible. C'est pourquoi le bon sens pratique de "Mr et Mme Toutlemonde" est absolument nécessaire. Il y a aussi le fait que les spécialistes sont généralement très liés aux institutions et au pouvoir qui les contrôle, ce qui limite leur objectivité ...
Inscription

Pour devenir membre d'un groupe il suffit d'être parrainé par un membre du groupe. La fonction du parrain est triple : (i) aider le nouveau participant à s'intégrer efficacement dans le projet, (ii) minimiser le risque d'infiltration d'individus nuisibles en responsabilisant les parrains, (iii) demander au secrétaire du groupe d'inscrire la personne parrainée dans le répertoire des participants au projet (ce qui permet la participation aux votations dans le cadre du projet).

Financement

Y a pas le feu. Le coût des phases I à III du projet (cf. "Phases du projet" au début de ce chapitre) est très faible puisqu'elles ne requièrent pas d'autre matériel que les ordinateurs des participants, lesquels sont en outre tous bénévoles. Quant à la question du financement des deux dernière phases (installation et test) elle ne pourra être résolue que lorsque la phase III aura livré son plan d'implémentation.

Financement interne/externe. Si nécessaire les participants (c-à-d les membres de groupes) pourraient décider de constituer un financement interne par virement permanent de (par exemple) 10 euros/an par participant. Les participants pourraient en outre décider de compléter ce financement interne par un financement externe ne pouvant dépasser (par exemple) 100 euros/an par sponsor (le principe étant ici que chaque sponsor ne peut représenter une pondération financière supérieure à dix participants). Si l'on applique le principe que chaque participant apporte un sponsor et que la contribution moyenne par sponsor est de 50 euros/an, on obtient alors un budget annuel total de (10 + 50) x 100 ≈ 6.000 euros/an par centaine de participants. Si l'on suppose une moyenne de dix participants par groupe pour un total de 600 groupes (on suppose donc que 150 groupes ne seraient jamais constitués ou fusionneraient avec d'autres au cours du projet) on obtient un total de six mille participants au projet et un budget total de 60 x 6.000 = 360.000 euros/an !

Je pense que neutraliser le risque qu'une minorité de membres/sponsors fortunés exercent des pressions financières sur la conduite du projet est nettement plus important que fixer la contribution des membres et sponsor en fonction de leur niveau de revenu. Ces deux options étant antagonistes, un choix doit être fait.

Comptabilité. Il importe de tenir sur toute la durée du projet - et dès le début - une comptabilisation des frais de fonctionnement et du temps de travail réalisé par l'ensemble des participants [4], ceci afin de pouvoir procéder à tout instant à une analyse financière statique, dynamique et prévisionnelle du projet. Dès que le projet sera commencé, un état comptable trimestriel devra être publié sur le site ouaib.

Participation de l'État. Pour ce qui concerne le dernier stade du projet - l'installation finale du système de DD - la participation de l'État est probablement indispensable. Cette problématique concerne la réalisation politique du projet, abordée dans le chapitre 4. Stratégie.

Évolution

Système et projet. À priori l'on pourrait penser qu'un projet tel que democratiedirecte.net (ou un éventuel fork) est un processus "one shot" qui serait terminé une fois réalisé le système de gouvernance ouverte et décentralisée. Cela aurait pu être vrai jusqu'au 19° siècle, lorsque la société humaine évoluait de façon imperceptible durant la vie d'un homme. Mais aujourd’hui ce n'est plus le cas, de sorte que tout système doit évoluer (s'adapter) en temps réel.

Il en résulte que la distinction entre projet et système devient floue. Plus précisément, leurs temporalités respectives sont en voie d'inversion : de permanent tout système (ou du moins son mode de fonctionnement) devient temporaire, le corollaire étant l'inverse pour tout projet, dont la durée de vie - jadis limitée - devient infinie.

Ainsi se pourrait-il que le projet democratiedirecte.net - et les groupes de R&D qui le réalisent - constituent les fondements d'une future Confédération mondiale des États ...

Synthèse

La méthodologie présentée dans cet article vise à la mise en application du concept d'intelligence collective, lequel est fondé sur les phénomènes d'auto-organisation et d'émergence.

Voici résumés les principes fondamentaux de cette méthodologie :

  1. Projet. L'intelligence collective s'exprime dans la réalisation d'un projet collectif (ici la réalisation d'un système de démocratie directe).

  2. Structure. Tout projet est défini par sa structure, laquelle détermine le nombre de sous-projets (cf. section "Structuration du projet").

  3. Groupes. À chaque sous-projet correspond un groupe R&D, défini par :

    • son sous-projet <--> une des 150 lignes du tableur.
    • sa phase de projet <--> une des 5 dernières colonnes du tableur ;
  4. Dynamique. Chaque groupe R&D est l'agent d'une dynamique itérative et redondante par laquelle il procède à :

    1. des comparaisons croisées, entre sa production (cf. les rapports de phase) et :
      • celle des groupes de la même phase, mais actifs dans d'autres sous-projets (flux d'informations "verticaux") ;

      • celle des groupes de son sous-projet, mais actifs dans d'autres phases (flux d'informations "horizontaux").

    2. des validations itératives des rapports de phase durant les cycles de phases du projet.
  5. Gouvernance. La gouvernance du projet est opérée selon les principes de démocratie directe définis au chapitre "Objectif".

    L'oeuf ou la poule ? Ainsi donc le présent projet est soumis à un dilemne particulier : c'est précisément ce système de gouvernance qu'il a pour objectif de concevoir et implémenter. Étant donc à la fois agent et objet il pourra s'utiliser lui-même comme environnement de test. Pour approfondir cette problématique lire "Initialisation de la DD".

Voir aussi :

  • notre article "Intelligence collective vs artificielle" dans lequel nous développons la thèse selon laquelle l'intelligence artificielle devrait être subordonnée à l'intelligence collective, afin de prévenir la prise de contrôle d'une intelligence "sur-humaine" soit par des machines "intelligentes" elles-mêmes (à supposer que ce soit possible ...), soit par leurs propriétaires privés (thèse nettement plus probable).

[1] Par exemple on pourrait installer dans chaque bureau de poste un isoloir permanent de vote, c-à-d accessible chaque jour ouvrable de l'année, ce qui permettrait de procéder à des référendums et des élections de façon permanente.

[2] Plus les phases préalables auront été bâclées, plus nombreux seront les dysfonctionnements qui apparaîtront lors du test.

[3] Années de 10 mois afin de réserver deux mois pour la prise en compte des périodes de maladie et de vacances (oublier le projet chaque année pendant quelques semaines est nécessaire afin de maintenir une productivité élevée sur toute la durée du projet, qui durera plusieurs années).

[4] Les participants pourraient ajouter la règle suivante à leur "Constitution" : « Chaque participant est invité à transmettre mensuellement au comptable le nombre d'heures qu'il a consacrées au projet ».

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