Objectif

màj : 12 oct. 2017
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Préambule

Objectif

Tout projet doit commencer par la définition de son objectif. Ainsi qu'entendons-nous exactement par "système gouvernemental de démocratie directe" ?

Après avoir défini les principes fondamentaux de ce système, il sera alors possible - selon la méthodologie présentée au chapitre "Méthodologie" - de procéder à une description exhaustive et détaillée des fonctionnalités souhaitées. On ne peut construire sur du sable mouvant, il faut d'abord commencer par fonder des bases cohérentes et comprises par tous.

Enfin il importe de ne pas verser dans un comportement magique consistant à se contenter de déclarer la démocratie dans une Constitution.

Système gouvernemental de démocratie directe

Il s'agit de concevoir puis implémenter un système de gouvernance ouverte et directe :

  • composé de deux modules complémentaires et hiérarchisés :

    1. un système référendaire, décisif, d'initiative populaire, ayant la primauté sur le principe suivant de délégation ;

    2. un système de délégation de pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire :

      • à des délégués non-reconductibles élus par tirage au sort dans un pool de candidats répondant à des critères de compétence ;
      • à des systèmes open source d'intelligence artificielle ;
  • applicable à tous les niveaux et types de pouvoir :

    • "verticalement" : communal, national, international ;
    • "horizontalement" : législatif, exécutif, judiciaire.
  • Subordination. Un élément fondamental de ce système est que le principe de délégation est subordonné au principe référendaire.
  • Robots. La problématique de l'utilisation ou de l'intervention de robots dans le processus décisionnel concerne la relation entre décideurs et experts : le décideur doit transformer l'avis nuancé (probabiliste --> non-binaire) de l'expert, en une décision qui elle ne l'est pas (oui/non --> binaire) [approfondir].
  • Entreprises. Selon le principe "qui peut le plus peut le moins", le système de démocratie directe proposé pourra être également appliqué dans des sociétés coopératives publiques ainsi que les associations (syndicats, ONG, ...).

Constitutions nationale et internationale

Ce volet constitutionnel est un processus législatif - mais aussi symbolique - par lequel le système défini ci-dessus serait officiellement reconnu. Il comprend deux étapes : la rédaction puis le vote de deux Constitutions :

  • une Constitution nationale :

    • déclarant la primauté du référendum - décisif et d'initiative populaire - sur le principe de délégation/représentativité ;

    • déterminant dans quels domaines, sous quelles conditions et selon quelles procédures les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont délégués, dans certains cas à des humains tirés au sort, dans d'autres à des robots ;

    • définissant l'État-nation, notamment comme une communauté linguistique ("Un État, une langue") couvrant toutes races et religions [approfondir] ;

    • définissant le statut de société coopérative publique (nous verrons plus loin qu'il s'agit là du nécessaire cadre institutionnel local de toute véritable démocratie directe).

  • une Constitution internationale, déclarant le principe :

    • d'une Confédération des États-nations remplaçant les organisations internationales de niveau mondial (ONU, FMI, OMC, ...) et certaines de niveau régional (Union européenne, OTAN, OCS, ...). ;

    • d'une langue internationale construite à cet effet [approfondir].

Une Constitution devrait être un document concis ne dépassant pas quelques pages et résumant les principes fondamentaux de la démocratie directe. Elle est ainsi un portail d'entrée permettant à chaque citoyen, via hyperliens, d'élargir et approfondir sa compréhension du système de gouvernance ouverte.

Enfin veillons à ne pas mettre la charrue avant les boeufs : c'est une fois le système réalisé qu'il sera possible de rédiger collectivement une Constitution, puis de la soumettre à une votation crédible. Mais il est vrai que nous somme ici confrontés au paradoxe de la poule et de l'oeuf [approfondir].

Moyens

Historiquement les Constitutions furent conçues et rédigées par une assemblée constituante. Une problématique majeure de toute "constituante" est sa légitimité et donc sa représentativité. Ainsi les Constitutions issues des révolutions américaine (1787) et française (1789) furent conçues sous le contrôle de la grande bourgeoisie industrieuse, qui a masqué ses intérêts de classe sous un glacis de "démocratie représentative" [approfondir]. Les leçons de l'histoire doivent attirer notre attention sur ce fait très important que la meilleure des Constitutions n'est pas de grande utilité - ou du moins n'est utile que du point de vue de la classe dirigeante - si son application effective est rendue trop difficile voire impossible par un système de gouvernance en réalité au main d'une oligarchie.

Contrôle
des moyens
de production

Les rapports de force économiques déterminent grandement le caractère plus ou moins démocratique du système de gouvernance. Ainsi le capitalisme privé, c-à-d la concentration privée des principaux moyens de production et du pouvoir financier, n'est pas compatible avec le principe démocratique s'il n'est pas limité. Cette réalité est le mieux illustrée par les USA, où plus de 90% des membres du Congrès font partie des 5% les plus riches du pays, et où le taux d'incarcération est le plus élevé de tous les pays de la planète (avec plus de prisonniers que la Chine dont la population est pourtant quatre fois plus élevée !). Ce "modèle" est internationalisé par la politique impérialiste (et généralement illégale au regard du droit international) de l'appareil d'État US (gouvernement + grandes entreprises privées) visant à « protéger les intérêts US dans le monde » (sic).

C'est pourquoi le projet politique démocratiedirecte :

Il importe donc de ne pas verser dans le comportement magique : il ne suffit pas de déclarer la démocratie au moyen d'une Constitution pour qu'elle soit ! Encore faut-il concevoir un système cohérent de gouvernance démocratique, puis l'implémenter et enfin en assurer l'utilisation effective. Pour ce faire, il importe d'appliquer : ‫

  • une méthodologie [approfondir] pour :
    1. concevoir efficacement les procédures du système ;
    2. implémenter efficacement les infrastructures du système.
  • une stratégie [approfondir] permettant de renverser les rapports de force actuellement en faveur de la classe dirigeante, et d'ainsi garantir l'application effective du système.

Classe dirigeante

Voltaire : « Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne » [18° siècle, source].

Paul De Grauwe (professeur à la London School of Economics) : « Les milliardaires contrôlent les entreprises, les médias et la politique, une situation dramatique pour une démocratie. Elle ne pourrait prendre fin qu'en cas de pandémie, de catastrophe, de guerre ou de révolution mondiale. Au XIVe siècle, la peste, par exemple, a provoqué une redistribution des revenus, les survivants ayant soudainement un salaire réel plus élevé. Autre exemple : en Allemagne, la Seconde Guerre mondiale a détruit les gros patrimoines, ce qui a permis de rendre le pays plus démocratique dans les années qui ont suivi » [2017, source].

Notre définition

Le concept de "classe dirigeante" est une entité de taxinomie sociologique visant à étudier ce phénomène complexe par lequel une minorité relativement informelle de la société organise sa domination par un processus relevant aussi bien de l'auto-organisation que d'une politique concertée exercée par des "centres" de pouvoir. Le concept d'"appareil d'État" décrit quant à lui les institutions par lesquelles la classe dirigeante exerce son pouvoir (État, grandes entreprises, universités, presse, ...). Ces objets sociologiques (auxquels on pourrait ajouter "oligarchie", "mafia", ...) sont certes des simplifications de la réalité, mais sans lesquelles il ne serait pas possible d'appréhender la complexité du phénomène de contrôle social.

État profond. Selon Peter Dale Scott, professeur émérite à l'Université de Berkeley, le concept de classe sociale n'est qu'un élément d'un entité plus large, l'État profond ("deep state"), comprenant également la bureaucratie (aux USA et en Russie, l'armée et les services de renseignement) et les lobbies. Ainsi les États profonds US et de l'Union européenne ont en commun la classe dirigeante et le lobby sioniste, mais se distinguent par l'influence plus grande de l'armée et des services secrets aux USA ,et des lobbies industriels dans l'UE. En Chine le parti "communiste" semble encore jouer un rôle central. Mais qu'il s'agisse des USA, de l'UE, de la Chine ou de la Russie, dans tous les cas on est très loin de la démocratie directe ...

À partir de la notion de classe sociale on peut s'approcher un peu plus de cette complexité en développant les concepts dérivés que sont la conscience de classe, la lutte des classes et la justice de classe.

Conscience de classe

Il existe dans la plupart (la totalité ?) des pays une classe dominante dont la richesse financière non seulement lui confère des capacités d'influence économique et culturelle considérables, mais en outre constitue un lien informel unifiant cette classe sociale. La réalité de sa conscience de classe est illustrée notamment par l'existence de clubs privés tels que Le Siècle (France) le Cercle de Lorraine (Belgique) ou le Bilderberg (pays membres de l'OTAN), essentiellement composés de dirigeants de grandes sociétés et de politiciens.

Richard Branson et Barack Obama font du ski nautique

Les relations d'amitiés entre grandes fortunes et dirigeants politiques (ici Richard Branson et Barack Obama en 2017) illustrent la réalité sociologique du concept de classe dirigeante.

Lutte des classes

Grâce au contrôle des moyens de production du savoir (enseignement et médias) la classe dirigeante est en mesure de construire une description du monde favorisant ses intérêts de classe et les "justifiant" moralement. Ce faisant elle fabrique et propage une image d'elle-même très valorisante (entreprenante, compétente, "multiculturelle", ...), à l'inverse des « masses populaires » plutôt décrites comme paresseuses, peu compétentes ou encore racistes. Celles-ci ne disposant pas de la même puissance de feu médiatique, ne peuvent rivaliser et suggérer - à la classe dominante, mais aussi à elles-mêmes - que ce sont peut-être surtout les malversations et les héritages qui caractérisent les "élites" et que par conséquent c'est peut-être dans les masses populaires que le pourcentage d'individus entreprenants et compétents est le plus élevé. Ce différentiel d' "effet miroir" - induit par le contrôle inégal des moyens de production médiatique - peut expliquer pourquoi la conscience de classe est nettement plus marquée chez les "élites" que dans le reste de la population.

Contrôle des moyens de production de "l'information". En France les milliardaires Serge Dassault et Arnaud Lagardère, héritiers de dynasties industrielles, possèdent à eux deux la majeure partie de la presse écrite nationale. Quant à leur homologue Martin Bouygues il est le principal actionnaire de TF1, première chaîne de télévision française. En 2001 Bouygues et Lagardère ont même participé au renflouement du quotidien "communiste" L'Humanité ! Enfin Libération, l’Express et BFM-TV sont sous le contrôle de l'Israélien Patrick Drahi. Ce contrôle du business de "l'information" par quelques-uns se retrouve au niveau du marché des agences de presse internationales, très largement dominé par un oligopole de trois sociétés : AP, AFP et Reuter.

Justice de classe

L'État joue un rôle déterminant dans le contrôle des moyens de production. C'est pourquoi le contrôle de l'État lui-même détermine si l'on vit en démocratie ou oligarchie, selon que ce contrôle est le fait d'une majorité ou d'une minorité. Ainsi une partie considérable des grandes fortunes provient du détournement de biens publics, notamment par la corruption de responsables politiques [source]. Les (rares) sanctions judiciaires sont essentiellement symboliques : les riches vont rarement en prison, et les éventuelles amendes étant inférieures aux gains des malversations elles sont logiquement non dissuasives. Justice de classe donc, et partant, récidivisme généralisé.

Un cas de figure très illustratif est celui d'Albert Frère, devenu un des plus puissants actionnaires privés de la bourse de Paris, et fait baron par le roi Albert II de Belgique en 1994. Sa fortune fut essentiellement le fruit de ses relations avec la classe politique, et donc d'origine publique (notamment la revente - à un prix surévalué - d'entreprises sidérurgiques à l'État belge, à la fin des années 1970). Sa fortune a véritablement explosé en 1983 suite à un faux en écriture couvert par le gouvernement belge [source p. 97].

Mentionnons enfin les résultats de cette étude réalisée par l'université de Berkeley montrant une corrélation négative entre propension aux comportements éthiques et fortune d'un individu ... [source]. Rien d'étonnant donc que les hautes instances du milieu patronal et politique entretiennent des relations avec le milieu mafieux, dont elles partagent par ailleurs l'anti-communisme viscéral [exemple1, exemple2, exemple3, exemple4, exemple5]. Ainsi le progrès social, économique et technologique ne s'est pas réalisé "grâce à" mais malgré la classe dirigeante. C'est pourquoi l'instauration de la DD constituera un bond évolutif qui se traduira par une explosion du développement durable.

Analyse micro-économique de la lutte des classes par Bernard Friot (5m50s - 2017)

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