Stratégie

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màj : 22 déc. 2017

Comment réussir une révolution

Réfléchir

Lorsqu'au début des années 2000 je fus actif au sein de la mouvance altermondialiste (Forum Social et ATTAC), j'ai rapidement constaté que ce mouvement potentiellement révolutionnaire était sous contrôle étroit de l'appareil d'État, via des syndicalistes, salariés d'ONG subsidiées et autres indicateurs, tous très actifs au sein du Forum social et d'ATTAC, dont ils constituaient l'essentiel des cadres [1].

J'eu confirmation de ce contrôle systémique lorsque le sénateur belge Serge Moureaux, qui avait été membre de la commission d'enquête sur les Cellules Communistes Combattantes (années 1980), déclara lors d'une conférence organisée par ATTAC en 2002, que les CCC avaient été infiltrées dès leur création par des indicateurs de la police, de la Sûreté de l'État, et de l'OTAN. Je constatai également que l'action de la police lors des manifestations "anti-capitalistes" consiste systématiquement à inciter les manifestants à la violence (ainsi en 2002 j'ai été témoin d'une action flagrante de provocation où un officier donne instruction à trois policiers harnachés de protections "robocop" de longer les grilles d'un parc occupé par les manifestants afin d'inciter ceux-ci à lancer des projectiles).

Ces expériences m'ont permis de comprendre que le contrôle exercé par l'appareil d'État sur l'opposition démocratique non officielle est fondé notamment sur l'infiltration, laquelle permet une double action, apparemment contradictoire : la neutralisation (généralement au sommet) et la provocation (généralement à la base).

À cela s'ajoute une grande erreur stratégique dans le chef des révolutionnaires novices : "tirer dans toutes les directions" en ne distinguant pas l'essentiel de l'accessoire, ou du moins les causes essentielles et leur problématiques dérivées. Il en résulte un énorme gaspillage d'énergie et de temps, conduisant généralement à l'épuisement du mouvement. J'en ai donc tiré comme leçon que pour réussir une réforme radicale de la société il importe de concevoir :

  1. un programme composé des principes essentiels, en l'occurrence le partage du pouvoir politique et du pouvoir financier ;

    Par "essentiels" j'entends le fait que le partage des pouvoirs politique et financier est une condition préalable au traitement efficace de problématiques induites : chômage, dette publique, environnement, flux migratoires, droits des femmes, droits des minorités, ...

  2. une stratégie et une méthodologie bien pensées.

Lorsque les "révolutionnaires" non organisés n'ont pas de programme, stratégie et méthodologie connus de tous (ce qui est généralement le cas des anarchistes), ils sont systématiquement instrumentalisés : soit que le pouvoir neutralise leur action, soit qu'un autre pouvoir leur vole leur révolution (cf. révolution française, révolutions oranges, ...).

  • Échec de la révolution altermondialiste (1995-2005). J'ai pu constater que les cadres du Forum social et d'ATTAC étaient très proches de la classe politique via le PS et les écologistes. Ils organisaient des manifestations (en étroite collaboration avec les services de police) sur des thèmes qui critiquaient l'OTAN et son bras politique européen - l'Union européenne - mais sans jamais demander la dissolution de ces institutions capitalistes. Ils s'agissait notamment de perpétuer le mythe d'une "Europe sociale" à venir. L'histoire du mouvement altermondialiste illustre un succès total de neutralisation d'un mouvement potentiellement révolutionnaire.
  • Succès de la révolution cubaine (1953-1959). Les révolutionnaires cubains étaient relativement bien organisés et avait un objectif précis : renverser la dictature de Batista par les armes. À noter que le contexte géographique et politique était particulièrement favorable à une révolution : présence de montagnes où la guérilla pouvait vivre en clandestinité, absence d'idéologie politique marquée au sein de la guérilla au moment de la révolution (ce n'est qu'après la révolution que le gouvernement révolutionnaire s'est converti au communisme).

Principes stratégiques

Stratégie

La réalisation de la DD implique deux groupes : la classe dirigeante vs le reste de la population. Il s'agit de renverser le rapport de force actuellement en faveur de la classe dirigeante. Cette prise du pouvoir requiert l'application d'une stratégie mûrement réfléchie.

Une stratégie consiste en un plan d'actions prenant en compte les éléments favorables et défavorables du contexte (social, politique, économique, technologique, ...) dans lequel se situe la réalisation du projet. Il s'agit notamment (i) d'évaluer correctement les forces et faiblesses des parties en présence, et (ii) d'anticiper leurs réactions stratégiques.

Cette stratégie devrait selon nous comporter deux étapes successives :

  1. Construire un système de gestion collective concevoir les procédures, et implémenter les infrastructures (réseau) constituant le système de gouvernance ouverte et directe défini au chapitre "2. Objectif" ;

    La présente publication concerne essentiellement cette première étape. La section "Contrôle des moyens de production" synthétise la problématique de la seconde étape.

  2. Prendre le contrôle des principaux moyens de production (les grandes sociétés, à commencer par les banques, les chaînes de télévision et la presse, le secteur énergétique, les télécommunications et les transports) les salariés des grandes sociétés nationalisent leurs entreprises en se constituant en coopératives publiques.
    • Les grandes sociétés représentent moins de 1% du nombre total d'entreprises enregistrées, et environ 1/3 de l'emploi total. Cependant leur capacité de nuire à un gouvernement populaire est énorme, comme l'illustre la situation du gouvernement Maduro au Venezuela.
    • Une fois la DD installée il pourrait être décidé par référendum si les anciens propriétaires devraient être dédommagés pour la nationalisation de leurs grandes sociétés (l'État pourrait par exemple racheter celles-ci à un certain pourcentage de leur valeur comptable, déterminé via le référendum).

Chronologie

L'émergence d'un mouvement populaire massif en faveur de la nationalisation - intégrale et définitive - des grandes sociétés requiert la disponibilité préalable d'un système permettant leur gestion collective. La population se rend bien compte que la nationalisation des grandes sociétés en coopératives publiques n'au aucun sens si l'on ne dispose pas des moyens pour les gérer efficacement. Il faut donc nécessairement procéder selon la chronologie ci-dessus.

Construire un système de gestion collective

La présente section présente la procédure de création d'un groupe de R&D, puis précise quelques points pratiques concernant le fonctionnement des groupes.

Groupes R&D

Les groupes R&D ont pour mission de concevoir puis implémenter le système de DD dont les principes de base sont définis au chapitre "Objectif".

Procédure de création d'un groupe R&D :

  1. Lire : Prenez le temps de lire avec attention les articles : Introduction, Objectif et Méthodologie.

  2. Quel groupe : Une fois que vous êtes sûr d'avoir bien compris le "quoi" et le "comment", déterminez quel groupe vous intéresse. Outre les 750 groupes "R&D" catalogués dans le tableur il y a également les groupes "Gestion" (code 751), "Logistique" (code 752) et "Méthodologie" (code 753) qui pourraient vous intéresser. Le fichier suivant vous permet de trouver le groupe R&D de votre choix (NB : pour comprendre pleinement sa signification lire le chapitre Méthodologie).

    Codes d'identification des groupes (Cliquez sur l'image pour accéder au tableur)

    groupes.png
  3. Site ouaib : Créez le site ouaib de votre groupe (WordPress, dotclear, eklablog, ...) ou, encore mieux, un site web de travail collaboratif (Drupal, MediaWiki, SPIP, ...). Une fois votre site web créé communiquez-nous son adresse afin que nous mettions un lien sur son numéro dans le tableur mentionné au point 2 ci-dessus (PS : il importe que ce tableur soit au plus vite hébergé par le groupe Logistique et géré par le groupe Gestion dès que ceux-ci auront été créés).

  4. Rapport d'existant : La première action de tout groupe R&D consiste à identifier et décrire les points négatifs et positifs du système existant, au niveau du domaine correspondant au numéro du groupe (pour les groupes Standards le rapport d'existant concerne les points négatifs et positifs communs à tous les domaines). Chacun des 750 groupes R&D peut donc commencer son activité même si aucun rapport d'existant ou de phase n'a encore été publié par d'autres groupes ! Chaque groupe publie ses rapports sur son site ouaib.

  5. Participants : Avec votre site ouaib et un rapport d'existant (ou du moins une première version) vous aurez d'autant plus facile pour convaincre d'autres personnes de rejoindre votre groupe R&D. En outre la lecture du rapport d'autres groupes vous aidera beaucoup. Vous l'avez compris : il faut que quelques individus entreprenants prennent l'initiative de "lancer la machine".

Dynamique initiale

Au début ...

Dans un premier temps chaque groupe peut travailler indépendamment des autres. Il faut d'abord produire un minimum de concret au niveau de son groupe pour que celui-ci puisse par la suite entrer en dialogue avec d'autres (cf. le rapport d'existant et les rapports de phase évoqués au chapitre "Méthodologie"). Il ne faut donc pas attendre qu'un nombre minimum de groupes existent pour pouvoir commencer à travailler dans quelque groupe que ce soit.

Coordination

La coordination de l'ensemble des groupes R&D se mettra en place naturellement au fur et à mesure qu'augmenteront leur nombre ainsi que la qualité de leur production (rapport d'existant et rapports de phase). La méthodologie proposée permet de documenter et intégrer les travaux éparses et fragmentaires des divers groupes R&D dans une structure logique. Ainsi on peut commencer à travailler à quelques-uns voire tout seul sur une partie même très petite du projet, et avec la garantie que le travail réalisé pourra ultérieurement être connecté avec d'autres et intégré au sein de la structure logique (cf. chapitre "Méthodologie > Intégration du travail des groupes").

Contrôle des moyens de production

La nationalisation des principaux moyens de production (les grandes sociétés, soit moins de 1% des entreprises, et environ 1/3 de l'emploi total) peut se réaliser selon deux voies : les élections et la révolution.

Voie électorale

Révolution

La voie électorale pour nationaliser les principaux moyens de production requiert de trouver un parti politique dont le programme comprend ce point (PS : en connaissez-vous un seul, parti "communiste" compris ... ?). Mais encore faut-il que ses dirigeants - généralement des politiciens professionnels - soient sincères dans leur volonté de saborder le système dont ils profitent, ce qui est peu crédible (cf. la trahison de Mitterrand après son élection en 1981).

Une alternative consiste donc à créer un nouveau parti politique dont le programme comprend la démocratie directe, celle-ci étant également appliquée au sein du parti. C'est ce que nous proposons, dans un mode ludique, avec le concept tutmondigo.net ("mondialisation" en espéranto), parti politique transnational organisé sous la forme d'un jeu en réseau : les participantEs sont groupéEs par pays en équipes linguistiques, et le but du jeu est d'obtenir le meilleur score aux élections (communales, nationales, ...), sur base d'un programme commun. Celui-ci ne comprend que deux points, mais fondamentaux : la démocratie directe (partage du pouvoir politique) et l'allocation universelle (partage du pouvoir financier).

La cause des causes. Par "fondamentaux" nous entendons le fait que le partage des pouvoirs politique et financier est une condition préalable au traitement efficace de problématiques induites : chômage, dette publique, environnement, flux migratoires, droits des minorités, droits des femmes, etc.

Crédible ?

Mais encore faut-il que les chances de victoire électorale existent. Or il semble que le système électoral et celui des partis politiques sont bien "cadenassés" par la classe dirigeante, notamment via le contrôle de l'accès aux médias de masse et le financement des partis. Par conséquent les chances de victoire électorale d'un parti révolutionnaire tel que Tutmondigo sont probablement très faibles voire nulles. Et même à supposer que Tutmondigo réussissent à surmonter ces obstacles, comment un parti dont le programme et l'organisation interne sont fondés sur la démocratie directe pourrait-il participer au système représentatif sans que cela conduise inévitablement à des contradictions qui soit rendent cette participation impossible, soit conduisent le parti à des pratiques contraires à son programme ?

Cependant ...

Même si la possibilité d'instaurer la démocratie directe via le régime "représentatif" est fortement sujette à caution (ceci dit, sait-on jamais ...), il demeure que Tutmondigo participe à :

  • développer la pratique de la DD (au sein de chaque équipe, et entre elles pour l'organisation du jeu) ;
  • médiatiser et internationaliser la révolution DD+AU sur base d'un programme commun ;
  • construire les fondements d'une future Confédération mondiale des États-nations.

Tutmondigo n'est qu'un moyen parmi d'autres d'oeuvrer à la réalisation du programme révolutionnaire DD+AU. Celles et ceux qui ne sont pas convaincuEs de l'intérêt de ce parti politique ludique sont invitéEs à s'investir directement dans le présent projet démocratiedirecte.

Voie révolutionnaire

Révolution

Pour être moralement justifiée la révolution DD requiert le soutien d'une majorité de la population. Le nœud de la problématique étant ici de pouvoir certifier qu'il y a bien majorité, ce qui confirme la pertinence de la chronologie évoquée au début de cet article.

Pour être viable la révolution DD requiert la participation d'un nombre suffisant de militaires et policiers. Cette participation peut se limiter au refus de s'opposer à la révolution (désobéissance civile - exemple).

On peut distinguer deux types de révolution DD selon l'origine de l'initiative révolutionnaire : civile ou militaire.

Initiative civile :

  • les salariés prennent le contrôle des grandes entreprises, pour les gérer en coopératives publiques ;
  • les membres salariés et non salariés des syndicats en prennent le contrôle, pour les gérer également en coopératives publiques ;
  • les fonctionnaires fonctionnent comme prévu lorsque le gouvernement n'est qu'en charge des affaires courantes [2]. En outre, en collaboration avec les étudiants, chômeurs et retraités, ils neutralisent le parlement et le siège du gouvernement, en les mettant sous scellées (il importe que les archives ne soient pas détruites).

initiative militaire. La passivité de la population grecque suggère que l'initiative civile n'est pas prête de se réaliser. Les militaires pourraient par contre être plus motivés par la destruction des États que réalise actuellement l'idéologie libérale. Ils pourraient contraindre le gouvernement et le parlement à ne traiter que les affaires courantes, ce qui permettrait de mettre un terme à la privatisation des entreprises publiques et de faciliter la nationalisation des grandes entreprises privées. Dans ces conditions, et en utilisant notre méthodologie (cf. chapitre "Méthodologie"), le système de démocratie directe devrait pouvoir être conçu de façon ouverte, et implémenté en trois à cinq ans.

On peut certes craindre que la dictature militaire, plutôt que de se considérer comme transitoire, décide de conserver le pouvoir. Cependant il faut prendre en compte l'évolution des mentalités : le 21° siècle n'a plus grand chose à voir avec le 20° siècle. Rien n'est écrit. Par contre ce qui semble évident c'est que si l'initiative est prise collectivement par la population et l'armée, la fin du règne bourgeois sera nettement plus rapide que ne le fut celle du règne féodal. Or Internet rend aujourd'hui réaliste une telle coordination spontanée entre armée et population ...

Conditions
de réussite

Contrairement à l'initiative militaire qui peut être le fait d'un groupe d'officiers, l'initiative civile relève d'un processus viral qui pour être efficace doit atteindre une masse critique de participants réunis autour d'un programme concret et limité à l'essentiel. Ainsi la réussite de la révolution anti-oligarchique dépendra de la capacité des populations à :

  1. s'organiser en réseau pour concevoir et implémenter un nouveau système de gouvernance (objet du la présente publication) ;
  2. déjouer les intoxications anti-révolutionnaires que le pouvoir propage via ses médias (chaînes de télévision, Facebook, ...) [approfondir] ;
  3. convaincre une majorité des militaires et policiers de soutenir la révolution, ce qui sera d'autant moins difficile que la phase 1 sera bien préparée.

Étude de cas

1919-1920
Bienno Rosso
(Italie)

Entre 1919 et 1920, l'Europe est touchée par une vague de grèves et de manifestations de travailleurs qui revendiquent l'augmentation des salaires et la journée de 8 heures. Les luttes ne se limitent pas aux syndicats : des conseils d'ouvriers armés - créés spontanément sur le modèle des Soviets russes - prennent le pouvoir dans des usines. Leur objectif est l'appropriation et l'autogestion. Il s'agissait donc d'un début de révolution, mais celle-ci échoua en raison d'un manque de stratégie et méthodologie préalables [source].

1936-1938
Front populaire
(France)

À L'issue des élections du 3 mai 1936 le Front populaire (socialistes, radicaux, communistes, ...) obtient 57% des suffrages et 63 % des sièges de la Chambre des députés (PS : le parti communiste est celui qui connaît la plus forte progression, au détriment du parti socialiste qui restait cependant le premier du Front). Les dirigeants des partis politiques et syndicats du Front populaire vont alors être débordés par leurs militants de base (affiliés et non-affiliés, dont un nombre important de femmes), qui occupèrent les usines dans le but de mettre fin à la propriété privée des moyens de production. Apeuré, le patronat va alors faire des concessions allant au-delà de ce que demandaient les partis du Front populaire : augmentation des salaire de 12%, réduction du temps de travail de 48 à 40 heures, congés payés de 2 semaines, conventions collectives ! (accords de Matignon, 8 juin 1936). Malgré ces victoires la base du mouvement ouvrier veut aller plus loin (collectivisation et autogestion) et continue l'occupation des usines. C'est alors que la direction du parti communiste prit position pour briser le mouvement révolutionnaire, qui fut ainsi neutralisé grâce à la puissance organisationnelle du parti.

NB : À l'époque les femmes n'ont pas encore de droit de vote. Celui-ci ne leur sera accordé qu'en 1944. Le vote des femmes aurait-il accru ou au contraire diminué le succès électoral du Front populaire ?

Ce que fut le front populaire (JT 1981, 1m42s)

Le commentaire (août 1936) du journal New-Yorkais World Telegraph reflète la réaction positive de la presse anglosaxone : « Que la France ait opéré une révolution comme celle qu'elle vient de traverser sans verser de sang, voilà qui met une belle plume à son bonnet phrygien. Ainsi la France prouve les États-Unis et l'Angleterre elle une des trois grandes démocraties du monde. Fondamentalement, ce qui est beaucoup plus important, c'est que la France a démontré que les réformes radicales pouvaient s'opérer sans verser de sang. Les nations qui sont encore capables de cette sagesse sont bien peu nombreuses mais elles doivent se féliciter » [source p. 212]. À l'opposé, les principaux journaux français ont combattu le Front populaire et considérablement participé à diviser l'opinion publique (notamment par la calomnie et l’antisémitisme dirigés contre des membres du gouvernement Blum) et à provoquer la chute du gouvernement de Front populaire deux ans après les élections de mai 1936.

Conclusion

Ces faits nous permettent d'établir des principes fondamentaux des "lois de la révolution" :

  1. les dirigeants des syndicats et partis de gauche (communistes compris) sont toujours à la traîne de la base du mouvement révolutionnaire anti-oligarchique, et contribuent à le canaliser - voire à le neutraliser - préservant ainsi le système oligarchique (PS : cela peut s'expliquer par le fait que sociologiquement ces dirigeants sont généralement plus proches de la classe dirigeante que de leur base) ;
  2. la presse, généralement sous contrôle de quelques grandes fortunes - contribue à diviser l'opinion publique et ainsi à empêcher un soutient populaire massif en faveur de la révolution ;
  3. plus la révolution est préparée au niveau de la méthodologie et stratégie, moins le recours à la force armée lui est indispensable pour prendre le pouvoir à la classe dominante ;
  4. les voies électorale et révolutionnaire sont complémentaires ;
  5. plus le mouvement se produit simultanément dans un grand nombre de pays, plus il est efficace (effet de masse, alliances stratégiques, ...).

Fondements juridiques de la révolution. Suite au succès du Front populaire Maurice Guérin - cadre régional de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) - déclarait en 1936 : « Nous sommes au carrefour historique où finit un monde et où commence un autre monde. Un nouveau monde appelle nécessairement un nouveau droit. Ce nouveau droit social doit comporter des modifications à l'exercice du droit de propriété comme à l'exercice de l'autorité » [source, p. 114].

[1] Une connaissance d'université qui était très actif au sein du parti socialiste belge, du syndicats socialiste FGTB, et responsable d'une section locale d'ATTAC m'a dit avoir transmis à la police la liste des membres de sa section « afin que la police ne les intimides pas » (sic).

[2] Rappelons à cet égard qu'en comparaison avec l'ensemble des pays européens l'économie belge fut particulièrement florissante lorsque l'activité du gouvernement fut limitée aux affaires courantes de juin 2010 à décembre 2011 (soit un an et demi) !

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