Critique de l’Union européenne

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Màj : 9 déc. 2018

Impopulaire

Le taux de participation aux élections européennes n'a jamais cessé de baisser. Et depuis 1999 les abstentionnistes sont mêmes devenus majoritaires.

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Source : europa.eu

Propagande et
intimidations

Cette impopularité serait encore bien plus visible si les populations européennes ne subissaient pas un omniprésent bourrage de crâne. Ainsi le budget annuel consacré par l'UE à la « formation d'un esprit européen » (sic) par les seuls subsides aux partis politiques s'élevait à cent millions d'euros en 2015, et a augmenté constamment d'environ 8% par an sur la période 2000 à 2015 [source].

Mais les partis politiques ne sont pas les seuls vecteurs de la propagande européiste. Ainsi les prétendues "ONG" financées par les États et l'UE perpétuent inlassablement le mythe d'une "Europe sociale" toujours à venir mais ne venant (évidemment) jamais [exemple].

Quant au milieu académique, très largement converti à l'idéologie de classe européiste, il fait office – via les programmes d'études européennes (sic) – de think-tank d'un lobby européiste. Ainsi rien n'illustre mieux la nature politique, et non scientifique, de l'institut d'Étude européenne de l'université libre de Bruxelles que cet extrait d'un article publié en octobre 2018 sur son site web pour annoncer une série de séminaires intitulée « un regard critique (sic) sur l'état et l'avenir de l'Union européennes » : « il s’agit avant tout de mieux faire comprendre les enjeux et les mouvements politiques à des personnes étrangères à ces problématiques, et ce pour tenter de rapprocher les citoyens des Etats du centre de l’Europe de ceux de sa périphérie. De plus, le contexte de campagne pour les élections européennes de 2019 rend d’autant plus pressant le besoin d’une meilleure compréhension des enjeux européens, et notamment la notion d’intégration européenne, souvent mise à mal par des cassures politiques entre l’Est et l’Ouest, le Nord et le Sud » [source].

Ainsi l'UE ne peut masquer son illégitimité que grâce à la collaboration massive des milieux politique, associatif (subsidié), académique et journalistique. Mais aussi par l'intimidation des opposants politiques par la calomnie, ceux-ci étant systématiquement qualifiés de populistes et d'extrémistes.

On comprend alors que ces milieux politique, associatif, académique et journalistique, ne sont pas l'expression de la démocratie mais d'un système de classe dirigeante.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Pour le découvrir il convient de répondre à deux autres questions : qui a voulu l'Union européenne, et dans quels buts ?

UE < OTAN < USA

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À l'issue de la seconde guerre mondiale les pays d'Europe occidentale furent intégrés à l'empire US, leurs gouvernements respectifs fonctionnant désormais en vassaux de Washington, comme le confirme depuis lors la présence de bases militaires US sur leur territoire national.

L'objectif principal du pouvoir impérial était alors d'empêcher toute propagation du communisme en Europe de l'ouest, notamment par la conversion de ces pays au modèle US aussi bien en matière économique, politique que culturelle. Cette normalisation fut organisée en trois axes : économique et culturelle (plan Marshall, 1947) puis politique (Union européenne, 1950 --> 1992 : traité de Maastricht).

De nombreux historiens présentent le plan Marshall (septembre 1947) comme un plan d'aide à la reconstruction de l'Europe de l'Ouest. Cependant selon une autre version des faits, il s'agissait de prendre le contrôle économique et culturel de ces pays, et de les contraindre à acheter des produits américains. Ainsi Washington avait notamment imposé aux États "libérés" par l'armée US de projeter chaque année dans les salles de cinéma au moins 30% de films produits à Hollywood [source p. 47]. Ce n'était qu'un début puisqu'aujourd'hui ce taux a plus que doublé !

Des documents déclassifiées du gouvernement US montrent que dès les années 1950 les services de renseignement US ont secrètement « financé et dirigé le mouvement fédéraliste européen », avec l'aide des fondations Ford et Rockefeller, ainsi que des entreprises étroitement liés au gouvernement des États-Unis. Les dirigeants du Mouvement européen – Joseph Retinger, Robert Schuman et Paul-Henri Spaak – étaient considérés par Washington comme des intermédiaires « fiables ». La stratégie recommandée était de mettre les populations européennes devant le fait accompli [source].

Corruption de décideurs politiques européens par Washington

Témoignage de Paul Craig Roberts, qui fut Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal :

« Lors de mon doctorat, mon président de thèse, qui est devenu un haut fonctionnaire du Pentagone, en réponse à ma question sur la façon dont Washington a toujours réussi à imposer aux Européens ce que Washington voulait m’a répondu :
– " L’argent, nous leur donnons de l’argent ".
– " L’aide étrangère ? " ai-je demandé.
– " Non, nous donnons aux dirigeants politiques européens des valises pleines d’argent (bags full of money). Ils sont à vendre, nous les avons achetés. Et ils viennent rapporter ".
Peut-être que cela explique les 50 millions de dollars amassés par Tony Blair en une année ... » [source].

La présence de bases militaires US en Europe, encore aujourd'hui, confirme que celle-ci est bien sous contrôle de Washington. Le traité de l'Union européenne rend d'ailleurs impossible toute politique militaire indépendante de l'OTAN – l'extension impériale de l'armée US – en stipulant que « la politique de l'Union (...) doit respecter les obligations découlant du traité de l'Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l'OTAN et qu'elle doit être compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre » [source].

À l'occasion de la venue à Bruxelles du président US Donald Trump pour une réunion de l'OTAN en 2017, le président du Conseil européen, Donald Tusk, déclarait « J'ai l'intention de convaincre le président des Etats-Unis que l'alliance euro-atlantique signifie que le monde libre (sic !) coopère pour empêcher un ordre mondial post-occidental (sic !) » [source]. Nul doute que le reste de l'humanité (soit plus de 80% de la population mondiale) – qui n'est pas sans ignorer les relations troubles entre les puissances atlantistes et le terrorisme islamiste [exemple1, exemple2] – interprétera comme il se doit cet imbécile message suprémaciste et impérialiste.

Un vecteur
de guerre
atlantiste

Un élément majeur de la propagande de l'UE est l'idée que celle-ci permettrait d'empêcher des conflits guerriers. Or les agressions de la Yougoslavie en 1999 et de la Libye en 2011 par des armées atlantistes de pays de l'UE confirment que celle-ci n'est en rien un facteur de paix, bien au contraire. Ces agressions furent justifiées sous le prétexte fallacieux de "l'intervention humanitaire" suite à des guerres civiles provoquées par la CIA et ses alliés [Yougoslavie : source1, source2, Ukraine : source1, source2, ...

Les nombreuses railleries exprimées sur les forums suite au prix Nobel de la paix accordé en 2012 à l'UE confirment qu'une partie considérable des populations d'Europe n'est pas dupe. Plusieurs lauréats du Nobel de la paix ont d'ailleurs exprimé leur profond désaccord concernant cette nomination à caractère politique [source].

La nature atlantiste et donc guerrière de l'UE est confirmée de façon éclatante par l'absence de proposition faite à la Russie de se joindre à l'Union européenne, et au contraire une volonté manifeste de la diaboliser.

Oligarchie libérale

La European Round Table of Industrialists (ERT), une organisation créée en 1983 par les présidents de Volvo, Philips et Fiat, et qui rassemble les 49 plus grandes entreprises européennes – a nettement influé sur le texte du Traité de Maastricht de 1992, traité fondateur de l'Union européenne [source p. 185]. De nombreux observateurs considèrent l'ERT comme la principale source d'influence de ces textes.

L'ERT s'est donné pour objectif de stimuler la compétitivité mondiale de l'industrie européenne, notamment en prônant la baisse du salaire minimum, la réduction des dépenses de sécurité sociale et la privatisation des services publics.

Pour réaliser sa mission l'ERT mène un intense lobbying auprès des institutions européennes (Commission européenne, Conseil des ministres, Parlement européen, ...). Dès la création de l'ERT, le vicomte belge Etienne Davignon – alors Commissaire européen à l'Industrie et au Marché Unique – se proposa pour les y aider [source].

Première réunion de l'ERT (1983)

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En haut de gauche à droite : Karl Beurle (Thyssen), Carlo De Benedetti (Olivetti), Curt Nicolin (ASEA), Harry Gray (United Technologies), John Harvey-Jones (ICI), Wolfgang Seelig (Siemens), Umberto Agnelli (Fiat), Peter Baxendell (Shell), Olivier Lecerf (Lafarge Coppée), José Bidegain (Cie de St Gobain), Wisse Dekker (Philips). En bas de gauche à droite : Antoine Riboud (BSN), Bernard Hanon (Renault), François-Xavier Ortoli (EC), Pehr G. Gyllenhammar (Volvo), Etienne Davignon (EC), Louis von Planta (Ciba-Geigy), Helmut Maucher (Nestlé) – Source.

Ces faits illustrent de façon flagrante que, par rapport à la masse des citoyens, les lobbies industriels bénéficient d'une relation privilégiée auprès des pouvoirs législatif et exécutif de l'UE [source].

On notera que les moyens financiers et surtout relationnels de l'ERT sont incomparablement plus puissants que ceux des prétendues "organisations non gouvernementales" (ONG).

On ne s'étonnera donc pas que l'Union européenne soit fondée sur l'idéologie néolibérale (mais nous verrons plus loin que le principe même d'UE est néolibéral). Ainsi dans un article publié par l'Association britannique du droit constitutionnel, Danny Nicol, professeur de droit public à l’université de Westminster montre que le biais idéologique du TFUE (Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne) en faveur de l'idéologie libérale a pour effet de criminaliser toute politique collectiviste [source]. On notera en particulier des articles pouvant être invoqués pour interdire des monopoles d'État (article 106), des aides publiques (article 107), ou encore des entraves aux délocalisations et même à la fraude fiscale ! (article 63) [source].

Le néo-libéralisme, qui est avec l'atlantisme l'une des deux idéologies fondatrices de l'union européenne, fut appliqué pour la première fois par le régime fasciste du général Pinochet. Le militaire d'extrême droite, qui avait pris le pouvoir au président élu Salvatore Allende (marxiste) par un putsch militaire en 1974, était conseillé par des économistes formés notamment par Milton Friedman à l'université de Chicago [source].

La société anonyme
"Union européenne"

Force est de constater qu'en réalité l'UE est dirigée par un conglomérat de grandes sociétés privées ayant attribué à commission européenne la fonction de comité de direction. Celle du parlement européen étant de donner un "look" démocratique à ce système de détournement de fonds publics. Ainsi le pouvoir du parlement européen (pouvoir législatif) – le seul à être élu – est quasiment nul par rapport à celui de la Commission (pouvoir exécutif), laquelle est composée de ministres européens sous l'influence largement prépondérante des lobbies industriels. L'UE simule donc autant la démocratie que les régimes prétendument "représentatifs" qui la composent. Pouvait-il d'ailleurs en être autrement ?

L'Union européenne, une oligarchie (2m13s - 2015)

Antidémocratique et
anticonstitutionnelle

Référendums. Les éventuels référendums européens illustrent parfaitement la politique du fait accompli : soit le gouvernement refuse de procéder à un référendum (Belgique, ...), soit il ne tient pas compte du résultat s'il est défavorable à l'UE (France et Pays-Bas en 2005), soit le référendum est organisé (ou réorganisé) au terme d'une intense campagne d'intimidation médiatique contre les opposants à l'UE, systématiquement qualifiés de "populistes" ou "d'extrémistes". Le Brexit décidé suite au référendum de 2016, est probablement le signe d'une prise de conscience.

Anticonstitutionnelle. Dans la vidéo ci-dessous le baron Francis Delpérée – professeur de droit constitutionnel et parlementaire belge – explique les contorsions juridiques auxquelles il faut procéder pour tenter de masquer la nature anticonstitutionnelle de l'UE. En très habile politicien européiste Delpérée cite comme exemple l'octroie du droit de vote aux étrangers. Mais il se garde bien de rappeler que ce sont justement les armées de pays de l'Union européenne qui ont provoqué la chute de la prospère Jamahiriya libyenne [*] puis tenté de faire la même chose en Syrie via leurs supplétifs islamistes, poussant ainsi vers l'UE des flux de jeunes hommes disposés à y accepter des salaires de misère.

[*] La Jamahiriya libyenne figurait en tête des nations africaines dans le classement du développement humain des Nations unies [source p. 407] : niveau élevé d'alphabétisation, soins de santé universels, enseignement universitaire gratuit, statut élevé pour les femmes dans la société, droits égaux pour la minorité noire.

L'Union européenne incompatible avec les Constitutions nationales (1m46s - 2016)

Politique économique

Politique monétaire

Suite à la décision des USA de mettre fin à la convertibilité du dollar en or au début des années 1970 (cf. accords de la Jamaïque), la volatilités historique des taux de change fut démultipliée, ce qui stimula le développement des produits dérivés, utilisés pour couvrir le risque de change mais aussi pour spéculer sur les devises (ce qui attise leur volatilité).

En outre, avec le démantèlement de l'URSS au début des années 1980 et la subséquente vague libérale des années 1980 (Reagan & Thatcher) les mouvements de capitaux furent libérés en Europe (leur contrôle serait devenu inefficace et nuisible au développement des entreprises ...). Il en a résulté une implosion de la part relative de la balance commerciale dans la balance des paiements, ce qui implique une influence plus lourde de la sphère financière sur la volatilité des taux de change et d'intérêt. Or suite à la numérisation de la sphère financière les capitaux financiers sont devenus extrêmement mobiles ...

Au niveau théorique les économistes Mundell et Fleming avaient développé dans les années 1960 une théorie suggérant qu'un pays qui veut maintenir des changes fixes, ou quasi-fixes (comme dans le système monétaire européen qui avait précédé l'Union monétaire), sans pouvoir contrôler les mouvements de capitaux ne peut pas avoir de politique monétaire autonome ("triangle d'incompatibilité"). Pour certains économistes cette théorie expliquait pourquoi la politique monétaire de la France à la fin des années 1980 était déterminée par celle de la Bundesbank. Dans ces conditions, en déduisaient-ils, il est préférable de fixer définitivement les taux de change entre pays européens en créant une monnaie unique.

Zone euro = 19 des 28 pays de l'UE [source].

Mais il y a deux points faibles dans ce raisonnement.

Premièrement, en supprimant le change flottant (ce qui est le cas au sein de l'union monétaire) ne reporte-t-on pas tout le poids de l'instabilité financière intra-européenne sur les seuls taux d'intérêts, et d'autre part l'union monétaire n'est-elle pas par nature moins résiliente qu'une Europe multi-monétaire ?

Deuxièmement il est incohérent de considérer que le change fixe serait approprié entre l'Allemagne et la Grèce alors que la Banque centrale européenne elle-même n'applique le change fixe avec aucun pays non européen. En particulier il est absurde de considérer que le change variable serait approprié entre l'Allemagne et les USA, mais pas entre l'Allemagne et la Grèce, alors qu'en termes de structure et niveau de développement l'économie allemande est bien plus proche de l'américaine que de la grecque.

Pour comprendre la nuisibilité de cette situation étudions de plus près le système de change flottant. Toute autre chose étant égale une balance commerciale excédentaire d'un pays A avec une pays B induit une appréciation de la devise A, puisque le pays B a du se procurer relativement plus de devises du pays A, pour acheter ses produits. Or cette appréciation améliore la compétitivité-prix des entreprises exportatrices B. Il s'agit donc d'un effet de "stabilisation automatique". Ainsi, sous certaines conditions de politique économique, le change flexible peut propager la croissance des pays en excédant de balance commerciale vers les pays en déficit commercial correspondant (surtout si le volume de consommation des premiers est relativement important).

Or l'union monétaire (entendue comme monnaie commune et unique) empêche cette autorégulation vertueuse. Ainsi alors que les pays du nord de l'Europe (surtout l'Allemagne) voient leur surplus extérieur s'améliorer constamment, les pays du sud de l'Union européenne – qui sont (logiquement) dans la situation inverse – n'ont plus la possibilité de dévaluer (ou mieux : laisser se déprécier) le taux de change de leur ancienne monnaie nationale pour relancer les exportations et partant le reste de l'économie (pour autant que l'effet inflationniste du renchérissement des importations soit neutralisé).

Quant aux variables d'ajustement alternatives que constituent la mobilité des travailleurs (sud --> nord) et les transferts financiers (nord --> sud) elles sont limitées voire inexistantes : barrières culturelles (dont la diversité linguistiques) et absence de système socio-fiscal européen.

Il ne reste donc plus que l'option d'une dévaluation interne de substitution consistant à booster la compétitivité d'une économie en diminuant les prix domestiques. Cette mesure de compensation – qui sera d'autant plus prégnante que l'économie est ouverte – peut se faire en bloquant la rémunération du travail (salaires) et/ou du capital (dividendes). Or c'est essentiellement sur les salaires que va être réalisée l'essentiel voire la totalité de la dévaluation interne : réduction des salaires de l’administration publique, du salaire minimum légal, de l'indexation salariale, de la fiscalité sur le travail avec hausse de la TVA, ...

En l'absence de possibilité de dépréciation monétaire spontanée (NB : ce qui est bien mieux qu'une dévaluation) la dévaluation interne n'est donc qu'une "chute en avant", et d'autant plus grave que par ailleurs l'UE est incapable d'agir dans la sphère réelle car il n'existe pas d'impôt européen, donc pas de budget industriel et social (et, à supposer que ce fut le cas, nous verrons plus loin qu'il resterait à neutraliser les effets des différences culturelles au sein d'une UE composée d'une trentaine de pays, et presque autant de langues différentes ...).

Pour approfondir lire "Principes monétaire > Taux de change

De la non pertinence des unions monétaires(0m43s - 2017)

Extrait d'une conférence de Mario Telò, professeur de relations internationale et spécialiste de l'Union européenne, présentée à l'Académie royale de Belgique en 2017.

Politique budgétaire

Contrairement à la politique monétaire, la politique budgétaire est décentralisée. Les gouvernements des pays membres sont cependant tenus de respecter les critères de Maastricht, règles sans aucun fondement scientifique, préconisant de maintenir la dette publique (stock) et le déficit public (flux) respectivement en dessous de 60% et 3% du PIB.

Lors des négociations préalables à la création de l'Union monétaire européenne, l'Allemagne a en effet obtenu qu'en échange de son renoncement à une politique monétaire indépendante, toutes les politiques budgétaires nationales de l'Union soient également contingentées. L'Allemagne voulait ainsi éviter de devoir venir en aide à des pays de la zone euro (ou de voir les taux d'intérêt augmenter sous l'effet d'une prime de risque).

Cette contrainte est cependant incompatible avec la fonction contracyclique du déficit budgétaire, à savoir en période de récession, la stabilisation automatique de la demande via les dépenses de chômage.

En pratique les critères de Maastricht ne sont certes effectivement contraignants que lorsque les pays en défaut sollicitent une aide financière à l'ensemble des pays membres (lesquels vont alors la conditionner). Mais ils sont ainsi instrumentalisés pour "justifier" une politique économique libérale conduisant au démantèlement des entreprises publiques et des services publiques (dont la justice). Et force est de constater que ce démantèlement est bien réel.

Pour approfondir lire notre article sur la dette publique

Politique commerciale

La politique commerciale avec l'étranger est anti-protectionniste (libre échange) : ouverture des marchés de biens/services, des capitaux et du travail, même entre économies très hétérogènes, ce qui attise le dumping social, fiscal et environnemental.

Dans notre article sur le libre-échange nous développons la notion alternative d'un libre échange conditionné au respect de critères anti-dumping définis et vérifiés par une organisation mondiale de type confédéral.

Bilan économique

En raison de l'union monétaire les pays membres de l'UE n'ont plus de politique monétaire nationale, et en raison des critères de Maastricht ils n'ont quasiment plus de marge de manoeuvre en matière de politique budgétaire (sauf éventuellement lorsqu'il s'agit d'aider les banques pourries ...). Or puisque l'Europe est politiquement incapable de se substituer aux États nationaux (cf. notamment la nécessité d’un vote à l’unanimité des États en matière fiscale), l'UE est incapable de concevoir et appliquer démocratiquement une politique économique cohérente.

L'échec politique de l'UE conduit logiquement à son échec économique. Ainsi le tableau ci-dessous montre que le taux de chômage de l'UE est presque le double de celui observé dans les trois pays européens non-membres de l'UE, confirmant ainsi l'effet négatif de l'UE sur l'emploi. En outre le taux de la zone-euro est supérieur d'un point et demi à celui de l'ensemble de l'UE, ce qui confirme que non seulement l'union monétaire n'améliore pas les performances économiques mais qu'elle est même nuisible à la croissance !

Taux de chômage harmonisés (T1-2018)
Islande2,8
Norvège3,9
Suisse4,9
UE (28 pays)7,1
Zone euro (19 pays)8,6

Source : OCDE

Ineptie politique

La volonté d'intégration politique et économique des pays européens sur le modèle fantasmatique "d'Etats-unis d'Europe" est confrontée à une très haute diversité culturelle, notamment linguistique et religieuse. D'une part il y a presque autant de langues que d'États membres (une trentaine !). D'autre part il ne faut pas sous-estimer l'influence de l'histoire religieuse : le sud catholique et le nord protestant représentent deux conceptions très différentes du rapport individu/société, et du type de valeur attribuée à l'argent et au travail. N'oublions pas que le protestantisme n'est pas une religion qui a croisé le chemin du catholicisme, mais un schisme issu de celle-ci, notamment par rapport à une pratique centralisée et hiérarchique de la religion. Et c'est sans parler de l'Est orthodoxe ...

Capitalisme européen : l'ombre de Jean Calvin(1m23s - 2014)

L'UE vise et réussit à déconstruire les États-nations mais est incapable de leur substituer un véritable État européen. Il en résulte une désincapacitation en matière de politique économique.

L'anglicisation et l'islamisation uniformisantes de l'Europe peuvent donc être vues favorablement par les idéologues européistes.

À supposer que l'UE surmonte tous ces obstacles on en arriverait à un État-nation géant, très probablement anglicisé et islamisé, dirigé par une oligarchie encore plus éloignée de la masse des citoyens, et cultivant une conception conflictuelle (atlantiste) des relations internationales.

Conclusion

La logique de l'Union européenne conduit inévitablement à une régression :

  • économique : démantèlement des États, et partant, des services publics et entreprises publiques ;

  • politique : création d'un mastodonte politique encore plus éloigné des citoyens, et privilégiant les intérêts des grandes sociétés privées et de leurs propriétaires ;

  • diplomatique : dialectique confrontationnelle de l'UE qui se voit comme un moyen de "contrer" (sic) la Chine et la Russie (mais pas les USA ...), suscitant ainsi une logique de guerre froide qui nuit à la paix dans le monde et aux relations des pays européens avec le reste du monde ;

  • culturelle et environnementale : uniformisation culturelle sur le "modèle" anglophone et ultra-consumériste des USA.

Reconnaissons-le : l'Union européenne – concept poussiéreux issu de cette époque révolue qu'est la guerre froide avec l'URSS – est une absurdité oligarchique qui ne trompe pas le bon sens populaire, malgré la propagande et les intimidations médiatiques.

Il importe donc de quitter l'UE unilatéralement (c-à-d sans négociation) et de participer à la création d'une Confédération mondiale de démocraties directes (en commençant par deux ou trois pays situés sur des continents différents).