VIII.8. Citoyenneté numérique

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Màj : 21 jan. 2022   –   # pages : 6 [?]
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Principes

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Il est incohérent celui qui dénonce les exactions des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) à l'encontre de la démocratie, tout en ne faisant pas le minimum nécessaire pour échapper à leur domination, c-à-d (i) utiliser un système d'exploitation libre, (ii) disposer d'une adresse email ainsi qu'une page web à nom de domaine propre, et (iii) utiliser un gsm basique plutôt qu'un smartphone.

Nous entendons par « citoyenneté numérique » la maîtrise technique et le contrôle ouvert des technologies de l'information par les individus.

La citoyenneté numérique est hautement utile, voire indispensable :

  • pour la productivité de chaque individu dans ses activités marchandes et non marchandes ;
  • pour la démocratie directe, car elle permet de connecter les intelligences individuelles et collective.

L'antithèse de la citoyenneté numérique est l'analphabétisme numérique, qui est malheureusement extrêmement répandu dans la population, et qui a pour effet de la pousser dans les bras des GAFAM. Cette situation d'asymétrie informationnelle a permis à ces entreprises, et aux forces politiques qu'elles contrôlent, d'exagérer et exploiter les craintes en matière de risques informatiques, tout en rendant la population incapable de s'en protéger. Ainsi l'analphabétisme numérique est le meilleur allié des classes dirigeantes contre l'avènement de la DD.

Business et politique. En 2005, à l'occasion de sa visite à la Commission de l'UE, Bill Gates [source], PDG de Microsoft, a été reçu en chef d'État par Herman De Croo, président du Parlement belge, ce qui est un privilège inacceptable. Le PDG de Microsoft a réussi à "convaincre" les décideurs politiques belges de ne pas remplacer les logiciels Microsoft (en particulier le système d'exploitation) par des logiciels libres dans l'administration publique. Et cela alors que le rapport qualité/prix des logiciels libres est nettement supérieur à celui des logiciels Microsoft.

Ça c'est pour la partie "logiciels". Concernant la partie "data", il est frappant de constater que c'est le fils de ce même Herman Decroo, Alexander, qui lorsqu'il était ministre des télécommunications (2014-2018) a littéralement livré le registre national à un consortium privé composé de quatre grandes banques (ING, BNP Paribas Fortis, Belfius et KBC) et des trois principaux opérateurs de réseaux mobiles du pays (Proximus, Base/Telenet et Orange) [approfondir : /identification-authentification-internet#itsme]. Alexander Decroo est devenu premier Ministre du gouvernement belge en octobre 2020...

On comprend alors pourquoi les mesures – pourtant à la portée des gouvernements démocratiques pour promouvoir le logiciel libre [source] – n'ont pas été réellement appliquées. Ainsi il en va de même pour la véritable démocratie et la véritable citoyenneté numérique : elles ne pourront être implémentées que par les populations elles-mêmes, c-à-d par un processus révolutionnaire.

Pour vaincre l'analphabétisme numérique, la première étape consiste à réaliser que la citoyenneté numérique passe par la maîtrise individuelle de son ordinateur (le côté "client") et de son propre site web (le côté "serveur").

Le présent document propose ainsi un programme d'auto-formation pratique à la citoyenneté numérique, en deux parties :

  • "client", qui correspond plutôt à la consommation de services informationnels ;
  • "serveur", qui correspond plutôt à la production de ces services (les applications).

Cette typologie est quelque peu réductrice dans la mesure où (i) le développement des applications se fait sur le client (du moins les portables, les smartphones étant conçus essentiellement comme des moyens de consommation) ; (ii) dans un réseau pair à pair, les noeuds sont à la fois "client" et "serveur" (bien que cela aussi doit être relativisé : /reseau-decentralise).

Le lecteur constatera que nous concevons ici la citoyenneté de façon très différente des prospectus propagés par l'appareil d'État (gouvernement, presse, ONG, ...) en la matière, où le citoyen est vu essentiellement en tant que consommateur, et n'est considéré comme producteur que de "fake news" et de "haine". Il s'agit du discours infantilisant d'une classe dirigeante : c'est de l'éducation, et non pas de l'émancipation.

Client

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Voici les quatre points de base qu'il te faut appliquer pour améliorer la maîtrise de ton ordinateur :

  1. remplacer le système d'exploitation de ton ordinateur par un logiciel libre (on dit aussi "open source"), par exemple Linux Debian (NB : contient l'équivalent libre des programmes installés par défaut sur Windows ou Mac) ; pour vous y aider, voici un plan de procédure ;


    Install parties à trois (IP3)

    Une méthode efficace et agréable pour libérer votre ordinateur est de réaliser la migration collaborativement par groupe de trois, en tournante : libérez à trois l'ordinateur de la première personne, à son domicile. Puis chez la deuxième, puis chez la troisième. Après trois séances sur des machines différentes (donc avec des BIOS probablement différents), chacun aura acquis une expérience suffisante pour réaliser seul le prochain upgrade de son système d'exploitation (environ tous les deux ans), et de coacher d'autres install parties. PS : prolongez celles-ci par un repas pour (i) un débriefing visant à améliorer l'efficacité de la prochaine IP, et (ii) joindre l'utile à l'agréable.

    Conseils pour des des IP efficaces : conseils-install-parties.txt

  2. savoir utiliser les principales commandes Unix dans une console [ formation en ligne gratuite ] ;

    Très utile pour manipuler efficacement les données et programmes du système d'exploitation :

    • apporter des corrections à des configurations de certains programmes (par exemple au moyen de l'éditeur nano), notamment pour résoudre d'éventuels problèmes lors d'un upgrade du système d'exploitation ;
    • effectuer des opérations sur plusieurs fichiers en même temps, notamment au moyen des commandes grep et sed ; etc....
  3. maîtriser l'ensemble des fonctions d'un tableur : test ;

    Une bonne façon d'apprendre en détail l'utilisation d'un tableur consiste à étudier chaque élément de la barre des menus, en s'aidant du manuel, généralement accessible à partir de l'onglet le plus à droite.

  4. comprendre (et appliquer) les mesures élémentaires de sécurité web :

    • utiliser des mots de passe longs (au moins 20 caractères) et nombreux, grâce à un gestionnaire de mots de passe tel que KeePassXC ;
    • mettre à jour au moins chaque mois le système d'exploitation et les programmes de votre ordinateur ;
    • éviter de cliquer sur des liens se trouvant dans un email ou une page web dont l'adresse vous est inconnue ; et si l'adresse vous est apparemment connue, vérifier malgré tout que le nom de domaine est exactement écrit ; si vous avez cliqué sur le lien, vider la mémoire cache de votre navigateur, qui contient des cookies, des données de sites (dont des mots de passe sauvegardés) et votre historique de navigation.
    • préfèrer toujours un fournisseur d'accès Internet (FAI) qui garantit une adresse IP dynamique, c-à-d une adresse IP qui change à chaque fois que vous vous reconnectez à Internet (en l'occurrence il est recommandé de fermer sa connexion tous les soirs) [approfondir].

    Analphabétisme numérique. Il est effarant de constater que chez la plupart des gens, y compris de formation supérieure, les deux points de sécurité ci-dessus sont quasiment incompréhensibles, et cela alors qu'ils utilisent leur navigateur presque quotidiennement, et régulièrement pour des opérations confidentielles sur leur compte bancaire, dossier fiscal ou médical...

Serveur

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Voici les six points de base qu'il te faut appliquer pour améliorer la maîtrise de ton site web :

  1. comprendre la structure du réseau Internet : le modèle OSI (approche plus générale, théorique, simple) et le modèle Internet (approche plus pratique et spécifique à Internet, aussi plus complexe)  ;

    Fondamental. Il ne s'agit pas de détails techniques superflus, mais de la structure du réseau informatique mondial en voie de construction, c-à-d de la base technologique de l'intelligence collective. Sa compréhension est indispensable pour la compréhension des enjeux politiques et économiques (business modèles) liés au marché des données. Vu l'importance grandissante du data dans tous les domaines de nos vies professionnelle, privée et sociale, cette culture technologique est indispensable pour un développement économique démocratique.

  2. louer ton propre nom de domaine (par exemple chez gandi.net), pour ton site web et ton adresse e-mail ;

  3. configurer ton client email afin de pouvoir envoyer et recevoir des email via ton serveur (mutualisé) de nom de domaine ;

    La société qui te loue le nom de domaine ou l'hébergement propose généralement une page web d'explications (exemple).

  4. louer un hébergement pour ton site web (par exemple chez ovh.com) ;

    Conseil : de préférence pas chez le même fournisseur que pour le nom de domaine, afin de pouvoir changer facilement l'un ou l'autre si la qualité de service venait à se dégrader.

  5. créer une page d'accueil pour ton site web (par exemple avec l'éditeur Bluefish et en partant du framework Bootstrap), puis la télécharger sur ton hébergement en utilisant un client FTP (par exemple FileZilla) ; c'est l'occasion idéale pour apprendre les langages web de base que sont HTML et CSS.

  6. enfin ceux qui veulent passer à un niveau supérieur réaliseront pour leur site web un module d'abonnement/désabonnement (par exemple à une infolettre), connecté à une base de données en ligne (pour vous y aider, voici un plan de base pour ce développement) ; c'est l'occasion idéale pour apprendre les langages de programmation web JavaScript et PHP, ainsi que la cryptographie.

De même que la meilleure façon d'apprendre une langue étrangère c'est d'aller vivre dans le pays, la meilleure façon d'apprendre la programmation c'est de développer une application. Les manuels d'apprentissage ne font sens que comme aide dans cette démarche applicative.

Une étrange disparité

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Alors que Linux (logiciel libre) est le système d'exploitation (SE) de plus de 75% des serveurs web dans le monde [source], comment se fait-il que ce pourcentage tombe à moins de 5% pour ce qui concerne le côté client c-à-d les ordinateurs et smartphones de Monsieur et Madame Toulemonde [source] ? Une réponse à cette question à été donnée dans l'encadré du chapitre 1 : la corruption. Ce qui est bon pour le big business ne doit manifestement pas l'être pour ceux qui consomment leurs produits et services commerciaux...

D'autre part il est évident que le jour où les administrations publiques se convertiront au logiciel libre (noyau + applications), ce sera un énorme incitant pour le développement d'applications libres, et partant, à l'amélioration de leur qualité. Et cela alors que dans la situation actuelle, la qualité du logiciel libre est déjà très largement supérieure à celle du logiciel propriétaire au niveau du kernel, et d'un niveau variable au niveau applicatif (supérieur, équivalent ou inférieur selon les cas). Le logiciel libre étant gratuit, il en résulte que, aux niveaux kernel comme applicatif, le rapport qualité/prix du libre est généralement imbattable. Le "lobbyiste" Bill Gates l'avait bien compris ...

Androïd, le SE de la plupart des smartphones, et qui représente 40% des clients web, est certes équipé de Linux. Mais il s'agit là uniquement du noyau. Or dans le présent document, lorsque nous parlons de SE, c'est au sens de Linux Debian, c-à-d y compris les applications (évidemment libres) qui tournent sur ce noyau (tableur, traitement d'image, etc). Sur les smartphones la plupart des applications ne sont pas des logiciels libres. Rappelons enfin une différence fondamentale entre portable et smartphone : seul le portable est utilisable comme moyen de production, alors que le smartphone est essentiellement un moyen de consommation ...

Ressources

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Voici d'autres liens pour t'aider à réaliser ce programme de formation par la pratique :

Pour les geeks :

Méthode

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Pour réaliser ce programme, ne vous fixez pas de dates mais plutôt la règle "un petit peu, régulièrement" (et cela dès maintenant : ne reportez pas le début, car c'est la meilleure façon de ne jamais commencer !) :

  • régulièrement : si possible tous les jours, mais au moins une fois par semaine ;
  • un petit peu : si vous travaillez chaque jour, des séances de 30 à 60 minutes suffiront.

À la fin de chaque séance, notez l'objectif à réaliser lors de la prochaine. Entre-temps la façon de faire vous apparaîtra avec plus de clarté. Mais fixez-vous des objectifs facilement réalisables étant donné le temps imparti. Soyez la tortue et non le lièvre de la fable !

Vous l'avez compris : le développement de vos compétences en informatique doit devenir un hobby. Dans le monde d'aujourd'hui, celui-ci est aussi indispensable que la pratique régulière d'une activité sportive.

Voir également : philosophie.jortay.net/travail-libre#apprentissage

Praxis

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 7.1. Gestion de la messagerie
 7.2. Civilité

Gestion de la messagerie

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 7.1.1. Gestion quantitative
 7.1.2. Gestion qualitative
Gestion quantitative
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La gestion quantitative de votre messagerie (email + réseaux sociaux) vise à ne pas vous laisser submerger par une quantité ingérable de messages (dont en outre la plupart ont une valeur informationnelle quasiment nulle, voire négative, mais cela relève de la gestion qualitative, traitée infra) :

  • email : ayez deux adresses email, une "publique" (ex: contact@site.net) et une "privée" (ex: prenom1@site.net) ⇒ lorsqu'il apparaît que votre adresse privée est de facto devenue publique, créez une nouvelle adresse privée en augmentant le numéro de la partie locale (à gauche de l'arobase) ⇒ vous avez maintenant deux adresses publiques (officielle : contact@site.net ; non officielle : prenom1@site.net) et une nouvelle adresse privée (prenom2@site.net) ; fixez un nombre maximum d'emails à lire quotidiennement ⇒ dans les messages publics non encore lus, effacez quotidiennement les plus anciens dépassant ce nombre.

    NB : la fonction tri de votre client email vous permet de regrouper les messages par date, adresse destinataire (votre adresse privée, vos adresses publiques), ...

  • réseaux sociaux : avoir "beaucoup" d'amis sur un réseau social vous donne l'illusion d'une grande visibilité médiatique, mais a par contre certainement comme effet que les messages publics et privés que vous recevez sur ce réseau sont trop nombreux, et pour la plupart inintéressants ⇒ privilégiez donc la qualité des "amis" (plus exactement la qualité de leurs messages) sur leur nombre (NB : vous avez aussi la possibilité de marquer certains amis de sorte que leurs message publics n'apparaissent plus sur votre fil public).

    Les réseaux sociaux, mêmes "alternatifs" peuvent être facilement utilisés comme outils de contrôle social, de sorte qu'il est préférable de leur préférer le couple "email, site web" avec nom de domaine propre (prenom@monsite.net, www.monsite.net).

Gestion qualitative
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Trop d'utilisateurs ne sont pas conscients des inefficiences de la gestion qualitative opérée par le tri automatique des emails, soit vers votre boîte de réception, soit vers le dossier Pourriels/Indésirables/Spams.

Vous avez la possibilité de marquer comme "Pourriels" les adresses d'expéditeurs indésirables. Mais saviez-vous que, au niveau des serveurs chargés de la circulation des emails sur Internet, des courriels sont marqués comme pourriels à votre insu ? Or il apparaît que ces serveurs marquent erronément comme "Indésirables" des emails envoyés légitimement par certaines adresses. Par conséquent, vérifiez quotidiennement votre dossier Pourriels/Indésirables/Spam. Vous y trouverez régulièrement des courriels qui y ont été classés par erreur. Dans ce cas, cliquez droit sur l'adresse de l'expéditeur > "Marquer comme non Pourriel".

Vous pouvez donc être victime de ces ratés, non seulement en tant que destinataire (des courriels ne parviennent pas dans votre boîte de réception), mais également en tant qu'expéditeur si votre adresse a été classée par ces serveurs comme "productrice de pourriels".

Question ouverte. Dans quelle mesure le marquage d'adresse emails par des serveurs de messagerie est-il utilisé pour neutraliser la capacité de communication d'opposants politiques ?

Civilité

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La civilité digitale, encore appelée "netiquette", consiste en un ensemble de règles de vie en communauté telles que le respect d'autrui, la politesse ou la courtoisie, dans le cadre de toute action impliquant l'usage de technologies de l'information. Bien sûr il n'y a pas de raison de distinguer civilités dans le monde "virtuel" et "réel", mais l'absence de présence physique, et l'éventuel anonymat ou encore l'analphabétisme digital (⇒ inconscience des effets de certains actes dans un monde hyperconnecté) stimulent malheureusement les incivilités dans le monde virtuel comme réel. En voici quelques exemples.

  • Railler sur un réseau social une personne dont vous ne partagez pas les idées, plutôt que de lui opposer des arguments rationnels et les url de sources crédibles.
  • Photographier une tablée qui n'a pas été constituée dans le but précis de réaliser une photo. Pourquoi est-ce abusif ? Mettez-vous à la place des personnes qui ne sont pas le propriétaire de l'appareil. Elles peuvent légitimement se demander si le propriétaire sait exactement ce que fait avec les images l'application qui les traite : les envoie-t-elle vers certains sites ? Et ce propriétaire a-t-il récemment mis à jour son anti-virus, n'a-t-il pas téléchargé sans le savoir un programme qui détourne les photos ? Ou plus trivialement que va faire de cette photo le propriétaire de l'appareil ? Tout bienveillant soit-il, l'enfer est parfois pavé de bonnes intentions. Par exemple il peut exister des tas de raisons, tout à fait légitimes et honorables, pour lesquelles certaines personnes n'ont pas envie d'être photographiées ensembles, ou encore pour lesquelles telle personne ne souhaite pas être photographiée avec telle autre personne, etc. Alors bien sûr on peut toujours se masquer le visage ou se retourner, mais il existe encore une fois des tas de raisons pour lesquelles cette situation peut être embarrassante pour la personne concernée.

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