III. Conditions économiques

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Màj : 12 jan. 2024   –   # pages : 5

Le contrôle du pouvoir politique (c-à-d de décider) et le contrôle du pouvoir économique (c-à-d de produire) sont intriqués. Le caractère quasiment tautologique de cette relation, qui est évident au niveau de l'individu, est plus diffuse au niveau collectif, bien que sa réalité soit tout aussi prégnante.

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Moyens de
production

Les leçons de l'histoire doivent attirer notre attention sur ce fait très important que la meilleure des Constitutions n'est pas de grande utilité – si ce n'est pour la classe dirigeante – si son application effective peut être neutralisée, par cette même classe, grâce au contrôle qu'elle exerce sur les moyens de production des biens & services essentiels : banques, médias (télévision, presse, réseaux sociaux, ...), télécommunications, transports, énergie, etc.

Ainsi, sans contrôle démocratique de ces entreprises, leurs propriétaires peuvent notamment influencer le résultat d'une votation, durant la période pré-électorale (par de la propagande négative/positive), ou encore en biaisant le traitement informatique des votes (d'où l'importance du principe "open source", au niveau des logiciels comme du matériel).

Qu'il s'agisse de la diffusion d'informations indépendantes et sourcées, ou encore de la production de logiciels et matériels open source, force est de constater que le secteur privé ne répond pas de façon satisfaisante à la demande. Il importe donc de créer des entreprises (véritablement) publiques, dans chaque secteur économique essentiel, afin de stimuler la concurrence, en complétant l'offre privée par une offre publique, conçue dans une logique d'intérêt collectif.

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Économie
mixte

Ainsi, pour garantir le contrôle démocratique des moyens de production des biens & services essentiels, il importe (i) que l'État garantisse la mixité économique, c-à-d un équilibre optimal entre entreprises privées et publiques, et (ii) que les entreprises publiques soient sous contrôle démocratique.

Dans le chapitre /entreprise-publique, nous avons énoncé les conditions nécessaires à l'application de ces deux conditions :

  • la clé de proportionnalité entre entreprises privées et publiques est fondée sur la taille :
    • petites entreprises : privées ;
    • grandes entreprises : dans chaque secteur essentiel pour la société, il importe que les grandes entreprises privées soient concurrencées par des entreprises (100 %) publiques.

  • les entreprises publiques sont :
    • gérées de façon décentralisée, via le statut (à créer) de coopératives publiques ;

    • exposées aux lois démocratiques du marché : toute entreprise publique qui ne respecte plus les critères (à définir) de rentabilité et de qualité du service public est automatiquement fermée, après validation par référendum automatique ;

      • On obtient ainsi un arbitrage efficace entre indépendance et contrôle des dirigeants de l'entreprise publique (en l'occurrence les coopérateurs), par ses actionnaires (en l'occurrence les contribuables).

      • Les entreprises publiques d'un même secteur sont donc en concurrence, non seulement avec les grandes entreprises privées mais également entre elles.
    • créées :
      • par référendum automatique ;

      • ou encore par nationalisation (à valider par référendum automatique) de grandes entreprises privées délictueuses (corruption, abus de position dominante, ...).

  • le statut d'agent du service public n'est pas garanti à vie : un agent inefficace ou devenu inutile doit pouvoir être licencié.

  • le système de sécurité sociale est remplacé par un système de "sécurité sociale et de soutien aux petites entreprises", fondé sur l'allocation universelle du modèle synthétique .

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Politique et
économie

La relation entre sphères économique et politique est illustrée de façon archétypique par le système états-unien, où plus de 90% des membres du Congrès font partie des 5% les plus riches du pays, et où le taux d'incarcération est le plus élevé de tous les pays de la planète (avec plus de prisonniers que la Chine dont la population est pourtant quatre fois plus élevée !) [source].

Force est de constater la contradiction entre ces faits et l'idée selon laquelle le système politico-économique US représenterait l'idéal démocratique. Cette contradiction n'est sans doute pas étrangère à la nature impérialiste du système US, illustré notamment par la présence de près de trois cent mille militaires US en dehors des USA [approfondir : /international#imperialisme-US].

Le cas des USA illustre la nécessité d'empêcher l'écart de richesse moyen de dépasser son niveau optimal. Pour ce faire nous avons énoncé la notion d'écart de richesse optimal (ERO), selon lequel l'écart de richesse moyen observé est optimal tant qu'il permet le financement de l'allocation universelle du modèle synthétique [approfondir].

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Facteurs vs
moyens de
production

Pour aider le lecteur à pleinement appréhender les notions que nous venons d'évoquer, il est utile de dissiper la confusion – largement entretenue par les manuels d'économie – entre travail (L) et capital (K), tous deux décrits comme "facteurs de production" :

Q = F( L , K ) où Q est le PIB, et F() la fonction de production.

Nous qualifions cette conception de "horizontale" car elle situe les humains et le capital au même niveau logique (ainsi il existe un "marché du travail" au même titre qu'il existe un "marché du capital"). Or cette analogie sémantique est biaisée et incomplète, car seuls les humains sont des facteurs c-à-d des agents de production, tandis que le capital n'est qu'un moyen c-à-d un objet de production. Le premier utilise le second, tandis que l'inverse n'est pas vrai ! C'est donc cette distinction "verticale" qui est pertinente.

La sémantique horizontale se retrouve même dans le vocabulaire juridique, qui distingue personne physique (un humain) et personne morale (une organisation, c-à-d une forme de capital). On notera que cette comparaison peut être interprétée aussi bien comme "personnalisation" du capital que comme "chosification" des humains.

Ce phénomène est flagrant dans le fait que le capital se voit complété d'un "capital immatériel", qui est en fait essentiellement la composante psychique/intellectuelle du travail, lequel se voit ainsi réduit effectivement à du bétail humain :

  • capital matériel : dont la production et consommation sont soumises aux premier et second principes de la thermodynamique [approfondir]
    • naturel : eau, air, terre, biodiversité, océans ;
    • artificiel : infrastructures, bâtiments, machines, logiciels & data (bits).
  • capital immatériel :
    • humain : santé, éducation ;
    • social : confiance du public, institutions fortes, cohésion sociale.

La monnaie – le capital financier – est un bien particulier (de type logiciel & data) car elle sert notamment de moyen d'échange de tous les autres biens & services [approfondir]. Elle existe – pour une part aujourd'hui majoritaire (et croissante) – sous forme électronique (bits), de sorte qu'elle peut être créée à un coût quasiment nul (... mais cause de l'inflation si la monnaie supplémentaire finance plus de consommation que d'investissements dans des capacités de production).

Théorie "agent-objet de production"
Facteurs de production = Agents

  • Par leur travail physique et intellectuel – et à partir des ressources naturellesles humains produisent des biens & services :
    • de production ou de consommation (sphère réelle) ;
    • d'allocation de ceux-ci entre les individus (sphère financière).

    Justice et solidarité : les ressources naturelles ne devraient-elles pas être également partagées entre les humains ?

Biens & services = Objets (physiques ou virtuels)
  1. de production (capital non-financier) :

    • ressources naturelles : minérales et organiques ;
    • bâtiments, machines, logiciels, bases de données, ...
    • capital intangible (essentiellement incorporé dans les humains : éducation, santé, R&D).
  2. de consommation.
Sphère
réelle
  1. d'allocation des biens/services de la sphère réelle (capital financier) :

    • titres de propriété potentielle (droits d'achat) sur les moyens de production et les biens/services de consommation : monnaie et produits fin. dérivés ;
    • titres de propriété effective sur :
      • de la monnaie : obligations et produits fin. dérivés ;
      • des moyens de production : actions et produits fin. dérivés.
Sphère
financière
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Auteur : F. Jortay   |   Contact :   |   Suivre : infolettre

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